En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

25/04/2012 – 10h00
LORIENT (NOVOpress Breizh) – «Je savais que je devais venir en Bretagne ! Au lendemain du premier tour, je ne me suis pas posé la question. ». Le candidat PS à la présidentielle était en Bretagne hier après midi pour son premier déplacement de campagne après le premier tour. A Quimper comme à Lorient François Hollande a cherché à récupérer les électeurs de Marine Le Pen, sans oublier de faire quelques promesses aux Bretons
.

François Hollande est arrivé sans surprise en tête du premier tour dans la région administrative Bretagne (31,74%) devant Nicolas Sarkozy (25,66%). En troisième position avec 13,58%, Marine Le Pen a réalisé un score jamais atteint dans cette région.

«Nous devons les entendre ». Hier à Lorient le candidat socialiste avait bien en tête ces résultats, ne cachant pas son espoir de récupérer une partie de l’électorat frontiste « ces hommes et ces femmes qui ne savent plus vers qui se tourner » et qui vont « vers des vents mauvais » (sic).

Un exercice difficile pour ce fidèle disciple de Jacques Delors qui a toujours adhéré sans réserve à la doxa mondialiste. « J’en connais qui, agriculteurs, s’interrogent même sur la pérennité de leur exploitation, et de peur de l’avenir se réfugient dans le repli. J’en connais d’autres, ouvriers, qui ne savent pas ce que sera l’avenir tant leur entreprise paraît fragile, les délocalisations hélas trop nombreuses, et puis cette mondialisation, cette Europe trop ouverte, trop offerte, qui vient les frapper dans leurs conditions de vie », déclare-t-il avec une certaine suffisance, confirmant la vision doloriste que l’oligarchie a de cet électorat, considéré – dans le meilleur des cas – comme étant « souffrant », « malade » ou « paumé ».

Mais pas question de changer de discours pour autant : « Je n’excuse rien, mais je cherche à comprendre. Je ne séduis pas ces électeurs par je ne sais quelle surenchère. Je laisse ça à d’autres ! Moi, je ne ferai pas de l’étranger, de l’immigré, la question qui nous séparera dans cette élection présidentielle ! ». On sait que l’immigration est un sujet sur lequel le candidat du PS a toujours, comme le rappelle France-Soir, refusé de se prononcer.

Promettant la création d’un ministère de la Mer– on est en Bretagne – celui que Mélenchon avait aimablement qualifié de « capitaine de pédalo » n’a pas manqué de rappeler sa promesse de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires : « Je suis en Bretagne, en Bretagne fière de sa langue, fière de sa culture, fière de son histoire, qui attend depuis des années que l’Etat enfin ratifie la charte des langues minoritaires et régionales. Eh bien nous le ferons ensemble ! Et nous ferons en sorte que la langue française ne soit en aucune façon menacée, mais que la langue bretonne puisse être enseignée, parlée, diffusée, comme les langues minoritaires.»

Pour la spécificité bretonne ce sera tout. On sait qu’à Rennes, le 4 avril dernier, François Hollande avait été formel : pas question de déplaire à Jean-Marc Ayrault en réunifiant la Bretagne. « Fière de son histoire », cette dernière continuera d’être amputée de la Loire-Atlantique. La reconnaissance de la langue bretonne – à condition de ne pas « menacer le français» (sic) – passe encore, mais de là à modifier les frontières des fiefs tenus par les oligarques socialistes, il ne faut pas rêver.

Crédit photo : François Hollande, licence CC