Philippe Poutou chez Ruquier : Des débuts bien peu prometteurs

Philippe Poutou chez Ruquier : des débuts bien peu prometteurs

01/11/2011 – 12h00
BORDEAUX (via Info Bordeaux) –
Le girondin Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, était l’invité de l’émission de Laurent Ruquier, « On n’est pas couché », samedi 29 octobre sur France 2. Pour sa première grande télévision, le bilan est pour le moins… mitigé.

Après avoir subi l’humour (pas bien drôle, il faut le dire) de l’animateur et de ses invités, Philippe Poutou a répondu aux questions avec autant d’aplomb que de contradictions, et des arguments pour le moins discutables.

Candidat propulsé, incarnant son parti à son corps défendant, adepte des mesures autoritaires mais prônant la prise de décision collective pour « faire entendre la voix des salariés et des opprimés », il déclare néanmoins « je n’ai pas envie d’être populaire ». Et le moins que l’on puisse dire, est qu’il ne fait rien pour. Il est loin, le temps où Olivier Besancenot, habile rhéteur, était capable de transformer les vieilles lunes révolutionnaires en produits marketing presque sexys.

Combinant tant bien que mal un radicalisme d’opérette et un amateurisme atterrant, Poutou enchaîne les aberrations sous le regard, mi-amusé, mi-consterné des personnes présentes sur le plateau : arrêter le paiement de la dette (« y’en a qui appelle ça un moratoire »), « tout inverser », « prendre le contrôle » de toute « l’Europe des capitalistes » en « foutant en l’air » le système, sortie du nucléaire en 10 ans (sans proposer de source d’énergie alternative), interdiction des licenciements, régularisations massives et droit de vote des étrangers… Bref, le candidat du NPA s’est montré grand pourfendeur du réalisme, défendu en l’occurrence (cruel destin) par Audrey Pulvar, la compagne d’Arnaud Montebourg…

Le coup de grâce est asséné à un Poutou hagard par le philosophe d’extrême gauche Michel Onfray qui, d’un ton paternaliste, relève l’indigence du discours du NPA, qualifié de « désespoir » des travailleurs. Pas sûr qu’avec un tel lancement, la campagne du groupuscule d’extrême gauche aille jusqu’au bout. Mais qui s’en soucie encore ?

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