Manifestations le 31 mars pour la reconnaissance officielle des langues régionales

Manifestations le 31 mars pour la reconnaissance officielle des langues régionales

03/03/2012 – 14H30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – «Evit ar brezhoneg hag evit hor yezhou deomp de’i !», «Lo 31 de març, se manifestarà a Tolosa per l’occitan», « Ja ze unsere Sproch » : à l’appel d’un collectif regroupant plusieurs dizaines d’associations, les défenseurs des usages linguistiques régionaux appellent à manifester le 31 mars prochain. Ce jour-là Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Mosellans et Occitans demanderont que les langues régionales de France soient véritablement reconnues et bénéficient enfin un statut officiel. En pleine campagne présidentielle, la question identitaire de l’existence et de l’avenir des langues régionales et, au-delà, de celle des peuples et des cultures concernés, est plus que jamais d’actualité
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« Nous constatons que chez les élus, il y a acceptation de la nécessité de faire quelque chose. Mais jamais personne n’est passé aux actes », regrette Jean-Marie Woehrling, président de Culture et Bilinguisme et dela Coordination Langue régionale pour l’Alsace. Aujourd’hui en France – à la différence de la plupart des Etats européens et à part la Corse qui jouit de prérogatives particulières – aucune législation ne garantit en effet la pérennité des langues et des dialectes régionaux. L’inscription des langues régionales comme appartenant au patrimoine de la France dans la Constitution, intervenue en 2008, a une valeur purement symbolique qui n’entraîne aucune conséquence juridique.

Le collectif demande donc la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et la mise en place d’une politique – en particulier dans les domaines de l’enseignement, des médias, de la culture et des administrations locales – permettant d’assurer réellement le plurilinguisme dans les régions concernées.

Saisissant l’opportunité de l’élection présidentielle, les organisateurs de cette journée ont bien l’intention d’interpeller les candidats sur leurs propositions en faveur des langues régionales. En réalité les positions de la plupart d’entre eux sont déjà bien connues. Si François Hollande s’est déclaré favorable à la ratification de la Charte – tout en se gardant prudemment de se prononcer sur la réunification de la Bretagne – ainsi que François Bayrou et Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon y est résolument hostile (« parce que je ne considère pas qu’il y ait en France de minorités nationales »), tout comme Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Le 31 mars, à Toulouse, Bayonne, Quimper, Perpignan, Ajaccio et Strasbourg, certaines oreilles risquent fort de siffler.