A cause d’un proxénète français, le FLN a le feu aux fesses !

A cause d’un proxénète français, le FLN a le feu aux fesses !

L’Algérie connaît un énorme scandale politico-porno. Un réseau de prostitution avec des mineures a été démantelé, que fréquentaient des hommes politiques du FLN, le parti du président Bouteflika. Grand organisateur de ces parties fines, un Français, qui se présente comme l’ancien collaborateur d’un premier ministre de François Mitterrand !

En Algérie, le 10 mai, les électeurs sont invités aux urnes pour élire leurs députés. Or, à l’affiche et au programme, s’imprime un énorme scandale à caractère sexuel ! Le 18 avril, dans un quartier chic d’Annaba (photo en Une), ville de la côte est, à 600 km d’Alger, la police a perquisitionné la villa d’un certain Jean-Michel Baroche. Depuis, ce résident français âgé de 67 ans et quatre de ses complices couchent en prison. Les chefs d’inculpation retenus contre eux illustrent la nature de leurs activités: détournement de mineures, incitation à la débauche, viol, avortement, distribution de drogue et production de films pornographiques ! Le scénario était ainsi ficelé: dans sa villa transformée en lupanar, Baroche recrutait des jeunes filles âgées de moins de 18 ans qu’il servait sur canapé à des invités de la bonne société, dont d’impudiques et in discrètes caméras filmaient les ébats.

De quoi enclencher la minuterie d’une bombe médiatique… Sur une vidéo saisie par la police, on verrait se livrer à des jeux interdits Saâdni Abdenacer, vice-président du conseil municipal d’Annaba et surtout candidat aux législatives sur la liste du FLN, le parti laïc du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Sautant sur l’occasion, les islamistes rient dans leurs barbes et dénoncent les mœurs dissolues des membres du FLN. Une récupération politique qui interpelle. Dans le journal « El Watan », Baya Hadad, présidente de l’Association des femmes algériennes pour le développement, se pose des questions: « Pourquoi les services de sécurité ont-ils choisi la campagne électorale pour mettre au grand jour ce scandale sexuel ? Cela ne peut qu’aider les islamistes dans leur quête de pouvoir. Bien que je condamne avec les plus fermes propos cette atteinte aux mœurs, le moment n’est pas opportun »

Une affaire de fesses qui profite aux barbus

Tic-tac, tic-tac… En Algérie, le mécanisme de la bombe met les nerfs à vif. Car Saâdni Abdenacer ne serait pas la seule personnalité du FLN à tremper dans ce bain de boue. Le « Seybouse Times », quotidien d’Annaba, annonce le pire: « Gageons que dans les jours qui viennent, d’autres grosses têtes tomberont dans les nasses des limiers de nos services de sécurité. (…) La face cachée de cette sale histoire n’a pas encore livré tous ses secrets. Pour certains fonctionnaires proches du dossier, ça va tout simplement mal finir. »

Et l’on s’interroge sur les réels dessous de cette histoire sans dessous- dessus. Pour le journal algérien « La Nouvelle République », derrière l’affaire classée X se cacherait une officine d’espionnage, dont Baroche serait l’officier traitant: « C’est parce qu’il avait cru qu’il était en terrain conquis que le Français allait se découvrir. C’est-à-dire en préparant les adolescentes à des missions de renseignements à récolter auprès des hauts responsables algériens en recherche de plaisirs charnels. Ces responsables devaient cependant être détenteurs de certains dossiers confidentiels sur l’ensemble des aspects de gestion de la wilaya (l’équivalent d’un conseil général français, ndlr) et même du pays. » Que des gamines jouent les Mata Hari pour obtenir de leurs partenaires des confidences sur l’oreiller peut paraître extravagant. Il n’empêche. Pourquoi les parties fines qu’organisait Jean-Michel Baroche étaient-elles filmées? Certainement pas pour offrir un enregistrement souvenir aux participants. Alors était-ce pour les faire chanter? Ou pour monter des dossiers compromettants ? Qui est vraiment Jean-Michel Baroche ?

Baroche, Mitterrand et les 40 voleurs

Il y a quelques temps, il exerçait ses talents en Tunisie, où il avait créé « Glamour arabian talent », officiellement une agence de communication destinée à vanter l’attractivité touristique du pays.

Mais après « la révolution de jasmin » en janvier 2011 et la chute du président tunisien Ben Ali, Baroche a franchi la frontière et s’est installé à Annaba, où il a fondé l’« Algerian Development Agency », une coquille vide.

Alors, en réalité, à quel jeu subtil jouait-il? Car à 67 ans, ce n’est pas un perdreau de l’année. Il a des heures de vol et un certain sens des affaires. Quand il a été arrêté, la presse algérienne a ainsi souligné qu’il se présentait volontiers comme l’ancien collaborateur d’un premier ministre français. Eh bien, « Minute » vous le confirme, Baroche n’est pas un mythomane ! Il a bien fréquenté Mitterrand. Le 5 juin 1991, Edith Cresson, alors premier ministre du Florentin, avait personnellement adressé à Jean-Michel Baroche une lettre de mission: « J’ai pris connaissance du dossier que la société S.B.A. de Châtellerault m’a remis à propos de l’équipe française que vous avez formée. (…) Je souhaite vivement que la qualité de cette technologie, que la société du ministère de l’Intérieur français, Sofremi, s’apprête à prendre sous sa responsabilité, vous permette de mener à bien vos négociations avec les autorités koweitiennes. »

De quoi s’agissait-il? A la suite de la guerre du Golfe, les puits de pétrole du Koweit étaient en feu.

A Nice, un ingénieur, Joseph Ferraye, avait alors imaginé une espèce de cloche permettant d’étouffer les flammes. C’est cette technologie qu’Edith Cresson, avec le concours de son ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, un certain… Dominique Strauss- Kahn, réussit à vendre au Koweit. L’émirat débloqua 22 milliards de dollars.

Mais jamais l’inventeur Joseph Ferraye ne toucha le moindre centime ! Quant aux 22 milliards, ils n’ont laissé aucune trace, étant partis en… fumée! Alors maintenant, si après s’être intéressée aux coucheries d’Annaba, la justice algérienne pouvait demander à Jean- Michel Baroche en quoi consistait exactement la mission que lui avait confiée Edith Cresson, on lui en serait reconnaissant. Car en France, l’affaire des milliards du Koweit demeure toujours un mystère.

Pierre Tanger

Crédit photo : Faten Aggad, licence CC.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 9 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

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