« Justice » : une tentative d'enlèvement d'enfant jugée pour « violences volontaires »

« Justice » : une tentative d’enlèvement d’enfant jugée pour « violences volontaires »

Le 15 juin 2011, dans le quartier du Peloux à Bourg-en-Bresse, un garçon de 5 ans qui jouait sur une aire de jeux avait été enlevé par un homme. C’est la sœur de l’enfant, une adolescente de 13 ans qui avait rattrapé l’agresseur et réussi à lui faire lâcher son frère. Le père avait ensuite réussi à mettre en fuite l’homme qui essayait de pénétrer dans l’appartement familial. Une demi-heure plus tard, Dominique Plasson, 58 ans était interpellé par la police. Plasson était suivi par une équipe psychiatrique et était dépendant à des médicaments. Néanmoins suffisamment conscient et au courant des parades juridiques, ce dernier avait évoqué « un trou noir » par rapport aux faits. Une amnésie « simulée », selon un premier expert psychiatre mais consécutive à la prise de médicaments selon un deuxième.

En janvier dernier, le juge d’instruction, suivant les réquisitions du procureur, a décidé de renvoyer Dominique Plasson devant le tribunal correctionnel pour de simples « violences volontaires » sur le garçon et sa sœur. Une tentative d’enlèvement équivaut donc aux yeux de la justice à une baffe, puisqu’en janvier 2011 une mère de famille avait été condamnée pour « violences volontaires » après avoir giflé sa fille. Justice variable ? Il semblerait. La famille du petit garçon réclame la cour d’assises et a fait appel devant la chambre de l’instruction qui a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique.

« Pour moi, il est évident qu’il n’a rien à faire aux assises. Une prise de médicaments suprathérapeutique a amené une confusion extrême chez lui et entraîné une amnésie », estime Bertrand Génaudy, l’avocat de Dominique Plasson. Une vision du dossier fermement combattue par David Metaxas, l’avocat de la famille. « Mon but ce n’est pas de l’envoyer quinze ans en prison, mais de le juger pour ce qu’il a fait. Il faut faire du droit et considérer ce qu’aurait aimé faire cet homme. Ce n’est pas honnête intellectuellement de dire qu’il s’agit de simples violences, comme mettre une tarte à un enfant. […] Quelle responsabilité portera la justice si cet homme récidive ? »