Trouble jeu entre rebelles syriens et gouvernement kosovar

Trouble jeu entre rebelles syriens et gouvernement kosovar

22/05/2012 – 16h00
PARIS (NOVOpress) — Le 14 mai, lors d’un débat au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a laissé entendre que « les autorités du Kosovo établissent des contacts avec des représentants de l’opposition syrienne pour entraîner des insurgés ». C’est la deuxième fois en moins de quinze jours que le représentant russe à l’ONU porte de telles accusations.

L’information selon laquelle des rebelles syriens s’entraîneraient au Kosovo avait commencé à filtrer fin avril par l’agence serbe Tanjug. Un opposant syrien en exil (à Washington) Ammar Abdulhammid, aurait déclaré que les opposants auraient en contrepartie promis de reconnaître l’indépendance du Kosovo s’ils parvenaient au pouvoir à Damas.

Les autorités du Kosovo, par l’intermédiaire du ministre des Affaires Etrangères, Enver Hoxhaj, démentent formellement ces accusations, qualifiées de « grotesques » mais ne nient pas l’existence de contacts diplomatiques entre Pristina et l’opposition syrienne. Et d’ajouter : « Nous soutenons fermement leur cause. »

De fait, une délégation composée de deux membres du CNS (Conseil National Syrien) et d’Ammar Abdulhammid s’est rendue le 26 avril à Pristina pour rencontrer Enver Hoxhaj et le dirigeant nationaliste Albin Kurti. Selon les autorités du Kosovo, il s’agissait simplement pour les Syriens de mettre à profit l’expérience passée des combattants albanais : « l’UCK est une des guérillas les plus efficaces dans l’histoire du monde moderne et son expérience, en matière de lutte pour la liberté ou de transformations réussies, peut servir de leçon pour les autres. Cependant, nous n’avons aucune forme de camp d’entraînement pour les soldats de la guérilla syrienne » a déclaré Vlora Citaku, ministre de l’intégration européenne du Kosovo.

Depuis, la Syrie a confirmé elle aussi détenir des preuves de l’existence de ces camps d’entraînement.

Crédit photo : Lukin, via Wikipédia, licence CC.