Les idées protectionnistes ne sont plus xénophobes

Les idées protectionnistes ne sont plus xénophobes

19/01/2012- 08h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Les théories protectionnistes ont le vent en poupe en ces heures de crise économique mondiale. Les lois du libre échange en vigueur depuis le début des années 80 vivent‑elles leurs derniers instants ? Dans leur livre « Inévitable protectionnisme », les journalistes Franck Dedieu, Benjamin Masse‑Stamberger et Adrien de Tricornot dénoncent les dérives d’un système économique à la renverse.

Rappelez-vous, les tenants du libre échange nous promettaient dans les années 80 que l’élévation planétaire du niveau de vie allait réduire l’écart des salaires. Les catégories de Français les moins qualifiés en concurrence directe avec les ouvriers chinois, expérimentent alors, en premier les vices du mondialisme sauvage.

De 1975 à 1990, l’écart salarial entre riches et pauvres diminuait de 4 %. Il ne diminue plus que de 2 % depuis le milieu des années 2000. La raison ? Les compagnies trouvent toujours un pays dont le coût de la main‑d’œuvre est moins onéreux. Les travailleurs chinois vivent dorénavant sous la menace d’une délocalisation vers un voisin plus pauvre comme le Vietnam, par exemple.

Or, le corps électoral français semble désormais réellement séduit par les thèses protectionnistes. Selon un sondage Ifop de juin 2011, une large majorité de sympathisants socialistes, UMP, Vert et Front national sont favorables aux barrières douanières aux frontières de l’Europe. Jusqu’à l’avènement de la crise mondiale, la quasi‑totalité du personnel politique avait du protectionnisme, un avis négatif. Et pourtant, notre seul Prix Nobel d’économie, Maurice Allais, défendait déjà son bien fondé. « La libération des échanges n’est possible, n’est avantageuse, n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux économiquement et politiquement associés, groupant des pays de développement économique comparable », déclarait-il en 1999 dans « La mondialisation ».