Le Gouvernement britannique estime qu’à la différence des musulmans les chrétiens n’ont pas le droit de porter de signes religieux sur le lieu de travail

Le Gouvernement britannique estime qu’à la différence des musulmans les chrétiens n’ont pas le droit de porter de signes religieux sur le lieu de travail

10/04/2012 – 12h00
LONDRES (NOVOpress Breizh) – Les chrétiens n’ont pas le droit de porter ostensiblement une croix ou un crucifix sur leur lieu de travail. Telle est la position que le gouvernement britannique entend défendre dans un litige porté par deux femmes devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Selon le Sunday Telegraph, qui a révélé cette affaire, le Gouvernement conservateur de David Cameron estime que le fait de porter une croix sur son lieu de travail n’étant pas une « exigence » posée par la foi chrétienne, les employeurs peuvent interdire le port de la croix et licencier les salariés qui persistent à le faire. Cette position a fait l’objet de critiques de la part de nombreuses personnalités. Lord Carey, l’ancien archevêque de Canterbury, a accusé le 10 Downing street de vouloir dicter aux chrétiens leur conduite et a affirmé que c’était là un nouvel exemple de marginalisation du christianisme dans la vie officielle.

Nadia Eweida, une chrétienne copte salariée de British Airways, avait été suspendue en 2006 pour avoir refusé d’enlever la croix qui, selon ses employeurs, ne correspondait pas à l’uniforme réglementaire de la compagnie. Mme Chaplin, une femme originaire d’Exeter, s’est vu dénier quant à elle le droit de travailler en qualité d’infirmière dans un établissement hospitalier par Royal Devon and Exeter NHS Trust après avoir refusé de cacher la croix qu’elle portait au bout d’une chaînette. Cette décision a eu pour effet de mettre fin à sa carrière longue de 31 ans.

Ayant été déboutées devant les tribunaux du Royaume-Uni, les deux femmes ont porté le litige devant la Cour de Strasbourg en se fondant sur les dispositions de l’article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, selon lesquelles : « Tout un chacun jouit de la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit inclut la liberté de changer sa religion ou sa croyance, et la liberté de manifester, seul ou en commun avec d’autres en public ou en privé, de manifester sa religion ou sa croyance, dans le culte, l’enseignement, la pratique et l’observation. »

Les avocats des deux requérantes estiment que la position du Gouvernement britannique est excessivement restrictive et que la « manifestation » de la religion inclut le fait de faire des choses qui ne sont pas une « exigence de la foi » ; que de ce fait leurs clientes sont protégées par les Droits de l’Homme.

Ce refus du gouvernement de David Cameron de reconnaître aux chrétiens le droit d’afficher le symbole de leur foi sur le lieu de travail intervient alors que les membres d’autres religions se sont vu accorder un statut spécial pour des tenues ou des symboles tels que le turban sikh, le bracelet kara ou le hijab (photo) musulman. Manifestement, dans le royaume de sa Très gracieuse Majesté, il est aujourd’hui des communautés qui sont plus privilégiées que d’autres. Le titre officiel d’Élisabeth II – « par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi » – serait-il devenu obsolète ?