Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume – De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

Kosovo, Loups dans la brume - De Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano

En 2010 sortait l’ouvrage “Lupi nella nebbia. Kosovo: l’Onu ostaggio di mafie e Usa” (Loups dans la brume. Kosovo : l’ONU otage de maffias et USA), un excellent ouvrage de deux grands journalistes italiens. On y suit les traces des deux reporters au Kosovo, qui grâce à leur expérience sur place, mais surtout à l’analyse de documents officiels (reproduits dans le livre ) en arrivent à une thèse sans appel : le Kosovo est volontairement laissé dans le chaos, car cette déstabilisation lui permet d’être « un des foyers les plus importants pour le trafic d’armes, de drogue, d’organes d’êtres humains ».

Pour Giuseppe Ciulla et Vittorio Romano, les auteurs de ces trafics en tous genres ne sont autres que… les plus hautes personnalités politiques actuelles du Kosovo. Preuves à l’appui, les journalistes retracent les méfaits de ces anciens membres de l’UCK, l’organisation terroriste narcotrafiquante qui grâce à la guerre des Nations Unies et son administration a mis les mains sur le pays.

Parlementaires, ministres, maires, ont les mains recouvertes du sang de civils serbes, albanais pacifistes, mais aussi témoins gênants. Ils ont participé physiquement à tortures, assassinats, ou encore exportations d’organes d’êtres humains, cela pendant des années d’administration internationale et jouissant ainsi d’une impunité totale.

«Vous voulez savoir pourquoi ni l’ONU ni l’Union Européenne ne peuvent arrêter les vrais criminels au Kosovo ? La réponse est très simple : car ils devraient envoyer en prison tous les principaux leaders kosovars, les ex-guerriers de l’UCK auxquels l’ONU elle-même a confié de gouverner le pays. Ils ne peuvent pas arrêter leurs “partners”… »

La présence internationale et la déclaration d’indépendance n’ont pas amené bonheur et prospérité, mais misère et criminalité. Dont les premiers à faire les frais sont les serbes enfermés dans leurs enclaves.

Une seule petite remontrance cependant à faire au livre : l’emploi du terme « kosovars» pour identifier les albanais résidents au Kosovo. Bien qu’utilisé sans arrière-pensées par les auteurs, rappelons que ce fut une « tactique sémantique » pour justifier l’indépendance, faisant passer les albanais pour les habitants légitimes de la région, au grand dam des serbes.

Audrey d’Aguanno