Le chef de l’administration britannique s’interroge : le Royaume-Uni existera-t-il encore dans quelques années ?

Le chef de l’administration britannique s’interroge : le Royaume-Uni existera-t-il encore dans quelques années ?

29/12/2011 – 10h20
LONDRES (NOVOpress Breizh) – « Nous allons être confrontés, dans les prochaines années à venir, à d’énormes défis, tels que celui de préserver l’unité du Royaume-Uni ». Dans un article publié dans The Telegraph, Sir Gus O’Donnell, Secrétaire du Cabinet, se demande si l’Union sera en mesure de surmonter la pression en faveur d’une indépendance de l’Ecosse.

Sir Gus (photo), qui est à la tête de quelques 440.000 fonctionnaires en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles, affirme que l’avenir de l’Union sera l’un des « nombreux défis » que le monde politique britannique aura à surmonter au cours des années à venir. Les politiques et les hauts responsables de la fonction publique ont été clairement mis en garde par le Secrétaire du Cabinet qui va prendre sa retraite le 1er janvier prochain.

Dans cet article du Telegraph Sir Gus estime en outre que la Grande-Bretagne est également confrontée à d’autres défis majeurs, comme ceux d’une économie chancelante, ou encore d’une certaine routine que la fonction publique doit impérativement surmonter si elle veut aider la Grande-Bretagne à reprendre le chemin de la croissance.

Certains ministres conservateurs ont accusé les fonctionnaires d’entraver les politiques visant à redonner de l’élan à l’économie : « Il ne suffit plus désormais que la fonction publique se contente de répondre à un climat économique dégradé ; elle doit devenir un acteur majeur de la reprise et de la croissance. » Mr O’Donnell ajoute que les députés ont trop souvent tendance à promulguer des nouvelles lois pour traiter les problèmes, ce qui accroît la charge de travail des fonctionnaires. Il encourage les ministres et les hauts fonctionnaires à changer cette approche pour prendre davantage de risques, de façon à ce que les fonctionnaires puissent « tirer les leçons de leurs erreurs ». « Nous devons devenir plus créatifs et innovants dans la manière de résoudre les problèmes sans recourir sans cesse à la mise en place de nouvelles règles, » a-t-il ajouté.

Sir Gus considère que la principale réussite et la grande fierté de sa carrière longue de 32 ans a été, alors qu’il était au Trésor, d’avoir aidé la Grande-Bretagne à rester en dehors de l’euro, à l’encontre du souhait de Tony Blair qui était alors premier ministre. Et d’ajouter à ce propos : « Je suis fier de l’analyse approfondie, étayée de preuves, qui a été réalisée sous le dernier gouvernement, et qui a fait pencher la balance en faveur du choix de ne pas joindre l’euro. Sans cela, les difficultés actuelles seraient bien plus grandes.

Crédit photo : UK in Canada, via Flickr. Licence CC.