Entretien avec Fabrice Robert : “Les Identitaires ont un rôle historique à jouer”

Entretien avec Fabrice Robert : “Les Identitaires ont un rôle historique à jouer”

[box class=”info”] A la suite de la publication par le Bloc Identitaire du résultat  de la consultation de ses adhérents sur la position à avoir dans l’élection présidentielle 2012, Fabrice Robert (photo), président du Bloc identitaire, a accordé cet entretien à Novopress : [/box]

Novopress – Le Bloc identitaire vient d’achever sa consultation interne de ses militants sur la position à adopter au cours des prochaines élections présidentielles. Quel a été le choix des identitaires ?

F. R. – Pour commencer, j’aimerais rappeler qu’il s’agit d’un exercice inédit qui démontre une certaine maturité du mouvement identitaire. En décidant de consulter les acteurs du mouvement plutôt que d’imposer une orientation, la direction du Bloc identitaire a prouvé, à la fois, son respect pour les militants et sa volonté de faire vivre une réelle démocratie interne.

Ceci étant dit, certains se sont demandés si cette consultation était nécessaire. Je répondrais qu’après le galop d’essai réussi de notre candidat identitaire – Arnaud Gouillon – à la présidentielle 2012, il me paraissait logique que le mouvement se positionne sur un rendez-vous électoral qui passionne des millions de Français.

Permettez-moi d’insister sur cette recherche de parrainages. Avec des moyens matériels très faibles, vingt fois moins que des partis bien plus riches que nous, avec une équipe réduite, à peine trois personnes, et au cours de seulement quelques mois, nous avons décroché pas moins de soixante-seize signatures. Un bel exploit qui s’explique par l’écho très favorable rencontré par notre candidat auprès des élus de la France profonde.

Nous avions montré un certain intérêt pour cette présidentielle et – une fois acté le retrait de notre candidat -, il aurait fallu que nous fassions la politique de l’autruche ?

Comme vous le savez, le mouvement identitaire s’est donc finalement exprimé, à une large majorité (63%), pour l’absence de consigne de vote. A quoi bon diront alors certains ? Bien au contraire, à travers ce choix, nos cadres et adhérents ont clairement signifié qu’ils tenaient à la spécificité du mouvement identitaire. Le vote personnel est une chose, la position officielle du mouvement en est une autre.

Nous l’avions écrit. Le courant identitaire ne se reconnaît dans aucun des partis politiques importants de ce pays. Certes, il peut partager avec certains d’entre eux, ponctuellement, une analyse, un constat, une réaction. Mais, structurellement, dans son ADN politique, le mouvement identitaire est autre.

Nous sommes bien les seuls aujourd’hui à défendre l’attachement à la triple appartenance région/nation/Europe et à un projet de société promouvant localisme, fédéralisme, démocratie et écologie. Nous sommes bien les seuls à combattre toute logique abusivement intégrationniste ou faussement assimilatrice tout en défendant une vision ethno-culturelle de l’identité.

Pour être franc, je pense que cette élection ne changera, au final, pas grand chose. L’élection présidentielle sera au coeur de l’actualité jusqu’en mai prochain. Puis, les législatives passées, ce sera la fin pour cinq ans de cette télé réalité politicienne où ne gagnent jamais que les favoris de la production.

 

Novopress – Le mouvement Nissa Rebela, associé au Bloc identitaire, a conduit sa propre consultation qui a donné des résultats inverses de ceux du Bloc identitaire. Pensez-vous que ces positions soient conciliables ?

F. R. – Les Identitaires ne sont pas des dogmatiques mais des pragmatiques. Nous refusons toute attitude qui pourrait être assimilée à du sectarisme. Dans un passé assez proche, nous n’avons pas hésité à susciter des alliances ou ententes ponctuelles avec des structures très éloignées de nous sur certains points pour faire avancer les choses. Je pense, par exemple, aux discussions avec certains députés de la Droite populaire qui ont appuyé notre mobilisation en faveur de René Galinier, ce papy jeté en prison sans pitié pour avoir tiré sur des cambrioleurs étrangers. Je pense également à notre collaboration avec Riposte Laïque qui a permis le formidable succès des Assises sur l’islamisation.

Concernant Nissa Rebela et son appel à soutenir Marine Le Pen, je dirais simplement que le contexte local peut favoriser les conditions d’une alliance ponctuelle des patriotes pour faire face à Estrosi, l’actuel maire de Nice. Si cette alliance locale peut permettre aux identitaires de faire entendre leur voix et de peser localement, pourquoi pas ? Mais il convient de bien distinguer une situation très locale des orientations stratégiques du mouvement au niveau national. Le Bloc identitaire doit faire preuve de souplesse et savoir s’adapter en fonction des circonstances.

