Pour le « Monsieur Sécurité » du PS, "les chiffres de l’immigration ne veulent pas dire grand-chose"

Pour le « Monsieur Sécurité » du PS, « les chiffres de l’immigration ne veulent pas dire grand-chose »

22/02/2012 – 11h15
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Ce n’est pas vraiment une surprise. Pour le député (PS) du Finistère Jean-Jacques Urvoas les chiffres concernant l’immigration « ne veulent pas dire grand-chose ». Pour ce mondialiste, il s’agit là en effet d’un phénomène normal, inévitable, finalement peu important et somme toute bénéfique pour la France. Oubliant juste que celle-ci a aussi un coût, qu’il se garde bien d’évoquer.

Dans un texte publié dans son blog le 11 février dernier, celui qu’on présente habituellement comme le « Monsieur Sécurité » du PS conteste les chiffres présentés par Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine (11/02/12) en matière d’immigration régulière, estimant – à juste titre – que celle-ci, loin de diminuer durant le dernier quinquennat, a au contraire marqué une hausse sensible.

Loin de critiquer cet état de fait, J.J. Urvoas estime au contraire qu’il s’agit d’un phénomène naturel et inévitable dans le cadre de la mondialisation que les responsables politiques doivent se borner à accompagner. Selon lui: « les chiffres ne veulent pas dire grand-chose. La réalité est qu’au-delà des fluctuations conjoncturelles, l’immigration régulière est stable en France et s’établit un peu en dessous de 200 000 entrées régulières depuis 10 ans, dont les 2/3 sont des entrées pérennes. (…) Il (N. Sarkozy) n’a pas le courage de dire qu’il existe une immigration incompressible, stable, celle d’un pays qui est et entend demeurer ouvert sur le monde, avec une maîtrise normale de ses flux. Ceux-ci ne représentent que 0,3 % de la population métropolitaine. Ils sont donc relativement modestes au regard de la moyenne de l’OCDE (0,67 %) et équivalents à ceux de l’Allemagne…».

Si pour ce représentant finistérien de l’oligarchie mondialiste ces chiffres sont « relativement modestes » et « ne veulent pas dire grand-chose », Jean-Yves Le Gallou, animateur de la Fondation Polémia, est d’un avis tout différent. Contrairement au député socialiste, cet énarque aime bien les chiffres. Intervenant le 16 février dernier dans un colloque organisé par l’Institut de géopolitique des populations sur le thème : « Peut-on raisonnablement calculer les coûts de l’immigration ? », J.Y. Le Gallou estime en effet à dix-huit milliards d’euros le coût de l’immigration supplémentaire qui s’installe chaque année en France.

Selon lui, les 200.000 étrangers supplémentaires s’installant légalement chaque année en France – soit 0,3% de la population, 0,4% de la population scolaire et 5% de la population étrangère déjà présente en France – génèrent 3 milliards d’euros en dépenses de fonctionnement des services publics et en redistribution sociale (soit 0,3% de 1.000 milliards).

Rappelant ce qu’avait souligné le prix Nobel Maurice Allais – l’arrivée d’une population nouvelle suppose de puiser dans l’épargne (ou de creuser le déficit) pour réaliser les équipements nécessaires à leur accueil – Le Gallou indique que cela génère aussi et surtout 15 milliards de dépenses d’infrastructures, réparties comme suit : établissements scolaires (1 milliard) ; logements (7 milliards) ; transports urbains régionaux (4 milliards) ; prisons (100 millions) ; universités (400 millions) ; hôpitaux (700 millions) ; autres réseaux nationaux et locaux (2 milliards).

A ces sommes, précise l’animateur de Polémia, il faut aussi ajouter les dépenses d’assurance chômage. « Dans un pays qui a 15% de chômeurs, un étranger de plus ce n’est pas un emploi de plus c’est un chômeur de plus (français ou étranger, d’ailleurs, puisque le taux de chômage des étrangers et des enfants d’immigrés est, selon les statistiques officielles, deux à trois fois plus fort que le taux de chômage moyen). » Il évalue le coût de l’indemnisation de ce sur-chômage à 500 millions d’euros.

Et J.Y. Le Gallou de conclure : « Au total (cela représente) plus de 18 milliards d’euros : près du quart du déficit budgétaire. En période de crise, il est clair que la France n’a plus les moyens de poursuivre sa politique d’immigration ou que, si elle la poursuit, cela ne peut se faire qu’au détriment des services rendus à la population, de son niveau de vie et de sa qualité de vie.» Un aspect de la question de l’immigration qui n’intéresse manifestement pas le député du Finistère pour qui la France « est et entend demeurer ouverte sur le monde ». Quel qu’en soit le prix.