En baisse dans les sondages, François Bayrou a du mal à trouver un logiciel qui marche

En baisse dans les sondages, François Bayrou a du mal à trouver un logiciel qui marche

18/04/2012 – 15h20
NANTES (NOVOpress Breizh) – Devant 1.500 militants enthousiastes, François Bayrou était hier soir à Rezé, dans la banlieue de Nantes. Se présentant comme le seul candidat « sérieux » et « républicain », le patron du Modem veut croire à son destin présidentiel. Mais le Centre, coincé entre le PS et l’UMP, ne fait guère recette en 2012. Critiquer le Système de l’intérieur, tout en adhérant à l’essentiel de la doxa mondialiste, marque les limites d’un exercice qui a peu de chances de convaincre massivement un électorat que les sondages révisent sérieusement à la baisse.

S’affirmant, encore tout dernièrement à Rennes, résolument favorable à la réunification de la Bretagne, le candidat centriste a commencé bizarrement par saluer le public de Rezé en s’adressant aux « Français des Pays de Loire, d’abord des Nantais et de ceux quelquefois venus d’un peu plus loin dans l’Ouest ». Pas une seule fois il ne sera question de saluer les Bretons. Considérés comme Bretons « pur beurre » à Rennes, les Nantais seraient-ils devenus quelques jours plus tard d’authentiques « Ligériens » ?

Se présentant en toute modestie comme le seul candidat « sérieux » et « républicain », le député des Pyrénées Atlantiques commence par dénoncer « les interventions totalement déconnectées de la réalité du pays » comme la présence de la viande hallal dans les supermarchés – immigration connait pas – ou l’organisation de l’examen du permis de conduire – pauvreté connait pas non plus. F. Bayrou va ensuite consacrer l’essentiel de son intervention à l’économie. Se référant à deux organismes mondialistes, le FMI et l’Institut Montaigne, pour leurs prévisions de chômage et de croissance dans les prochaines années, il dénonce les programmes de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, incapables d’équilibrer les comptes de la France.

Le candidat du Modem précise alors que « peu à peu, mes yeux se sont ouverts et je me suis rendu compte que toutes les explications que l’on nous donnait…., si j’ouvrais les yeux, étaient fausses ». Mais il ajoute aussitôt que « ce n’est ni l’euro, ni la mondialisation ‘ qui sont en cause’ car comment expliquez-vous que l’Allemagne au lieu de faire 70 milliards de déficit ont fait l’an dernier 160 milliards d’excédent. ». Pour illustrer cette position, il va prendre diverses filières dont la forêt, le textile, pour montrer que l’on peut produire en France au lieu d’importer. Avec l’exemple de la carte vitale commandée en Inde par la sécurité sociale, il préconise implicitement une forme de préférence nationale sans le dire. Pour cela : « il faut changer le logiciel que les décideurs de notre pays ont dans la tête ».

Se référant au philosophe Marc Sangnier, François Bayrou se présente comme étant le seul « vrai démocrate » alors que ses concurrents sont des « démagogues ». « Ils sont menteurs et illusionnistes. » affirme-t-il avant de préciser « moi, je prononce devant vous le mot effort que personne ne prononce ». Ce qui est vrai.

Citant en exemple le rassemblement de plusieurs centaines de hauts fonctionnaires par F. Hollande – qui leur a dit : « je sais que beaucoup d’entre vous sont là pour les places et ils ont raison parce qu’avec nous, des places, il y en aura beaucoup » – le candidat centriste souligne que c’est « le contraire de l’Etat impartial », cher à Raymond Barre à l’ombre duquel il se place. Il rappelle « qu’ayant exercé ….la responsabilité de ministre de l’Education Nationale, ce n’était pas l’allégeance partisane qui faisait la responsabilité » ajoutant cependant ce terrible aveu : « j’aurais peut-être dû chercher longtemps ». Cela ne l’empêche pas de dénoncer la chute du niveau des élèves, la France étant maintenant à la 24° place en écrit et à la 25° en calcul du classement des 35 pays de l’OCDE. A qui la faute ? Il se garde bien de répondre.

Enfin, après avoir appelé au rassemblement, à rompre avec la division du pays en deux camps de guerre civile, le « seul candidat républicain » n’hésite pas à exclure un bon tiers des Français car « il n’y a qu’un seul candidat [lui-même] qui garantisse aux français … que les extrêmes seront tenus à l’écart ». Décidément F. Bayrou, oubliant sa longue participation à des équipes responsables de la situation actuelle, voudrait bien être le candidat virginal d’une nouvelle politique. Faute d’avoir réussi à changer de logiciel, on peut en douter.

Crédit photo : Pierre Meunie, via Flickr licence CC