Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

07/05/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
En commençant par le nombre des abstentionnistes proche de 19 % un point au dessus du premier tour. Même si on sait que les abstentionnistes ne sont pas les mêmes il n’y a pas eu d’élan qui aurait permis à Nicolas Sarkozy de mobiliser un grand nombre des non votants du premier tour.

Le deuxième chiffre c’est celui des bulletins blancs et nuls : plus de 2 millions. Les consignes de vote de Marine Le Pen n’y sont sans doute pas étrangères.

Au total François Hollande l’emporte avec 51,7 % des voix contre 48,3 % à Sarkozy. Un écart finalement plus serré que ce que pouvaient laisser croire les sondages.

Quelles ont été les déclarations des deux finalistes ?

Nicolas Sarkozy s’est exprimé très tôt salle de La Mutualité à Paris. Il a souhaité à Hollande « bonne chance au milieu des épreuves, ce sera difficile ». Il s’est gardé de situer clairement son avenir politique se contentant de préciser « Mon engagement dans la vie de mon pays sera différent » ce qui laisse ouvertes toutes les possibilités avant de conclure sur un curieux « je vous aime » à l’américaine.

François Hollande s’est exprimé beaucoup plus tard depuis sa ville de Tulle en Corrèze dont il préside le conseil général. Se gardant de tout triomphalisme il a situé son discours dans l’émotion : « De la fierté, de la dignité, de la responsabilité ».

La course au Premier ministre est–elle lancée ?

Il faut d’abord pour cela que le PS et ses alliés gagnent les élections législatives de juin. Une cohabitation étant improbable François Hollande pourra sans doute choisir son Premier ministre dans la nouvelle majorité.

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée et maire de Nantes Jean-Marc Ayrault semble tenir la corde. C’est un homme de confiance de François Hollande, il a pour seul problème d’avoir des relations fraîches avec les écologistes. Martine Aubry aurait été favorisée par un score plus élevé de Mélenchon et devrait être écartée. Derrière Ayrault, Pierre Moscovici directeur de la campagne socialiste pourrait faire un candidat de consensus malgré son engagement passé avec DSK. Sinon Laurent Fabius est envisageable mais son impopularité est un handicap et il serait mieux placé aux Affaires étrangères.

Les responsables politiques se sont succédés sur les plateaux télévisés hier soir. Quels ont été leurs  réactions ?

Les discours des deux candidats n’ont pas réservé de surprise. Pendant que l’un fêtait sa victoire en se posant en président rassembleur, l’autre assumait devant ses partisans déçus « sa responsabilité ».

Pendant ce temps, les représentants des différents partis se sont succédé sur les plateaux de télévision.

Comment ont-ils analysé les résultats de cette élection ?

Côté UMP, nombreux étaient les responsables appelés à commenter les résultats qui voulaient croire à un « troisième tour » à l’occasion des prochaines élections législatives.

François Baroin, de son côté, a attribué, comme beaucoup de ses collègues, le score du président sortant à « l’antisarkozysme au cours de [la] campagne » et « au poids de la crise ».

A gauche, on parlait d’un « moment historique », multipliant les références à la victoire de François Mitterrand en 1981.

Et du côté du Front national ?

Les électeurs de Martine Le Pen ont été particulièrement courtisés pendant l’entre-deux-tours. Représentant la troisième force politique du pays à l’issue du premier tour, ils détenaient les clés de l’élection.

Interrogée à ce sujet hier, Marine Le Pen s’est défendue d’avoir fait perdre Nicolas Sarkozy, expliquant qu’il « N’a jamais été donné gagnant au cours de cette campagne ».

Elle a poursuivi en estimant que « le nouveau président décevra vite » pour mieux se placer dans la perspective des prochaines élections législatives.

Pour la présidente du Front national en effet « le seul combat, c’est à l’assemblée nationale qu’il faut le mener, avec des députés qui savent où ils vont ».

De leur côté, les représentants de l’UMP qui s’étaient illustrés ces quinze derniers jours en refusant tout dialogue avec le Front national n’ont pas semblé nuancer leur discours.

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, auteur d’un livre qui prétend combattre les thèses du Front national, accusait hier encore Marine Le Pen d’avoir « fui ses responsabilités » en refusant de choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.