Crise de l'euro/EFSF : la Slovaquie participe au renforcement du Fonds de secours sur fond de crise gouvernementale

Crise de l’euro/EFSF : la Slovaquie participe au renforcement du Fonds de secours sur fond de crise gouvernementale

Iveta Radičová, premier ministre de Slovaquie

Iveta Radičová, présidente du gouvernement slovaque (crédit : Wikipedia Commons)

20/10/2011 – 07h50
BRATISLAVA (NOVOpress) — La Slovaquie, membre de l’Union Européenne depuis 2004, a finalement donné en deuxième lecture son accord au renforcement du Fonds de sauvetage de la zone euro (EFSF) il y a une semaine tout juste, et ratifié le contrat en procédure accélérée. Pour ce faire, le chef du gouvernement slovaque, Iveta Radičová (photo ci-contre à gauche), a du marchander les voix du parti socialiste (SMER-SD, sociaux démocrates) en échange de la démission de son gouvernement. Richard Sulik, président du parti Liberté et Solidarité (SaS) qui s’était jusqu’à la fin opposé à ce contrat a été immédiatement limogé de son poste de président du Parlement. Une décision qu’il a acceptée avec dignité et en remerciant les parlementaires qui l’avaient soutenu.

Depuis, le chaos règne sur la scène politique slovaque. Un nouveau Parlement doit être élu le 10 mars prochain, et il y a incertitude quant à savoir s’il faut d’ici là conserver le gouvernement ou le remplacer par un cabinet de transition. Le Président Gasparovic avait eu à mi octobre une entrevue sans résultats concrets avec les six responsables des partis représentés au Parlement. Iveta Radičová n’a pas participé à ces négociations puisque ce n’est pas elle qui dirige le parti chrétien-démocrate, mais le ministre des affaires étrangères Mikulas Dzurinda. Elle aurait même fait des concessions à R. Sulik, à la condition que son parti participe au gouvernement jusqu’aux élections et même fait miroiter une possible réélection au Parlement. Mais ces spéculations journalistiques n’ont pas été confirmées par les deux chefs de parti, qui ont simplement reconnu qu’il y a bien eu négociations.

Devant l’opinion publique, les leaders des différents partis se rejettent mutuellement la responsabilité du désastre. Sulik accuse Radičová d’avoir fait chuter son cabinet en liant le vote pour l’EFSF avec un vote de confiance pour son gouvernement.

Bela Bugar, qui représente la minorité hongroise, est quant à lui de l’avis que l’association des deux sujets était une proposition faite au parti Liberté et Solidarité (SaS) de Sulik pour lui permettre de voter en faveur du sauvetage de l’euro sans perdre la face, et en évitant aussi la chute du gouvernement. Une nouvelle réunion doit se tenir aujourd’hui jeudi, en présence des principaux responsables politiques Slovaques. Iveta Radičová sera de son côté attendue par les dirigeants de l’Union Européenne au sommet européen de crise, dimanche prochain.

Photo en Une : le parlement slovaque à Bratislava. Crédit : Roman Jurík (wikipedia commons)