Rome : La répression se déchaîne contre CasaPound

Rome : La répression se déchaîne contre CasaPound

02/12/2011 – 13h00
ROME (NOVOpress) — Est-ce une réaction à la manifestation nationale de CasaPound à Naples, samedi dernier (photo), contre la mainmise de la finance mondialiste sur l’Italie ? La répression se durcit en tout cas contre les militants de l’Estremo Centro Alto.

Mercredi, CasaPound a tenté d’occuper à nouveau l’ancienne « Casa Italia Parioli » de Rome (une occupation non conforme évacuée en 2004), avec les vingt familles en situation de grande précarité qui avaient été expulsées à l’époque et qui, sept ans plus tard, n’ont toujours pas été relogées, tandis que l’immeuble, qui avait été au cœur d’une escroquerie immobilière, reste vide. La police est immédiatement intervenue en masse et, sans aucune tentative de négociation, a expulsé les occupants, parmi lesquels des personnes handicapées, en les soulevant sans ménagement par les bras et les jambes et en les jetant à la rue. Des contrôles d’identité ont été effectués. Comme le note ironiquement un militant présent sur place, « au vu de l’ampleur du déploiement des forces de l’ordre, je pense que la criminalité romaine, grande et petite, a eu une journée pleine de satisfactions ».

Peu après, Alberto Palladino, dit « Zippo », représentant du Blocco studentesco et responsable de CasaPound Italia dans le IVe arrondissement de Rome, a été arrêté et placé en garde à vue pour répondre des accusations de lésions aggravées et violences avec armes, à la suite d’une agression subie le 3 novembre dernier par des militants du Partito Democratico (gauche). L’interrogatoire judiciaire a été fixé au lundi 5 décembre, c’est-à-dire à la date la plus éloignée permise par la législation.

Nessun Dolore

Nessun Dolore

L’avocat de Zippo, Domenico Di Tullio, a demandé sa mise en liberté en relevant que l’accusation « ne tient pas debout » et est en totale contradiction avec la personnalité du jeune homme, au casier judiciaire vierge, « étudiant à l’université, parfaitement intégré dans la société, troisième d’une famille de cinq enfants, avec un père médecin et une mère employée ». L’accusation est en outre absurde puisque Palladino est censé avoir été le seul, dans une bande de 15 agresseurs, à agir à visage découvert, ce qui aurait permis son identification. La réalité retrouve la fiction puisque Domenico Di Tullio s’est fait un nom dans la littérature italienne avec son magnifique roman, Nessun Dolore (qui vient d’être traduit en français), dont l’intrigue tourne précisément autour de l’arrestation d’un jeune militant de CasaPound.

Dans un communiqué, Gianluca Iannone, président de CasaPound Italia, a souligné de son côté que l’arrestation s’était faite exclusivement sur la base des déclarations de trois des victimes, qui n’ont été confirmées par aucun indice matériel. Les « bâtons ferrés » censés avoir été utilisés par Palladino n’ont pas été retrouvés par les carabiniers, qui sont pourtant intervenus sur les lieux, mais leur ont été remis le lendemain par le principal accusateur, Paolo Marchionne, responsable du Partito Democratico du IVe arrondissement, avec des tracts de CasaPound, qui, selon lui, démontreraient la présence de militants de l’association sur les lieux. Palladino a été identifié sur la base d’un fascicule photographique où ne figuraient que des représentants du Blocco studentesco, dont aucun ne lui ressemblait, contrairement à la pratique ordinaire. Toute l’accusation repose donc sur le témoignage d’ennemis politiques de CasaPound, qui se sont signalés dans le passé par des actes de violence et d’intimidation à l’encontre du mouvement et de Palladino lui-même. Il y a quelques mois, rappelle Gianluca Iannone, une bombe artisanale avait explosé contre le portail de l’immeuble dans lequel vit la famille de Zippo, et une inscription menaçante le désignant par son nom avait été tracée sur la façade : les coupables n’ont jamais été retrouvés. Enfin, le jeune étudiant a été accusé d’avoir pris la fuite alors qu’il était parti pour une mission humanitaire prévue de longue date en Birmanie, comme volontaire de l’association Popoli, qui vient en aide au peuple Karen persécuté par la dictature. C’est à son retour de mission humanitaire qu’il a été arrêté.

Les militants de la droite radicale italienne avaient joui ces dernières années d’une relative liberté, au moins par rapport à la France. Le système mondialiste, qui joue le tout pour le tout, paraît désormais déterminé à les écraser. Comme tout ce qui lui résiste.