L’enracinement des Bretons mesuré par l’Insee

L’enracinement des Bretons mesuré par l’Insee

22/01/2012 – 12h00
RENNES (NOVOpress Breizh) – Beaucoup des Bretons qui quittent la Bretagne administrative pour étudier ou travailler y reviennent par la suite. Et une forte proportion des « émigrés », un sur cinq peut-être, s’installent en fait en Loire-Atlantique. Inversement, beaucoup des non-Bretons qui viennent s’installer en Bretagne sont enfants ou conjoints de Bretons.

L’Insee Bretagne vient de publier un intéressant numéro de son bulletin Octant Analyse intitulé « Naître en Bretagne, être en Bretagne : un lien renforcé par les retours à la région natale ». « Au premier janvier 2009, indique-t-il, la Bretagne compte 3.175.000 habitants. Par ailleurs, on dénombre en France métropolitaine un peu plus de 3.000.000 de personnes nées en Bretagne dont 680.000 (23 %) habitent une autre région. C’est un peu moins qu’en moyenne nationale (27 %). Les Bretons ont donc une propension plus forte que la moyenne à vivre dans leur région natale. » Cette propension est spécialement forte dans le Finistère.

Les auteurs de l’étude, Laurent Auzet et Robert Grange, notent aussi que les départs interviennent principalement vers l’âge de 20 ans, à l’occasion des études ou du premier emploi : « à 27 ans environ, un tiers des personnes nées en Bretagne vivent dans une autre région ». Mais cette proportion diminue ensuite sous l’effet d’un courant de retours en Bretagne supérieur aux départs. « Parmi les Bretons de naissance vivant hors région, près d’une personne sur dix aura ainsi, en l’espace de cinq ans, rejoint sa région natale », précise l’Insee.

Ces constats sont d’autant plus remarquables que le travail de l’Insee porte sur la région administrative de Bretagne. Parmi les Bretons de naissance ayant quitté la région, 22,2 % vivent en fait dans les Pays de la Loire – très probablement en Loire-Atlantique pour la plupart. L’Insee le signale d’ailleurs explicitement : « pour les personnes originaires du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine, la proximité de la Loire-Atlantique favorise les installations hors région ».

Quant aux personnes qui vivent en Bretagne sans y être nées, 53 % sont soit enfants soit conjoints de Bretons. Beaucoup viennent en outre des Pays de la Loire.