Enfin, il me semble utile de préciser que nous ne considérons pas le Front national et Marine Le Pen comme des ennemis. Nous sommes simplement des objets politiques différents. Nous n’agissons pas sur les mêmes fronts et nos idées sont parfois très divergentes.

Soyons souples mais restons nous-mêmes. Ce que je veux aujourd’hui, c’est réunir toutes les conditions pour assurer le développement du Bloc identitaire.

 

Ne craignez-vous que des patriotes reprochent au mouvement identitaire de ne pas appeler à voter pour Marine Le Pen lors des prochaines élections présidentielles ? Il se dit pourtant que vous avez rencontré, voici quelques mois, la dirigeante du Front national.

En tant que dirigeant du Bloc identitaire, je rencontre beaucoup de monde. Des journalistes, des écrivains, des économistes, des philosophes et aussi des responsables politiques parmi lesquels Marine Le Pen. Avec cette dernière, le dialogue a toujours été ouvert et franc. Certes, nous avons relevé des points d’accord mais, surtout, constaté avec regret de profondes divergences. Toutefois, puisqu’elle semblait vouloir œuvrer dans une optique de large rassemblement, je l’ai prise au mot et suggéré de lancer des signes forts en direction des Identitaires. Mais ces signaux n’ont pas été envoyés. Probablement parce que Marine Le Pen doit aussi composer avec une tendance – au sein de son parti – qui est fortement hostile aux idées identitaires. Dont acte.

 

Quel rôle attribuer au Bloc identitaire aujourd’hui ?

Les militants identitaires ne se contentent pas de répondre à des journalistes dans le confort ouaté des plateaux de télévision ou de retrouver l’odeur du terrain le temps d’une distribution de tracts sur un marché en période électorale.

La marque de fabrique des identitaires, c’est la rue, c’est l’action permanente, c’est l’agitation des idées.

Je rappelle que notre premier succès est d’ordre sémantique. Qui employait – voici à peine neuf ans – le terme identitaire ? Quasiment personne. Aujourd’hui, tout le monde utilise ce concept. Soit pour le dénoncer soit pour se l’approprier.

Nous remplissons aujourd’hui un rôle d’aiguillon idéologique qui influence, de manière indéniable, le débat politique français. Je crois, en effet, beaucoup plus à la force des stratégies d’influence qu’au déploiement d’une approche uniquement électorale.

Prenons un exemple. L’apéro saucisson-pinard du 18 juin2010 aeu plus d’impact pour populariser nos idées auprès de la population que l’élection de quelques conseillers généraux d’opposition.

Notre mobilisation pour obtenir la libération de René Galinier a davantage fait avancer le débat sur la question de la légitime défense qu’une simple motion déposée au sein d’un conseil municipal.

Et je préfère réussir à empêcher la construction d’une mosquée ou à provoquer la fermeture d’un abattoir qui fait dans le halal que d’atteindre péniblement 1% lors d’un scrutin local.

 

Cela veut-il dire que vous excluez la voie électorale ?

Non, nous n’excluons rien du tout. Nous sommes pragmatiques et adaptons nos initiatives à la situation politique, toujours changeante, et à nos moyens financiers.

Nous sommes des militants du concret, des militants qui s’engagent pour obtenir des résultats tangibles et qui sont capables d’offrir des victoires à notre peuple.

Loin des fausses promesses et des discours creux, nous voulons frapper là où ça fait mal, obtenir des résultats concrets pour la survie de notre peuple. Nous savons que l’heure est grave, mais qu’il est possible de reconquérir – à coups de burin s’il le faut – des parcelles de liberté.

Notre objectif doit bien être de développer des zones de libération, des zones identitaires qui permettent de montrer qu’une autre société est possible. Cela peut se concrétiser à travers des maisons de quartier, des écoles, une maison d’édition, des sites de réinformation, des mobilisations qui réveillent la population et obligent les politiques à prendre position.

Imaginons une ville de France où des parents ne supporteraient plus les agressions dont sont victimes leurs enfants à l’école, qui en auraient assez du bourrage de crâne de la part de professeurs engagés à l’extrême-gauche et qui souhaiteraient un vrai enseignement de qualité. Imaginons encore que ces parents réunissent leurs efforts pour créer une école libre hors contrat. Et bien le Bloc identitaire peut se mobiliser pour que ce projet aboutisse.

