Allemagne : enfants ou impôt supplémentaire, faudra-t il choisir ?

Allemagne : enfants ou impôt supplémentaire, faudra-t il choisir ?

15/02/2012 – 12h00
BERLIN (NOVOpress) —
 Les gouvernements allemands de l’ouest sont longtemps restés très réticents à toute forme d’aide aux familles chargées d’enfants : il n’était pas question d’adopter la moindre mesure qui ait pu rappeler de près ou de loin le IIIème Reich. Certes, quelques progrès ont été faits depuis la réunification et l’arrivée au gouvernement d’Angela Merkel, mais ils sont encore insuffisants pour corriger des décennies de mauvaise gestion de la démographie, et combattre efficacement l’inévitable vieillissement du pays.

Pour enfin prendre ce problème à bras-le-corps, de jeunes députés de la CDU/CSU (chrétiens démocrates et socio-démocrates) proposent maintenant un impôt nouveau qui frapperait les adultes sans enfants dès leur vingt-cinquième année. « Et ce n’est même pas par souci d’équité. Les allemands chargés de famille touchent aujourd’hui des subventions, des allocations, payent moins d’impôts, et lorsqu’ils occupent une place supplémentaire dans les transports en commun, il est rare qu’ils aient à débourser un centime en plus ».

Mais il est après tout normal d’inciter à désirer et à avoir des enfants en cette période difficile : « c’est important pour la société exposée sinon au vieillissement, et aussi pour les retraites des jeunes générations qui à défaut risquent de devenir très hypothétiques ».

Simplement, ces jeunes députés CDU/CSU du Bundestag estiment que quand la carotte ne suffit plus, il peut être judicieux de lui adjoindre le bâton ! Ne pas avoir d’enfants pourrait donc exposer, si leur projet aboutissait, à un impôt catégoriel supplémentaire qui serait de 1% du salaire à partir de 25 ans et réduit de moitié dès le premier enfant. Le second enfant suffirait déjà pour se libérer de cette contribution, et le porte-parole du groupe voudrait même faire inscrire cet impôt dans la constitution.

Contrairement à la prudente réticence de la ministre fédérale de la famille qui pourtant appartient au même groupe parlementaire, la ministre de la famille de Bavière, Christine Haderthauer, a accueilli cette proposition avec enthousiasme : « nous devons à nouveau créer une société où la manière dont on vit n’est plus totalement indifférente ».

Un projet certes symbolique, mais qui risque assurément d’alimenter de nombreuses polémiques et surtout de faire hurler tous les tenants d’une existence exclusivement tournée vers l’hédonisme et le carriérisme !

[box]Source : Berliner Zeitung[/box]
Crédit photo : Arne Bevaart via Flickr (cc)