Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

29/10/2011 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Nouvel épisode dans le feuilleton de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Commandé par des élus opposés à celui-ci, un rapport a été rendu public mercredi, mettant en cause l’opportunité économique du projet. De quoi relancer la polémique entre l’oligarchie socialiste locale et ses alliés d’Europe Écologie Les Verts (EELV).

Commandée par le CéDpa (Collectif des élu-e-s qui Doutent de la pertinence de l’aéroport) l’étude, réalisée par le cabinet néerlandais CE-Delft – auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres – reprend « point par point » le travail effectué il y a 5 ans par l’État pour le dossier d’enquête publique. Mais ses conclusions ne sont pas les mêmes.

Alors que les prévisions de l’Etat mettaient en avant, à un horizon de 25 ans, des bénéfices globaux pour la société d’environ 500 millions d’euros, le rapport établi par CE-Delft prévoit lui des pertes estimées entre 100 millions et 600 millions d’euros. « Un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été proposé parce que l’aéroport de Nantes Atlantique aurait été près d’atteindre sa capacité maximum (…) et nous avons trouvé qu’il pourrait se passer beaucoup de temps avant que la capacité maximum soit atteinte » affirme Jasper Faber, expert du cabinet hollandais.

Selon le cabinet hollandais, l’étude réalisée par l’État s’était en outre appuyée sur des prévisions de prix du pétrole très inférieures à la réalité actuelle ainsi que des évaluations de croissance économique très optimistes. Elle a aussi ignoré les éventuels dépassements des coûts de construction, le prix de la liaison tram-train et la prise en compte du problème de l’eau dans un secteur exposé au risque d’inondations. L’Etat n’a pas évoqué non plus la question de la démolition de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique.

« Le rapport de l’État était pipeauté, il faut se remettre autour d’une table et abroger la déclaration d’utilité publique du projet », a estimé le nouveau sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec (EELV). Une prise de position qui n’a pas été appréciée par le patron des socialistes de la région.

Le sénateur Dantec : un "hypocrite", selon Jean-Marc Ayrault

Dans un entretien accordé à l’AFP, Jean-Marc Ayrault fait remarquer que « Ronan Dantec était très silencieux sur son opposition à l’aéroport jusqu’à son élection ». Dénonçant « l’hypocrisie des écologistes », le maire de Nantes ajoute : « Quand ils négocient des places sur les listes, ils n’ont pas d’état d’âme ». Ambiance.

Piqué au vif, le sénateur Dantec a répondu hier que la liste d’union des socialistes et des écologistes aux sénatoriales n’avait pas de position sur l’aéroport. « Yannick Vaugrenard, tête de liste, expliquait aux réunions publiques qu’au lendemain des élections les pro et anti aéroports continueraient à défendre leurs convictions » précise-t-il.

Il est vrai que depuis toujours socialistes et « écologistes » ont su taire leurs divergences à la veille des échéances électorales. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est certes une question importante, mais pas au point d’envisager un divorce électoral. « Si Jean-Marc Ayrault avait préféré au moment des sénatoriales qu’il n’y ait pas d’accord entre les socialistes et les écologistes, le président du Sénat serait toujours Gérard Larcher, a rappelé Ronan Dantec, heureusement pour nous, Europe Écologie-Les Verts ont fait de la défaite de Sarkozy une priorité. » Tout est dit.

[box]Photo : Aéroport Nantes Atlantique. Crédit : Deepakp7 via Wikipedia. Domaine public.[/box]