Pour Jean-Marc Ayrault « Noël » est-il un gros mot ?

Pour Jean-Marc Ayrault « Noël » est-il un gros mot ?

27/12/2011 – 14h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – « A toutes et à tous je souhaite de bonnes fêtes et une très belle année 2012, l’année du changement ». Le 23 décembre, sur son blog, Jean-Marc Ayrault a présenté ses vœux à ses concitoyens. Rien de plus normal en cette fin d’année, sauf que le maire de Nantes se garde bien de faire la moindre référence à la fête de Noël.

Cette disparition n’étonnera pas tous ceux qui ont constaté que les animations municipales de Noël, dans la cité des Ducs de Bretagne, ont supprimé quasiment tous les symboles traditionnels de cette fête – sapin, étoile, crèche, Père Noël et ses rennes – et ne sont plus que d’anonymes illuminations à l’image d’un centre commercial de la société marchande.

Fête chrétienne célébrant la naissance de Jésus de Nazareth, Noël est pourtant célébré depuis le IVe siècle chaque 25 décembre. On sait qu’avant l’apparition du christianisme cette date correspondait, dans la tradition européenne, aux fêtes païennes du solstice d’hiver. « Noël, fête de la mémoire, fête de la famille, fête du souvenir, fête de la foi et de l’espérance a traversé siècles et millénaires sans mourir », constate le philosophe Alain de Benoist*. Une fête profondément enracinée donc, pour les croyants comme pour les non-croyants, en particulier dans la culture des peuples d’Europe.

En s’abstenant de citer le mot de Noël, Jean-Marc Ayrault entend sans doute, en bon mondialiste, éviter tout vocable susceptible de heurter la « diversité » ou de troubler le « vivre ensemble ». Dans un pays « multiculturel », il est des références qu’il vaut mieux, selon lui, éviter. Alors quoi de plus « neutre », de plus « universel », que de souhaiter simplement « bonnes fêtes », sans plus de précision ? Etonnante évolution de la part de celui qui fut, durant son adolescence, militant du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne.

François Hollande, dont Jean-Marc Ayrault a été nommé récemment « conseiller spécial », n’a manifestement pas les mêmes pudeurs à l’égard des fêtes islamiques. «Ces jours-ci, nous célébrerons la grande fête de solidarité et de partage qu’est l’Aïd-al-Fitr. A l’issue du mois de jeûne du Ramadan, temps fort de joie, d’échange de vœux et de présents, elle illumine la vie et les demeures de millions de nos compatriotes de culture musulmane. Issue d’une longue tradition et porteuse de riches héritages culturels, par les valeurs qu’elle porte et l’idéal social qu’elle vise, elle s’inscrit pleinement dans cette démarche d’universalité », écrivait en septembre dernier le candidat socialiste à la présidentielle.

Aujourd’hui s’il est de bon ton, pour les hiérarques du PS, de rendre un hommage appuyé à l’Islam, évoquer le simple mot de Noël leur semble par contre incongru. « Le mot ‘ouvrier’ n’est pas un gros mot » aurait dit un jour Pierre Mauroy à Jospin. Il semble bien, pour Jean-Marc Ayrault, que celui de Noël en soit un.

* Fêter Noël, Editions Atlas 1982

Image en Une : La nativité, par G. de la Tour. Cliquer sur l’image pour la voir en entier.