Elisabeth Sabaditsch-Wolff a été condamnée pour blasphème

Elisabeth Sabaditsch-Wolff a été condamnée pour blasphème

A l’heure où la christianophobie prospère sur le terreau de l’obscurantisme nihiliste et de la lâcheté objectivant les limites “extensibles” de liberté d’expression, il importe de revenir sur le procès d’Elisabeth Sabaditsch-Wolff.

En février dernier, une jeune viennoise, Elisabeth Sabaditsch-Wolff (photo), a été reconnue coupable en vertu de l’article 283 du code pénal autrichien d’avoir dénigré des enseignements religieux. Sa faute ? Avoir émis des commentaires critiques sur l’islam lors d’une conférence où elle est intervenue dans le cadre de l’assemblée d’un parti politique à Vienne. Cette fille de diplomate qui a vécu et travaillé pendant plusieurs années dans divers pays musulmans du Moyen-Orient a pu se rendre-compte au quotidien de la pratique de l’Islam. Elle a notamment témoigné selon elle « du traitement des femmes et de la pratique du djihad en Iran, en Libye et dans d’autres pays où elle a vécu ».

Si le tribunal a jugé que la liberté d’expression la protégeait des accusations de discours de haine, il a en revanche estimé que « Mahomet n’était pas un pédophile et que prétendre le contraire est un délit pénal ». Affirmer que Mahomet était un « pédophile » (il a consommé son mariage avec une de ses nombreuses épouses, Aïcha, quand elle avait 9 ans) relève de la diffamation pour le tribunal qui a motivé sa décision par le fait que « l’épouse du prophète enfant au moment du mariage était toujours son épouse lorsqu’elle a eu 18 ans ». Enregistrés à son insu, les propos de Mme Sabaditsch-Wolff avaient été ensuite publiés par un grand hebdomadaire autrichien. Condamnée au paiement d’une amende de 480 euros, Elisabeth Sabaditsch-Wolff a fait appel de cette décision.

Cette condamnation démontre bel et bien la conjugaison au sein des pays européens de deux phénomènes qui s’auto-alimentent lorsque l’Islam rejoint les débats. D’un coté le spectre des délits pour islamophobie ne cesse de s’agrandir, de l’autre la liberté d’expression au sujet de cette religion se rétrécit considérablement. Un constat d’autant plus fâcheux dans une Europe dont l’essence réside dans la faculté même de pouvoir s’exprimer librement dans un cadre respectueux. Mais une censure alimentée par le conformisme ambiant et la peur font peser un lourd tribut à ceux qui franchissent le Rubicon.

Et ce nouveau procès en Islamophobie qui a eu lieu en février dernier apporte une nouvelle fois de l’eau au moulin des véritables défenseurs de la liberté d’expression qui, il est vrai, ne représentent plus grand monde lorsqu’il s’agit de critiquer de manière constructive l’Islam. Un délit de blasphème qui n’émeut pourtant pas les juges des pays européens alors que ne se passe pas une semaine sans que la religion catholique soit trainée dans la boue.

[box] Photo : Elisabeth Sabaditsch-Wolff aux Assises sur l’islamisation de l’Europe, Paris 18 décembre 2010. [/box]