"Nicolas Sarkozy est le politique qui s'est le plus moqué de moi" : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

“Nicolas Sarkozy est le politique qui s’est le plus moqué de moi” : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

[box class=”info”] Alors que l’année 2011 s’achève, il nous paraissait intéressant de dresser un bilan de la lutte en faveur de la protection des animaux avec Brigitte Bardot, présidente de la fondation qui porte son nom.

C’est très rapidement et tout naturellement qu’elle a accepté de répondre aux questions de Novopress.

Un entretien sous forme de cri du cœur et de révolte face à la passivité du gouvernement français en matière de protection animale, notamment concernant l’abattage rituel.[/box]

 

1 – Novopress – Madame Bardot, quel bilan tirez vous de cette année 2011 en ce qui concerne la condition animale et les maltraitances qui leur sont faites ?

BB – En France, les animaux sont toujours considérés comme de la bouffe, des objets, des cobayes, alors rien ne bouge et rien ne bougera tant que nous n’aurons pas pris conscience qu’ils sont des êtres sensibles. L’homme se dit supérieur aux autres espèces animales alors cela devrait lui donner une responsabilité supérieure mais c’est tout le contraire. 2011, ne m’a pas apporté beaucoup d’espoir mais il y a eu la présentation du « Brigitte Bardot », fleuron de la flotte Sea Shepherd qui se trouve, actuellement, en Antarctique pour combattre les baleiniers japonais. L’autre bonne nouvelle c’est la fermeture effective des frontières européennes aux produits issus de la chasse aux phoques. Les autorités canadiennes annonçaient l’abattage de 400 000 phoques cette année, il y en a eu moins de 40 000 en fait puisque le marché européen ne leur est plus ouvert.

2 – Vous avez félicité récemment Vladimir Poutine pour son action de protection des phoques notamment. Estimez vous que la France a un grave retard en ce qui concerne la protection animale ?

BB – Si j’ai félicité Vladimir Poutine c’est justement parce qu’il vient de mettre à mort l’industrie de la chasse aux phoques. Il fallait que cela se sache et mon intervention a eu un écho formidable au Canada alors j’espère que cela découragera les chasseurs de partir semer la mort sur la banquise. En France nous avons une politique mollassonne, rétrograde lorsqu’il s’agit de défendre les animaux, j’ai honte de mon pays, honte d’obtenir des résultats à l’étranger mais pratiquement jamais ici.

3 – Les abattages rituels se multiplient en France et en Europe. Les Pays-Bas viennent de revenir sur l’interdiction qu’ils en avaient faite. Quelles actions envisagez-vous pour l’année 2012 afin de vous opposer à ce qui constitue à la fois une maltraitance envers les animaux et une modification profonde de nos traditions ?

BB – J’ai tout tenté pour m’opposer à ces abattages barbares, j’ai même été trainée devant les tribunaux et condamnée pour avoir dénoncé la cruauté de ces égorgements à vif. En France, nous n’avons pas le droit d’en parler alors qu’ils se sont généralisés. En Ile de France par exemple, 100 % des abattages se font sans étourdissement préalable. Cette viande est distribuée avec les certifications halal ou casher mais aussi vendue pour tous les consommateurs, sans étiquetage spécifique.

C’est scandaleux car les consommateurs sont pris en otage. D’après un rapport de l’INRA, les bovins peuvent mettre jusqu’à 14 minutes pour perdre conscience après avoir eu la gorge tranchée ! Quatorze minutes de souffrance extrême car la bête est suspendue, se retrouve sur la chaine de découpe alors qu’elle est toujours consciente, c’est une honte. En 1962 je me suis battue pour obtenir que les animaux soient étourdis avant d’être abattus, la réglementation française et européenne a imposé cet étourdissement préalable mais l’exception pour l’abattage rituel est devenue la règle générale en France. Alors je demande aux consommateurs de réagir, de ne plus consommer d’animaux pour ne plus être complices de cette horreur qui est le quotidien de nos abattoirs.

"Nicolas Sarkozy est le politique qui s'est le plus moqué de moi" : Entretien avec Brigitte Bardot [EXCLUSIF]

[box]Ci-dessus, affiche de plusieurs associations de défense des animaux et en particulier de la Fondation Brigitte Bardot que l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) a voulu interdire il y a un an. Pour plus de détails sur cette affaire voir http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/actu.php?id=40295. Cliquer sur l’image pour l’agrandir. [/box]

 

4 – Vous sentez vous écoutée par les politiciens français et notamment Nicolas Sarkozy ?

BB – Non, Nicolas Sarkozy est probablement le politique qui s’est le plus moqué de moi. Je l’ai rencontré à deux reprises, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur puis lorsqu’il a accédé à la présidence. Chaque fois il m’a fait la promesse d’imposer l’étourdissement des animaux avant leur saignée sans exception lors d’un abattage rituel… Il a fait exactement le contraire et ses ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur ont sabordé les projets européens allant vers une meilleure information des consommateurs. J’ai soutenu Nicolas Sarkozy car j’avais confiance en lui, maintenant que je connais mieux le personnage, je n’ai plus du tout confiance en lui et en sa politique.

5 – Les élections présidentielles approchent. Allez-vous tenter de peser sur le débat public ?

BB – Oui, ma Fondation interviendra auprès de tous les candidats pour leur présenter nos attentes et leur demander de se positionner. Nous participerons également à une grande marche unitaire, le 24 mars à Nîmes, pour interpeller publiquement les candidats.

6 – Comment faire pour les lecteurs qui souhaiteraient vous aider, rejoindre votre association ?

BB – Ce n’est pas difficile, ma Fondation ne vit que par la générosité de ses donateurs, avec mes coups de gueule à répétition contre le gouvernement vous imaginez bien que nous ne recevons aucune subvention, du reste nous n’en voulons pas, alors nous avons besoin du soutien le plus large pour pouvoir continuer le combat en toute liberté. Nous lancerons dans les prochains jours notre nouveau site internet où vous trouverez toutes les informations nécessaires pour mener, avec nous, le combat contre l’exploitation animale. En attendant, je souhaite, à vous et à vos lecteurs, une très belle Année 2012 !