Le combat doit être total. Nous devons agir sur un maximum de fronts, ne rien s’interdire, exploiter tous les outils et canaux disponibles pour faire avancer nos idées.

Si l’on dresse un rapide bilan sur ces quelques dernières années, nous pouvons affirmer que les identitaires ont fait avancer le débat sur des questions cruciales telles que l’islamisation de la France, le racisme anti-blanc, la banalisation du halal, le localisme, le discours anti-mondialisation ou bien encore la légitime défense. Nous devons donc continuer à agir pour favoriser une véritable identitarisation des esprits.

Je suis confiant car les idées que nous développons sont en phase avec ce que pensent une majorité de Français. Je pense, par exemple, à cette étude Ifop/Paris Match/Europe 1 (Novembre 2011) qui a révélé que pour 76 % de Français, l’islam progresse trop dans notre pays.

Le réveil des habitants de Montluçon par les enregistrements des appels d’un muezzin qui a été diffusé par M6 le 15 janvier dernier, a permis à des centaines de milliers de Français de prendre connaissance des actions des Identitaires. Le lendemain, nous avons été submergés par des adhésions et des demandes de contact.

 

Qu’est-ce qui caractérise aujourd’hui le mieux le Bloc identitaire dans sa manière d’appréhender le combat politique ?

Le Bloc identitaire, c’est la réflexion couplée à l’action. Au risque d’en étonner certains, nous nous inspirons de modèles aussi différents que le GRECE et Greenpeace.

Depuis 1968, le GRECE a permis de forger les armes intellectuelles pour lutter contre le poison de l’égalitarisme qui a largement contribué à la destruction des systèmes immunitaires de nos sociétés. Les intellectuels de ce groupe, au premier rang desquels Alain de Benoist, ont élaboré une critique de l’homogénéisation du monde, de la société marchande sur laquelle nous nous appuyons pour concevoir un modèle politique identitaire.

De son côté, Greenpeace, a imaginé des méthodes d’action spectaculaires, à fort impact médiatique, qui sont pour nous une source d’inspiration permanente.

C’est le travail sur les idées, associé à des opérations spectaculaires, qui caractérise les identitaires. Cette formule représente, selon moi, un axe stratégique important pour peser et tenter d’influencer en profondeur la société française.

 

Les médias dénoncent ce qu’ils considèrent être une stratégie de la provocation

Le Bloc identitaire reste, plus que jamais, le mouvement qui brise les tabous qui paralysent la société française.

Nous avons dénoncé les prières délictueuses des mahométans dans les rues de nos cités, la construction de mosquées illégales ou encore l’abattage cruel des animaux selon la loi religieuse islamique.

En réunissant nos forces avec d’autres groupes, nous avons été en mesure d’organiser les « Apéros saucisson pinard » et les Assises sur l’islamisation qui ont obligé les médias à informer les Français de l’étendue et de la gravité de cette emprise de l’islam sur notre sol.

Récemment, nos initiatives ont permis de mobiliser les populations dans des villes comme Fayence et Montluçon, pour les informer de projets de constructions de mosquées, parfois avec minaret géant, sans que les électeurs n’en aient été informés. Des initiatives qui ne sont pas sans résultats.

Daniel Dugléry, maire de Montluçon, a été obligé de faire volte-face concernant le minaret tandis que le projet de mosquée de Fayence a bel et bien été enterré.

Mais ces actions ne sont pas sans risques. C’est ainsi qu’après avoir protesté quelques instants avant le début de séance du conseil municipal d’Angers contre le financement par la commune d’une mosquée cathédrale dominant la cité, Benoît Couëtoux – un des responsables identitaires de l’Anjou – a fait l’objet de poursuites judiciaires et le Parquet a requis contre lui quatre mois, de prison, 105 heures de travail d’intérêt général et un an de suspension de ses droits civiques.

La mobilisation des identitaires, la qualité de nos juristes, le battage médiatique que nous avons organisé, ont fortement pesé. Le tribunal a finalement condamné Benoît Couetoux à 1500 euros d’amende.

L’Association des musulmans d’Angers a donc été déboutée dans ses demandes. Son avocat, Me Bertrand Salquain, a souligné que la communauté islamique était « déçue et choquée » du jugement. « Quel intérêt y avait-il à mener une enquête pour provocation à la haine raciale pour ne retenir au final qu’une infraction mineure ? », s’est-il interrogé.

Par des opérations fortes sur le terrain – sur l’islam, mais également sur d’autres sujets importants tels que l’immigration-invasion et la fracture ethnique-, nous obligeons les médias à parler des dangers qui menacent notre pays.

