Interview de Nicolas Bay : « Marine Le Pen incarne une réelle alternative »

Interview de Nicolas Bay : « Marine Le Pen incarne une réelle alternative »

[box class=”info”] A l’occasion de la venue de Marine Le Pen dimanche à Bordeaux, Nicolas Bay a accordé un entretien à Infos Bordeaux. Porte-parole de la candidate à l’élection présidentielle, celui qui est « conseiller sur les questions d’immigration » livre son point de vue sur ce début de campagne. [/box]

Infos Bordeaux : Quelle est votre réaction aux derniers sondages donnant Marine Le Pen aux alentours de 20% ?

Nicolas Bay : Quand on analyse avec précision les sondages d’intentions de vote depuis 1 an, il apparaît que Marine Le Pen est en hausse constante avec des pics lors des périodes de forte médiatisation. Après une phase de consolidation ces derniers mois, on observe une nouvelle hausse récente depuis que Marine Le Pen a présenté son projet ainsi que le chiffrage de celui-ci, aucun de ses concurrents n’osant se livrer à cet exercice de crédibilité et de transparence. Marine a une longueur d’avance certaine sur ses adversaires et incarne une voie réellement alternative aux ornières dans lesquelles l’UMP et le PS ont conduit la France et les Français depuis 30 ans. Plus que jamais, nous pouvons créer la surprise le 22 avril en arrivant en tête du 1er tour.

Quels sont les principales thématiques de sa campagne ?

N.B : L’actualité place la question des finances publiques et de l’économie en sujet principal de la campagne électorale. Et deux visions s’opposent clairement : celle de Hollande-Sarkozy et Bayrou qui sont mondialistes, qui souhaitent encore plus de fédéralisme européen et qui refusent de protéger notre économie, nos emplois et nos travailleurs. De l’autre, celle de Marine Le Pen qui souhaite mettre fin au système mortifère du libre-échange de la disparition des frontières, en rétablissant un état fort, stratège et protecteur.

Les plans de rigueur imposés aux Français pour sauver l’euro et les banquiers ne sont plus supportables alors que notre pays compte de près de 5 millions de chômeurs et 8,2 millions de personnes (14% de la population française) qui vivent en dessous du seuil de pauvreté !

Mais d’autres thèmes vont bien sûr être abordés au cours de la campagne. L’immigration reste un problème grave et, dans ce domaine, l’échec de Sarkozy est patent : 200 000 titres de séjour délivrés chaque année (120 000 sous Jospin entre 1997 et 2002). S’agissant de l’insécurité, la situation continue de s’aggraver avec 45% de hausse des atteintes aux personnes depuis 9 ans. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant puisque le gouvernement UMP a supprimé 3000 postes de policiers et gendarmes chaque année depuis 5 ans…

Pensez-vous que Nicolas Sarkozy puisse relancer une dynamique lors de cette campagne présidentielle ?

N.B : Sarkozy avait utilisé les idées du Front National pour se faire élire en 2007. Mais les promesses n’ont pas été tenues. Non seulement, il n’a pas fait ce qu’il avait promis, mais il a souvent faire le contraire ! Beaucoup de Français avaient été dupés. Ils ont cru en Sarkozy, pensant qu’il incarnerait la fameuse « rupture ».

Aujourd’hui, la déception est à la mesure de l’espoir qu’il avait suscité : immense ! Dans ces conditions, et sans sous-estimer son habileté, il m’apparaît difficile pour Sarkozy de créer une dynamique autour de sa candidature.

Vous êtes « conseiller sur les questions d’immigration » de Marine Le Pen. L’inversion des flux migratoires est-elle toujours d’actualité ?

N.B : La France subit une immigration massive et incontrôlée. Il est urgent en effet d’inverser la tendance. Voici les principales mesures que Marine Le Pen souhaite mettre en œuvre :

Réduction en 5 ans de l’immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an (division par 20).

Suppression du regroupement familial.

Réduction drastique du nombre de demandeurs d’asile admis à rester en France.

Remise en cause des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes : la France reprendra le contrôle de ses frontières.

Réduire la durée maximale de la carte de séjour de 10 ans actuellement à 3 ans renouvelable avec un strict contrôle des conditions d’obtention.

Suppression du droit du sol et réforme en profondeur du code de la nationalité française afin que l’acquisition de la nationalité ne soit plus une simple formalité administrative.

Expulsion systématique de toute personne qui entre ou se maintient illégalement sur le territoire national.

Suppression des pompes aspirantes de l’immigration clandestine, telle que l’Aide Médicale d’Etat, réservée aux migrants clandestins.

Suppression, dans le droit français, de la possibilité de régulariser des clandestins.

Application de la priorité nationale pour l’emploi, le logement et les aides sociales.

Propos recueillis par Bertrand Lescure pour Infos Bordeaux

[box class=”info”] Source : Infos Bordeaux. [/box]