Assises de la "France en danger", propositions des identitaires pour temps de crise - Par Lionel Humbert

Assises de la “France en danger”, propositions des identitaires pour temps de crise – Par Lionel Humbert

[box class=”info”] Les assises “Nationalité, Citoyenneté, Identité – La France en danger” de samedi dernier, dans l’hebdomadaire Minute : [/box]
Les Assises de la France en danger, le 10 mars, se sont déroulées au terme de multiples péripéties. Au final, l’événement conforte le Bloc identitaire, qui pilotait l’opération, dans sa stratégie métapolitique.

Samedi 10 mars, à l’espace Charenton de Paris, un millier de participants étaient réunis pour les assises « La France en danger », organisées par l’association « Nationalité, citoyenneté, identité » (NCI). Le but était d’élaborer un corpus doctrinal sur le refus d’accorder le droit de vote aux étrangers et de proposer une refonte du code de la nationalité.

La manifestation, qui rappelle les Assises sur l’islamisation de 2010, s’est soldée par un franc succès, même si les identitaires, qui pilotaient l’opération en sous-main, ont bien cru ne jamais arriver au bout de leurs peines!

De fait, côté communication, Ca therine Blein, présidente de NCI, se heurte très vite au mutisme des grands médias, qui refusent de parler des assises… même en mal. Les organisateurs doivent donc mettre en marche leur propre machine de communication pour contourner le mur du silence: trente mille courriers personnalisés, deux cent mille courriels, publicité dans la presse patriotique, dont « Minute », matraquage sur les ondes de Radio courtoisie comme sur les sites de la réinfosphère… Ne manquaient que le tam-tam et les signaux de fumée ! Mais jusque-là, rien d’anormal.

La première réaction surprenante vient de personnalités supposées proches de la mouvance. Ainsi de Laurent Ozon, écologiste passé de la Nouvelle droite au Front national, avec un crochet chez les Verts et les Identitaires. Marginalisé à la suite de ses claquages de portes successifs, il lui restait visiblement des comptes à régler avec les organisateurs des assises – au point de contacter les orateurs inscrits au colloque pour les sommer de ne pas cautionner la présence d’« extrémistes » pouvant déconsidérer la juste lutte contre l’immigration.

On n’est jamais si bien trahi que par les siens…

Dans sa ligne de mire, Jared Taylor, avocat américain diplômé de Yale et de Sciences-Po, polyglotte distingué (il parle à la perfection japonais et français) et consultant international.

A en croire l’ex-écolo de Marine Le Pen, loin d’un Yankee bien propre sur lui, Taylor serait en réalité un ponte du Klu Klux Klan et son site, American Renaissance, une caisse de résonance du suprématisme blanc le plus échevelé…

A ce portrait au vitriol, Ozon ajoute quelques accusations de révisionnisme, armes par destination que l’on croyait réservées aux gauchistes liberticides plus qu’aux intellectuels non-conformistes.

En réalité, ainsi qu’il l’a expliqué à l’agence Novopress, Jared Taylor est à couteaux tirés avec l’extrême droite américaine, notamment le Ku Klux Klan. Et il bénéficie du soutien influent de membres de la communauté juive américaine, en phase avec les idées défendues par American renaissance. Loin des fantasmes délirants, Taylor est simplement un défenseur de la communauté blanche, dans un pays où cette dernière a le droit d’être un lobby comme un autre.

Après le Ku Klux Klan, les nervis gauchistes !

Après cette péripétie, les choses sérieuses commencent pour Catherine Blein quand, dans la nuit du 6 mars, quatre jours avant la réunion, des casseurs d’extrême gauche attaquent la salle de conférences à coups de barres de fer, faisant éclater toutes les vitres.

Assises de la “France en danger”, propositions des identitaires pour temps de crise – Par Lionel Humbert

Deux jours plus tard, la police interpellera encore onze gauchistes énervés. Pour empêcher d’autres émules de la nuit de Cristal de s’en prendre au bon déroulement des assises – voire à l’assistance –, la préfecture de Paris met alors en pla ce un impressionnant dispositif policier.

Résultat, le 10 mars au matin, une petite foule tranquille (près de 700 entrées payantes au long de la journée) se presse pour assister à une première table ronde sur l’histoire de la citoyenneté, animée par l’historien Philippe Conrad et le spécialiste de la démocratie directe, Yvan Blot. Une autre table ronde, dirigée par le président de Polémia, Jean-Yves Le Gallou, est consacrée à l’immigration et au droit de la nationalité. Elle aurait plongé l’auditoire dans un pessimisme noir, nourri par les chiffres alarmants des démographes Yves-Marie Laulan et Jean-Paul Gourevitch, sans le « one man show » d’Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge, qui a remonté le moral de la salle en exposant avec beaucoup de pédago gie qu’il est possible d’arrêter la pompe à immigration grâce à des me sures législatives très simples, dès lors qu’existe une volonté politique: affirmation de la loi française sur la législation européenne, préférence nationale, abrogation des lois antiracistes, organisation de la ré émigration de deux millions en cinq ans, notamment en fermant les pompes aspirantes…

Le député flamand du Vlaams Belang, Filipp Dewinter, se taille en suite un franc succès avec une vigoureuse intervention pour dénoncer les dangers de l’islamisation de l’Europe. Enfin, toute la salle attend Jared Taylor, pour voir s’il porte oui ou non la tunique et capuche blanches du KKK. Déception pour les amateurs de folklore: c’est dans un élégant costume-cravate qu’il dé crit les conséquences tragiques et parfois loufoques du multiculturalisme aux Etats-Unis, avant d’appeler les Français à ne pas commettre les erreurs des Américains, qui ont trop cédé aux sirènes du melting pot.

Assises de la "France en danger", propositions des identitaires pour temps de crise - Par Lionel HumbertFabrice Robert (photo), président du Bloc identitaire, clôture les assises en jouant à domicile. Dans une salle chauffée à blanc, il martèle sa conviction que la lutte pour l’identité sera le grand combat du XXIe siècle. Il reste cependant persuadé que la tâche dépasse nos frontières et que les identitaires européens ont le devoir d’aider les autres peuples cherchant à rester eux-mêmes.

Les principales conclusions formulées par les experts et invités de prestige – Jean Raspail, Jean Bothorel, Oskar Freysinger (en visioconférence), etc. – seront prochainement remises aux divers candidats à la présidentielle. Le Bloc, lui, sort de ces assises conforté dans sa stratégie métapolitique.

D’abord parce qu’en cette période de surmédiatisation électorale, il parvient tant bien que mal à faire passer ses thématiques dans le débat public. Ensuite avec pas mal d’imagination et un peu d’esbroufe, le petit poucet de la droite radicale se maintient de ce fait dans la cour des grands.

Lionel Humbert

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 14 mars 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

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