Nous nous faisons les porte-paroles de ces Blancs qui semblent aujourd’hui abandonnés et insultés dans leur propre pays. Nous l’avons encore récemment démontré en manifestant à Toulouse lors du procès d’Houria Bouteldja, poursuivie pour avoir traité les Français de souche de sous-chiens.

 

L’année 2012 semble bien commencer avec la mise en examen de Bernard-Henri Levy par les identitaires. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, c’est un joli cadeau de Noël pour tous les Identitaires. Dans un article paru à la fin 2010, Bernard-Henri Lévy prétendait défendre « l’honneur des musulmans » menacé par l’organisation des Assises contre l’islamisation de la France. Pour ce faire, il avait qualifié le Bloc identitaire de « groupuscule néonazi ».

Après une année d’instruction, Bernard-Henri Lévy a finalement été mis en examen. Il passera devant un tribunal correctionnel d’ici à quelques mois pour répondre de l’infraction de diffamation publique envers le Bloc identitaire.

C’est une bonne nouvelle qui devrait ravir beaucoup de monde au-delà de la sphère identitaire. C’est aussi la preuve que les identitaires ne lâchent rien et qu’il faut les soutenir dans leur développement. Plus nous serons forts, plus nous ferons mordre la poussière aux fossoyeurs de notre civilisation.

 

Quels sont vos projets pour les tout prochains mois?

Lors de l’université de rentrée du Bloc identitaire, j’avais déjà esquissé quelques axes qui permettaient d’établir une feuille de route pour l’année 2012.

Il me semble, tout d’abord, important de lancer de nouvelles actions d’envergure pour nous faire connaître davantage auprès du grand public. Permettez-moi d’insister sur ce point : l’apéro saucisson-pinard a plus fait pour nous qu’une distribution d’un million de tracts. À nous de développer d’autres d’initiatives de ce genre, mais sur des thématiques différentes. Je pense notamment à des domaines tels que le social ou l’écologie.

Nous devons également augmenter notre puissance de feu financière pour tendre vers une professionnalisation de nos activités. Nous avons pris certaines dispositions pour tenter d’atteindre cet objectif. Pour être optimiste, je dirais que le meilleur reste à venir. Nous n’en sommes qu’au début d’un processus qui pourrait porter ses fruits sur le moyen terme.

Il nous faut développer la communauté militante. Non seulement en accroissant le nombre de nos adhérents, mais aussi en augmentant notre présence dans les différents secteurs de la société française.

Nous devons investir le maximum de projets et d’espaces qui nous permettront de diffuser notre vision du monde. Je pense, par exemple, aux maisons de l’identité à l’inauguration de deux nouvelles antennes – Bordeaux et Toulouse – dans les prochaines semaines. Elles viennent s’ajouter à celles de Nice, Lyon et Bretagne.

Je pense aussi aux fédérations du Bloc identitaire qui connaissent un véritable essor depuis plusieurs mois. Il nous faut profiter de l’année 2012 pour renforcer et structurer le mouvement, détecter de nouveaux cadres, lancer de nouvelles sections et ainsi donner au Bloc identitaire, les moyens d’un développement exponentiel.

Dans l’immédiat, le Bloc identitaire lance une nouvelle campagne militante autour de la nationalité et de l’identité de la France. Ce sera un moyen de marquer notre opposition face aux menées de ceux qui souhaitent imposer le droit de vote aux étrangers. Ce sera également l’occasion de rappeler qu’être Français, c’est une identité, pas des papiers !

Cette campagne va se décliner autour d’un triptyque tract-affiche-autocollants. Mais nous prévoyons, bien évidemment, des actions d’éclat pour faire entendre notre voix dans le débat politique en France.

 

Un dernier mot. Quelle évaluation faites-vous des élections présidentielles ?

Pour conclure, nous comptons donc bien rester en première ligne pour défendre notre identité, avant, pendant et après ces élections présidentielles qui ne vont – au final – rien changer pour l’avenir de notre peuple.

Je pense sincèrement que le spectacle médiatico-politique auquel nous assistons valide la stratégie du Bloc identitaire.

L’action se gagne dans les esprits et dans la rue avant d’être gagnée dans les urnes. Les élections concluent un processus, elles ne le commencent pas. Pour exemple, la victoire de Mitterrand en 1981 n’a pas signifié le début du basculement de la France à gauche, mais fut plutôt le résultat logique d’un processus commencé bien avant 1968.

Les Identitaires ont un rôle historique à jouer. Nous devons continuer à être ces éveilleurs de peuple qui imposeront l’enjeu identitaire au centre des grands bouleversements à venir.