Le "kan ha diskan" en deuil après la disparition de François Morvan

Le “kan ha diskan” en deuil après la disparition de François Morvan

21/05/2012 – 17H45 GUINGAMP (NOVOpress Breizh) – Aet eo François Morvan d’an Anaon. François Morvan, l’aîné des frères Morvan, est mort samedi à l’âge de 88 ans. Avec sa disparition, c’est toute la culture bretonne et le monde du kan ha diskan (« chant et contre chant » en Breton) qui sont en deuil. Ses obsèques ont eu lieu cet après-midi en la chapelle de Burthulet, à Saint Servais (Côtes- d’Armor).

C’est en 1958 que les frères Morvan (Ar vreudeur Morvan en langue bretonne), Yves (décédé en 1984), François, Henri et Yvon, originaires du village de Botcol, dans la commune de Saint-Nicodème (Côtes-d’Armor) se sont constitués en un groupe de chanteurs traditionnels.

Comme les sœurs Goadec, ils auront contribué à sortir le Kan ha diskan de l’oubli. Leur chant le plus célèbre, Joli coucou, est devenu leur hymne. Tous ces textes, les frères Morvan les avaient appris de leur mère Augustine. Elle-même les tenait de son père, Guillaume Creff, né en 1852.

Agriculteurs avant tout, portant chemises à carreaux et casquettes à chaque concert, les frères Morvan auront arpenté pendant un demi-siècle les festoù-noz (plus de 5000 à leur actif), toujours en Bretagne. Depuis plusieurs années François Morvan avait cessé d’accompagner ses frères pour des raisons de santé. Il avait accepté exceptionnellement de revenir sur scène en 2008 pour les 50 ans de carrière du groupe.

Enracinés dans leur terre bretonne, derniers représentants d’une langue et d’une culture populaire transmise oralement de génération en génération, loin des modes éphémères et du clinquant superficiel, les frères Morvan auront été, à l’égal des anciens bardes, d’authentiques passeurs de mémoire.

Crédit photo : Benoit Boulanger, via Wikipédia, licence CC.