Notre-Dame-des-Landes et EPR : les Verts capitulent en rase campagne (électorale)

Notre-Dame-des-Landes et EPR : les Verts capitulent en rase campagne (électorale)

17/11/2011 – 08h00 NANTES
(NOVOpress Breizh) – Alors qu’ils avaient toujours déclaré que l’abandon du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) était – avec l’abandon de la filière nucléaire – une condition incontournable pour qu’un accord soit conclu avec le PS, les dirigeants d’Europe Ecologie Les Verts ont signé hier un accord électoral avec les socialistes. Mettant soigneusement de côté leurs « convictions » en échange de l’assurance de disposer d’un groupe de députés à l’Assemblée nationale.

« Si le PS maintient ce projet et passe en force, l’état de grâce est terminé avant d’avoir commencé. On ira partout à la bataille, au rapport de forces, et le PS risque d’avoir des surprises. Il fait une erreur. » Présent à Paris samedi dernier lors de la manifestation organisée contre le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le député européen (EELV) José Bové était formel. Autant que la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot et la candidate à la présidentielle Eva Joly qui avaient affirmé en juillet dernier, lors d’une manifestation sur le site, que l’abandon du projet Notre-Dame des Landes était une condition « incontournable » de l’accord avec le PS.

Hier, après six mois de négociations, un « accord politique de majorité » a finalement été validé par Martine Aubry et Cécile Duflot (photo). Si cet accord prévoit théoriquement la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique de 75 % à 50 % à l’horizon 2025, pour le reste il se contente de belles formules, comme celle sur la nécessité de « reprendre la main sur le système bancaire », celle « d’imaginer un nouveau modèle de développement économique, social et écologique » ou encore de « bâtir une République nouvelle », ce qui à l’évidence ne mange pas de pain.

Par contre aucun terrain d’entente n’a pu être trouvé entre les deux formations sur les deux sujets considérés pourtant comme essentiels par les Verts : la poursuite de la construction de l’EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville et la réalisation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une capitulation en rase campagne d’EELV, en échange de l’assurance d’obtenir un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale – et les avantages y afférents – quelle que soit l’issue des élections.

« Ce n’est pas un accord de compromis, c’est un accord de conviction », a déclaré sans rire Martine Aubry. « Nous avons été capables de constater qu’il était vain de chercher un compromis trop éloigné de ce que les uns et les autres pensaient sur le sujet (sic) », a précisé de son côté Cécile Duflot, montrant une fois de plus, s’il en était besoin, des qualités de politicienne aux convictions à géométrie très variable mais aux ambitions bien établies – l’accord devrait lui permettre en effet de devenir député de Paris.

Noël Mamère a évoqué pour sa part « un accord technique de basse intensité ». Un humour (noir) que les opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes ne manqueront certainement pas d’apprécier.

Crédit photo : Marie-Lan Nguyen Licence CC