Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

Aéroport Notre-Dame des-Landes : premier ministrable, Jean-Marc Ayrault fait marche arrière

09/05/2012 – 15H15
NANTES (NOVOpress Breizh) – Les agriculteurs qui avaient entamé il y a maintenant un mois une grève de la faim pour protester contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ont décidé hier d’interrompre leur mouvement. Un arrêt qui fait suite à l’accord intervenu avec l’oligarchie socialiste locale, soucieuse d’arriver à un apaisement dans un dossier particulièrement épineux pour Jean-Marc Ayrault, en passe de devenir le Premier ministre de François Hollande.

Les cinq grévistes de la faim qui se relayaient à Nantes depuis le 25 avril demandaient l’arrêt des expropriations des agriculteurs dans l’attente que les juridictions saisies – le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme – se prononcent tant sur la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport que sur les arrêtés d’expulsion visant les paysans. En principe ceux-ci devraient tous avoir quitté la zone où doit être édifié le futur aéroport au plus tard le 31 décembre 2012.

Hier, suite aux négociations entamées avec la fédération du PS nantais et les représentants du Conseil régional des Pays de la Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et de la communauté d’agglomération Nantes Métropole, les grévistes ont réussi à obtenir l’assurance qu’aucune expulsion n’interviendrait dans la zone couverte par la DUP, tant que les différents recours n’auront pas été épuisés. Ayant obtenu satisfaction, ils ont décidé aussitôt d’interrompre leur mouvement.

Le 27 avril dernier, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire et Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, avaient pourtant adressé une lettre commune aux grévistes de la faim par laquelle, tout en faisant part du «respect» qu’ils ressentaient face à la détermination que manifestaient les paysans, ils affirmaient leur volonté de faire aboutir le projet d’aéroport. «Ce mode d’action ne nous semble pas le plus approprié», indiquaient-ils. Jugeant « le temps du débat clos depuis 2008 », les trois oligarques indiquaient qu’ils n’interviendraient «en aucune manière» sur les procédures d’expropriation.

Mais depuis, François Hollande a remporté l’élection présidentielle et Jean-Marc Ayrault est susceptible de devenir le prochain Premier ministre. L’affaire de la grève de la faim – motivée par un sujet écologique particulièrement sensible – aurait fait désordre, d’autant plus que Cécile Duflot et Vincent Placé (EELV) voudraient bien devenir ministres. Il était donc urgent de calmer le jeu. Manifestement la place de Premier ministre vaut bien de retarder un projet pourtant considéré comme essentiel par Jean-Marc Ayrault. L’interminable feuilleton de Notre-Dame-des-landes continue.

Crédit photo : Moulins, via Wikimédia, licence CC