De Nantes à Brest, les socialistes font la loi dans la quasi totalité des villes bretonnes

De Nantes à Brest, les socialistes font la loi dans la quasi totalité des villes bretonnes

04/05/2012 – 12h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – La politique politicienne veut que l’on songe immédiatement à la prochaine élection, avant même que la précédente soit terminée. A l’échelon local, la prochaine s’appelle élection municipale. Rendez-vous donc en 2014.

A partir des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, il est possible d’établir le potentiel des uns et des autres concernant les villes de Bretagne. Ainsi en additionnant les pourcentages obtenus par les candidats de gauche (Hollande, Mélenchon, Joly) et ceux d’extrême-gauche (Poutou et Arthaud), on peut se faire une idée de la base électorale dont disposeront les listes d’« union de la gauche » ou de « gauche plurielle » lors des prochaines élections municipales. Sans doute ni le NPA ni Lutte ouvrière ne seront en mesure d’aller à la bataille sous leurs propres couleurs pour des raisons économiques ; c’est-à-dire le coût de l’aventure lorsqu’on n’est pas assuré d’atteindre les 5% qui permettent le remboursement de la campagne officielle.

En Bretagne, les choses sont simples au fond : les grands-parents votaient pour le MRP, les parents pour Lecanuet et les petits-enfants pour le PS. Voilà un raccourci qui résume l’évolution de la vie politique dans la région depuis un demi-siècle. L’imprégnation chrétienne favorisait hier les démocrates-chrétiens, aujourd’hui les socialistes. Cette donnée idéologique comprise, on saisit mieux pourquoi la Bretagne demeure encore – mais pour combien de temps ? – une « terre de mission » pour le Front National : le vieux fond chrétien y empêche de prospérer un parti accusé de prôner la « discrimination » et le « rejet de l’étranger ». Militer au PS ou voter simplement socialiste, c’est une façon d’appliquer dans la vie quotidienne le message de l’Evangile… Si bien que les grands noms du PS en Bretagne sont d’anciens militants d’action catholique (Ayrault, Le Drian, Delaveau) – même s’ils se croient obligés aujourd’hui de faire référence à la laïcité.

Les maires des grandes villes bretonnes : tous derrière François Hollande

Les trois grandes villes de Bretagne sont et resteront socialistes en 2014. Qu’on se le dise ! Commençons par la métropole bretonne, Nantes. Sur la base de 54,49% des suffrages exprimés (53,15% sans l’extrême-gauche), Ayrault ou ses successeurs demeurent imbattables. Autant dire que le rêve de Franck Louvrier, le directeur de la communication de Nicolas Sarkozy, de s’emparer de la mairie de Nantes demeure au stade du rêve ; on comprend mieux pourquoi une rumeur persistante le donne partant pour La Baule. Là, pour un jeune loup de droite, on peut parler de promenade de santé : 48,90% pour Sarkozy et 9,75% pour Bayrou le 22 avril. Soit un total de 58,65%. Avec une liste unique, l’affaire est pliée dès le premier tour aux municipales.

A Brest, les socialistes peuvent également dormir sur leurs deux oreilles, puisque l’ensemble de la gauche totalisait 54,88% des suffrages exprimés le 22 avril (53,09% sans l’extrême-gauche). A Rennes la situation est encore plus triomphale pour Michel Delaveau – ou pour Dominique Le Tallec, son directeur de cabinet, que l’on verrait bien devenir la prochaine locomotive. Avec un matelas confortable de 59,83% au premier tour de la présidentielle (58,27% sans l’extrême-gauche), les socialistes et leurs alliés peuvent voir la vie en rose…

Sur les six villes moyennes, la gauche en contrôle trois : Saint-Nazaire, Lorient et Quimper ; elles demeureront dans le giron socialiste en 2014. Au premier tour de la présidentielle, les gauches ont totalisé en effet 58,24% (56,04% pour les seuls Hollande, Mélenchon et Joly) à Saint-Nazaire, 51,91% (49,88% pour les trois en question) à Lorient, 54,90% (52,69% pour les trois) à Quimper.

Saint-Brieuc, ville dirigée par le centriste Bruno Joncour (MoDem), pourrait fort bien basculer à gauche lors des prochaines municipales. Dans cette ville l’ensemble de la gauche recueille en effet 54,59% (52,89% pour le trio) alors que François Bayrou ne recueille que 11,04%, précédant de peu Marine Le Pen (10,69%). Le score de Nicolas Sarkozy, avec 22,03%, ne laisse aucune chance à l’UMP.

A Vannes, les cinq candidats de la gauche et de l’extrême-gauche n’ont totalisé que 42,23% des suffrages exprimés. A Saint-Malo, ils se sont contentés de 44,42%. Autant dire que, sauf accident historique (deux listes de droite en concurrence au second tour) ces deux villes devraient conserver une municipalité UMP-centristes.

Conclusion : l’UMP est en principe incapable de récupérer Nantes, Brest, Rennes, Saint-Nazaire, Lorient Quimper et Saint-Brieuc. Aussi bien aux élections municipales que législatives. Au rythme où vont les choses, la droite ne dispose plus à moyen terme que de quelques îlots de « résistance » en Bretagne.

Crédit photo : jmayrault via Flickr licence cc