Pour 90% des Grecs, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés

Pour 90% des Grecs, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés

17/04/2012 – 10h30
ATHENES (NOVOpress) –
« Les Grecs ont peur des immigrés » : c’est ainsi que La Tribune du Dimanche (Το Βήμα της Κυριακής), le grand journal de référence du centre gauche, résume les résultats du sondage qu’elle vient de publier.

Pour le compte de La Tribune du Dimanche, l’institut Kapa Research a interrogé un échantillon de 1.610 Grecs de plus de 18 ans (http://www.bloomberg.com/news/2012-04-08/most-greeks-support-clampdown-on-illegal-immigration-poll-shows.html). Les résultats sont effectivement sans appel. Pour près de 90% des personnes interrogées – 15% de plus que dans un sondage équivalent réalisé en 2009 –, l’augmentation de la criminalité est due aux immigrés. Pour 83,4%, l’immigration clandestine est un problème majeur : seuls 2,5% pensent le contraire! 61,7% considèrent que le récent durcissement de la lutte contre l’immigration clandestine, dans la perspective des élections qui auront lieu en mai (avec la multiplication des contrôles et le «ratissage » des clandestins en particulier à Athènes), est un pas dans la bonne direction. La mesure récemment annoncée par le ministre de la Santé, selon laquelle tout immigré demandant un permis de travail devrait désormais fournir un certificat sanitaire, afin de dépister en particulier la tuberculose et la malaria, est plébiscitée: 87,8% sont pour ou plutôt pour.

80% des Grecs déclarent avoir une opinion négative des immigrés en général, qu’ils soient légaux ou clandestins. 48,3% (contre seulement 19,5% dans le sondage de 2009) pensent même que l’objectif de la politique d’immigration doit être de renvoyer par étapes tous les immigrés. Seuls 7,2% (contre 17,1% en 2009) pensent que l’objectif doit être l’intégration des étrangers, 4,2% (contre 9,1% en 2009) leur assimilation.

Rappelons que, selon Frontex, l’agence de protection des frontières de l’Union européenne, la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie est le principal point d’entrée des clandestins depuis l’Asie. En 2011, selon les statistiques officielles de la police grecque, environ 100.000 personnes ont été arrêtées pour être entrées en Grèce illégalement : combien n’ont pas été arrêtées ? On estime que les immigrés représentent au moins 15% de la population grecque (qui est de 11 millions d’habitants) avec des concentrations particulièrement élevées à Athènes.

Rien qu’entre 2009 et 2010 (des statistiques plus récentes ne sont apparemment pas disponibles), les vols à la tire à Athènes ont doublé, les agressions contre des chauffeurs de taxis presque quadruplé et les homicides ont augmenté de 50%. Selon la police grecque, un criminel sur deux est immigré. « Les problèmes de sécurité dans le centre ville, explique Thanassis Kokkalakis, porte-parole de la police, sont largement dus à l’immigration clandestine. Beaucoup d’immigrés recourent au vol, au cambriolage, à la prostitution et au trafic de drogue pour survivre et pour payer » les passeurs qui les ont fait entrer en Grèce.

Même The Guardian, le grand quotidien de gauche britannique, écrivait l’été dernier : « Une arrivée massive de réfugiés souvent désespérés a exacerbé la transformation d’Athènes en ville sans loi ». Dans les rues, « des prostituées somaliennes racolent les passants à toute heure ». Le très libéral New York Times s’est refusé à aller jusque là mais il a interrogé plusieurs commerçants qui ont raconté comment ils avaient été agressés à plusieurs reprises « par des gens qu’ils ont perçus comme étant des immigrés armés de couteaux ».

Perception ou pas, les Grecs sont exaspérés. En mai dernier, l’assassinat par deux Afghans d’un Grec qui accompagnait à la clinique sa femme sur le point d’accoucher – les immigrés l’avaient attaqué pour lui voler la caméra avec laquelle il comptait filmer la naissance –, a suscité une véritable émeute anti-immigrés à Athènes.