Le déclin de l’Occident n'est pas linéaire et irréversible, mais quel Occident ? - Par Jean Lucat

Le déclin de l’Occident n’est pas linéaire et irréversible, mais quel Occident ? – Par Jean Lucat

Dans Le Figaro du 09 février 2012, l’ancien ministre des Affaires étrangères d’Israël, Mr Shlomo Ben-Ami, revient sur la notion du « Déclin de l’Occident », qui est un sujet récurrent suite à la crise actuelle aux Etats-Unis et en Europe qui, d’après lui, est essentiellement due aux défaillances éthiques inhérentes au capitalisme américain et aux dysfonctionnements de l’Europe.

Il nous assure cependant que le déterminisme a, au cours de l’histoire, toujours été vaincu par les forces imprévisibles de la volonté humaine et dans notre cas par la capacité extraordinaire de l’Occident à se renouveler, même après des défaites cataclysmiques. Pour lui, notre déclin n’est pas un processus linéaire et irréversible.

L’ancien ambassadeur alerte, toutefois, sur la menace du populisme qui peut surgir des crises économiques. Il cite l’exemple de l’Italie et de la Grèce, pays où des gouvernements de technocrates ont remplacé des politiciens défaillants ainsi que la Hongrie où le premier ministre Victor Orban appelle à un rétablissement autoritaire de l’Etat.

Curieusement, il insiste sur le fait que ces exemples semblent évoquer un passé européen où les échecs de la démocratie se sont traduits par des formes de gouvernement plus « opportunistes ».

Pour l’auteur, les prétendants que sont la Chine ou l’Inde ne sont pas en position de donner des leçons aux autres.

Comme l’Europe a abandonné depuis longtemps toute prétention d’être une puissance militaire et que les Etats Unis vont se redéployer en Asie, le maintien d’une présence militaire en Europe leur semble inutile.

En fait, l’Occident auquel pense Mr Ben- Ami n’a pas grand-chose à voir avec celui auquel nous croyons. Quand il parle d’en relativiser le déclin, il met évidemment les Etats Unis en avant par rapport à la mentalité quasiment « post-historique » de l’Europe.

Il conclue que l’Occident est confronté à des défis difficiles, mais que les valeurs que sont la liberté et la dignité individuelle, au centre de la civilisation occidentale restent le rêve d’une grande majorité de l’humanité.

Il oublie cependant que les peuples existent aussi, peut-être plus que les individus, et que les valeurs de liberté et de dignité sont également les valeurs dont sont imprégnés les mouvements populistes, dont il semble craindre l’influence, suite aux échecs des démocraties capitalistes.

Jean Lucat

[box class=”info”] Source : Normandie Identitaire. [/box]

Photo en Une : Puerta de Alcalá, Plaza de la Independencia, Madrid. Crédit photo : Sanbec, licence CC.