A Quimper la langue bretonne ne manque pas d’avocats

A Quimper, la langue bretonne ne manque pas d’avocats

25/12/2011 – 19h00
QUIMPER (NOVOpress Breizh) –
« C’est la première signature de la charte dans le monde du droit. Un petit événement ». Lena Louarn, présidente de l’Office public de la langue bretonne a salué comme il convient la signature, le 21 décembre dernier, de la charte Ya d’ar brezhoneg par le barreau des avocats de Quimper.

La charte, établie en 2001 par l’Office public de la langue bretonne, vise à promouvoir et développer l’usage de la langue bretonne dans la vie quotidienne des habitants de la Bretagne historique. Outre les collectivités, les entreprises privées et les associations peuvent adhérer à celle-ci dans le but de favorise l’utilisation de la langue bretonne dans la vie courante des employés, des clients ou des membres de l’association.

Désormais les avocats de Quimper rédigeront en français et en breton leur papier à en-tête, leurs invitations et leurs cartes de vœux,  ainsi que la signalétique de la Maison des avocats. Le bâtonnier du barreau de Quimper, Jean-François Moalic, a indiqué à Ouest-France que « le barreau a souhaité faire un geste fort. On souhaite contribuer, sans doute modestement, à promouvoir la langue bretonne ». Un membre du barreau, qui a fait part de son intention d’installer une signalétique en breton dans son cabinet, ne cache pas son intention de pouvoir à l’avenir  accueillir sa clientèle en breton.

Le français étant la seule langue autorisée devant les tribunaux, ce n’est cependant pas demain que les avocats pourront plaider en langue bretonne. Des plaideurs peuvent toutefois s’exprimer en breton, par le truchement d’un interprète, sous réserve que leur demande soit acceptée par le président d’audience, ce qui n’est pas toujours le cas.

Devant certains magistrats, en effet, la langue bretonne n’est pas toujours la bienvenue. On se souvient qu’en mars dernier, lors du procès de deux jeunes militants du collectif « 44=BZH » devant la cour d’appel de Rennes, le président de chambre Pierre Dillange avait sèchement renvoyé un témoin qui voulait s’exprimer en breton. « Votre audition est terminée. Je ne comprends pas le baragouin », avait déclaré le magistrat…

Ackles29 licence CC