« Vaut-il mieux “perdre” en arrivant en tête, ou “gagner” en étant bon dernier ? »

« Vaut-il mieux “perdre” en arrivant en tête, ou “gagner” en étant bon dernier ? » Par Oskar Freysinger

[box class=”info”] Suisse : Entretien avec Oskar Freysinger, conseiller national (Valais) de l’UDC. [/box]

Minute : Comment analysez-vous le résultat des élections fédérales ?

Oskar Freysinger :Si on se fie à la revue de presse de lundi matin, l’UDC a perdu et les grands vainqueurs sont les Verts libéraux et le Parti bourgeois démocrate… Si on se fie “bêtement” aux chiffres, l’UDC arrive devant tous les partis, avec 26 % et un premier concurrent [ndlr : le parti socialiste] laissé loin derrière, avec 9 points d’écart. Quant aux deux formations que je viens d’évoquer, elles récoltent chacune 5 % ! C’est pas mal pour un coup d’essai, mais ce n’est pas ce que j’appelle une victoire…

Donc vous ne considérez pas le résultat de l’UDC comme un échec ?

Non, car nous perdons certes deux points, mais dans le cadre d’un mouvement général, qui voit tous les grands partis reculer de cette marge à cause de l’apparition de nouveaux partis sur l’échiquier politique. Ce n’est pas comme si nous reculions et que les autres progressaient ! C’est le résultat logique de l’éparpillement. Par ailleurs, malgré la concurrence du Parti bourgeois démocrate et de deux mouvements régionaux, nous tenons plutôt bien notre socle électoral. Et je vous conseille de poser la question aux commentateurs et même à des personnalités politiques françaises : vaut-il mieux « perdre » en arrivant largement premier, avec 26 %, ou « gagner » en étant bon dernier, avec 5% ?

Quelle est votre propre situation, dans le Valais ?

Je suis élu avec un résultat exceptionnel (20 %), puisque je dépasse l’actuel président du Conseil national, Jean-René Germanier, et l’UDC y représente désormais la deuxième force du canton. C’est résolument positif, car en 2007, nous étions en quatrième position et le Valais était encore, il y a peu, une terre de mission pour l’UDC. Mon irruption a été qualifiée de « feu de paille » ou d’épiphénomène : maintenant, je confirme mon ancrage.

C’est un bon tremplin pour escalader la hiérarchie de l’UDC. On dit que vous briguez la vice-présidence du parti…

Je confirme ! Cet ancrage me favorise évidemment pour succéder à l’actuel vice-président, Yvan Perrin, qui s’en va. Je pense avoir quelques qualités pour le remplacer, notamment le fait que je sois trilingue. Mais il y a aussi le fait que, depuis l’initiative victorieuse contre les minarets, j’ai pris une stature nationale et même – un peu – européenne.

Quels sont les projets de l’UDC ?

Nous venons de remporter un beau succès avec l’initiative populaire contre l’immigration de masse, puisqu’en trois mois, nous avons recueilli 120 000 signatures – là où certains mettent un an pour en avoir autant ! Nous espérons que sous, peu, le peuple suisse nous suivra dans notre volonté de reprendre la maîtrise de nos frontières ; nous allons également nous opposer à un accord-cadre entre la Suisse et l’UE, qui pourrait mettre en péril notre démocratie. Bref, nous continuerons à défendre la souveraineté suisse, notre monnaie, la démocratie directe et tout ce qui fait le charme de l’identité suisse !

Propos recueillis par Patrick Cousteau

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” à paraître demain mercredi 25 octobre. En kiosque ou sur Internet.[/box]
« Vaut-il mieux “perdre” en arrivant en tête, ou “gagner” en étant bon dernier ? » Par Oskar Freysinger