Peugeot Citroën : avis de tempête sur l’emploi

Peugeot Citroën : avis de tempête sur l’emploi

16/12/2011 – 18h40
RENNES (NOVOpress Breizh) – Le groupe PSA Peugeot Citroën a confirmé, lors du CCE qui s’est tenu hier, la suppression de 1.900 postes en France en 2012. Sur fond de mondialisation et de guerre des prix à laquelle se livrent les constructeurs automobiles en Europe, le désarroi des salariés face à l’implacable logique du « doux commerce ».

196 emplois vont ainsi être supprimés sur le site d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) – 3.600 salariés – et 347 sur celui de Sochaux. Le site de Rennes-La Janais, qui produit la C5 et la 508, va enregistrer la perte de 147 emplois dans le secteur de la production et 79 en recherche/développement. En trois ans l’usine d’Ille-et-Vilaine aura perdu 1.750 postes, passant de 8.000 à moins de 6.000 salariés. Témoin de l’impuissance des politiques, Daniel Delaveau, maire de Rennes (PS), affirme dans un communiqué « partager l’inquiétude des salariés et de leurs familles en cette période de fêtes. »

A Vélizy/Meudon, en région parisienne, le plan de PSA prévoit la disparition de 139 postes en recherche/développement et 400 dans d’autres directions (marketing, DRH, etc.), principalement à Poissy et à Paris. Toujours en France, 2.400 emplois vont être supprimés chez des prestataires extérieurs au groupe et 800 intérimaires verront leur contrat prendre fin avant la fin de cette année.

Alors que le chiffre d’affaires du groupe est en hausse de 3,5 %, à 13,45 milliards pour le troisième trimestre 2011, Philippe Varin, le PDG de PSA, met en avant, pour justifier les mesures annoncées, une perte de compétitivité concernant les petits modèles fabriqués en France. Les suppressions d’emplois qui viennent d’être annoncées entrent dans le cadre d’un plan de réductions des coûts de 800 millions d’euros en 2012.

Si le groupe a indiqué à plusieurs reprises que la fermeture d’Aulnay (3.440 salariés) n’était « pas d’actualité » et que la C3 y serait produite jusqu’en 2014, l’incertitude demeure malgré tout quant à la poursuite de l’activité de ce site au-delà de cette date. Selon un responsable syndical cité par Le Monde (15/12/2011) « des groupes comme Peugeot ou Renault se servent de la crise pour accélérer leur restructuration. La raison de ce plan n’est absolument pas économique, ni sociale, ni de marché, c’est une raison purement financière. »

Les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD, SIA et CFE-CGC ont adressé hier au Président de la Républiqueune lettre – avec copie à François Hollande – par laquelle ils lui demandent d’intervenir « pour que puisse se tenir une réunion tripartite Etat-PSA-syndicats dans le but d’aboutir à un accord, garanti par l’Etat, assurant le maintien de tous les emplois sur le site d’Aulnay, au moins jusqu’en 2016 ».

Une démarche qui témoigne de leur part d’une étonnante naïveté. Sauf à changer radicalement d’orientation politique, on voit mal en effet ce que Nicolas Sarkozy ou François Hollande, mondialistes convaincus, pourrait faire dans un domaine qui relève de la pratique habituelle du « doux commerce ». Une pratique dont on sait qu’elle n’a pas pour habitude de s’embarrasser ni de l’avenir des entreprises françaises, ni du sort de leurs salariés.

Photo : Centre de recherche PSA, La Garenne-Colombes. Crédit : Anakin732, licence CC.