[Tribune libre] Syrie : Tiens, l’ONU reconnaît des tueries commises par les groupes armés ! Par Louis Denghien

[Tribune libre] Syrie : Tiens, l’ONU reconnaît des tueries commises par les groupes armés ! Par Louis Denghien

Alors que les habituels bateleurs d’estrades bobos vont agiter des chiffons blancs ce soir au Trocadéro pour signifier devant les caméras leur engagement « citoyen » en faveur d’une Syrie créée de toutes pièces par les médias, l’organe central de la pensée bobo, justement, Le Monde, publie ce mardi 17 avril sur son site un article (copie d’écran ci-dessus) sur les crimes et violations de droits de l’homme commis par les amis opposants de Stéphane Hessel et de Jane Birkin. En fait, Le Monde.fr rend compte du rapport présenté lundi 16 avril à Genève par la commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Selon lequel, les groupes armés se sont rendues coupables de « tueries extra-judiciaires de soldats capturés lors de confrontations armées« .

Les images d’Épinal ont jauni

Le mot « tueries » traduit un assez haut niveau de violence criminelle. Il est vrai que le Conseil onusien de droits de l’homme ne pouvait continuer à faire comme si, en Syrie, la violence, les « massacres » n’étaient le fait que du gouvernement et de ses forces armées. Ce alors que les premières tueries d’ampleur commises par les bandes islamistes remontent au moins au début de juin dernier (massacre de 100 ou 120 policiers à Jisr al-Choughour). Ce après qu’une envoyée spéciale du Spiegel a recueilli les confidences de bourreaux de l’ASL réfugiés au Liban, et se vantant de centaines d’exécutions à Bab Amr (voir notre article « Der Spiegel a interrogé des rebelles-tortionnaires de Bab Amr », mis en ligne le 30 mars). Ce alors que les victimes – civiles – des groupes armés continuent de tomber chaque jour, même pendant le cessez-le-feu.

Le rapport, histoire de se donner des allures d’objectivité, s’inquiète aussi des arrestations d’opposants à Hama et Alep, et de la poursuite de bombardements à Homs, voire à Damas. Il est vrai que les institutions internationales, au diapason de pas mal de gouvernements et de médias, sont allés tellement loin dans le schématisme bien pensant et dans le manichéisme hollywoodien qu’il leur est difficile de « lâcher du lest » par rapport à la doxa suivie depuis plus d’un an. Mais la vérité se fait jour peu à peu et à reculons en Occident. S’imposant aux plus professionnels ou honnêtes des journalistes, qui, pour des raisons de crédibilité – une crédibilité certes bien entamée – ne pourront plus se permettre de parler de la Syrie sans instiller quelques vérités déplaisantes, fut-ce homéopathiquement. L’opinion publique suivra avec retard.

Maintenant il est certain que les désinformateurs de France 2, d’Arte, d’I-Télé ou de France 24 s’accrocheront aussi longtemps que possible à leurs « visions » d’une Syrie artificielle et « bobo-compatible ». Peut-être autant par paresse intellectuelle que par aveuglement idéologique. Mais ce qui est nié en France est à peu près connu dans la partie émergente de la planète, et en Russie.

Bien sûr, ce rapport de l’ONU n’atteindra pas les clowns citoyens et people du Trocadero : mais ceux-ci agiteront, de plus en plus, leurs chiffons blancs dans le vide.

Louis Denghien

[box class=”info”] Source : InfoSyrie. [/box]