Aïd : l’imam de Saint-Brieuc verrait bien les abattoirs ouvrir le dimanche

Aïd : l’imam de Saint-Brieuc verrait bien les abattoirs ouvrir le dimanche

08/11/2011 – 18h00
SAINT-BRIEUC (NOVOpress Breizh) – Cette année l’Aïd al Adha, l’une des fêtes musulmanes les plus importantes, tombait un dimanche. Un jour où les abattoirs sont fermés. Une situation que déplore, dans un entretien accordé au Télégramme, Taïcha Ben Taleb, l’imam de Saint-Brieuc.

L’Aïd al-Adha (« la fête du sacrifice « ), appelé aussi Aïd al-Kabïr (« la grande fête ») commémore la soumission d’Abraham à Dieu, symbolisée par l’épisode où il acceptait d’égorger son fils sur l’ordre de Dieu, celui-ci envoyant au dernier moment un mouton par l’entremise de l’archange Gabriel pour remplacer l’enfant comme offrande sacrificielle. En souvenir de cet épisode, les familles musulmanes sacrifient un animal, le plus souvent un mouton ou un bélier, en l’égorgeant, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque, après la prière et le sermon de l’Aïd.

L’abattage privé étant interdit en France, se sont les abattoirs qui procèdent à cette opération. « Le gros souci, c’est que l’abattoir de Quintin, avec lequel la population musulmane travaille tout au long de l’année, n’a pas souhaité ouvrir le dimanche. Je comprends parfaitement que les salariés se reposent le dimanche, le problème c’est que nous n’avons pas eu le choix et que nous n’avions pas d’autres solutions » reconnait l’imam, qui admet implicitement que des abattages sauvages ont été pratiqués par la communauté musulmane, malgré l’interdiction rappelée par la préfecture.

Manifestement, la loi républicaine a ses limites : celles imposées par la Charia. Les consommateurs de viande provenant d’un abattage clandestin sont passibles de peines d’amendes d’un montant maximum de 1 500 euros et de 3 000 euros en cas de récidive, mais il est peu probable que le parquet de Saint-Brieuc décide d’engager des poursuites.

« J’espère que l’on va travailler dès maintenant avec la préfecture pour trouver une solution pour 2012. Plusieurs choses peuvent être imaginées : on peut se tourner vers un autre abattoir. Certains fidèles ont également dit que la préfecture aurait dû obliger l’abattoir à ouvrir le dimanche » conclut Taïcha Ben Taleb, qui, tout en affirmant « comprendre » ( ?) que les salariés soient attachés au repos dominical, verrait bien l’Etat se soumettre à l’Islam en imposant l’ouverture des abattoirs le dimanche pour cause d’Aïd. Sans doute ce qu’on appelle une conception « républicaine » de l’Islam. Qui ne s’embarrasse pas du principe de laïcité.

Crédit photo : Père Igor Licence CC