Italie : une entreprise « fantôme » pour clandestins africains

Italie : une entreprise « fantôme » pour clandestins africains

17/10/2011 – 16h30
NOVARE (NOVOpress) –
L’Italie est au bord de la faillite mais la filière de l’immigration clandestine ne connaît pas la crise. Coopératives et sociétés qui gèrent les centres d’accueil, et qui ne les gèrent certes pas à l’économie, hôteliers des stations de ski qui remplissent leurs établissements en morte-saison, associations catholiques ou laïques, à l’imagination également intarissable quand il s’agit d’attraper des fonds publics, tout cet immense secteur parasitaire n’a jamais été si prospère.

Et ce n’est là que la branche légale, gérée par des Italiens de souche en cols blancs ou en cols romains. Il y a aussi toute l’industrie au noir des passeurs, trafiquants et fabricants de faux papiers, qui se recrutent en grande majorité parmi les immigrés eux-mêmes. Eux aussi ont une imagination intarissable. En septembre, les carabiniers avaient démantelé une organisation criminelle dirigée par deux Érythréens, qui produisait en masse de faux passeports et permis de séjour pour Nord-Africains, dans un restaurant de Rome transformé en imprimerie clandestine.

La dernière fraude en date a été découverte à Novare en Piémont. Il s’agissait d’une entreprise «fantôme», officiellement domiciliée à Spirano, en Lombardie, et dont l’unique activité était de fournir de faux bulletins de paie et des contrats de travail fictifs à des immigrés clandestins. Ceux-ci se rendaient ensuite à la préfecture, présentaient pseudo-contrats et pseudo-bulletins et « puisque les documents étaient formellement irréprochables, obtenaient un permis de séjour de deux ans pour travail salarié ». Simple comme bonjour ! “Que deviendrait l’économie italienne sans immigrés”, la chanson est bien connue.

La Section anti-fraudes du service d’immigration de la préfecture de Novare s’étant décidée à mettre en place un contrôle supplémentaire, elle a découvert que sept immigrés, tous Africains, qui avaient déposé une demande de permis de séjour en se présentant comme employés de la société de Spirano, n’avaient en réalité exercé aucune activité pendant la période concernée. 

Une descente de police à Spirano a révélé que la supposée entreprise était inexistante et que son siège se limitait à une adresse postale.

Les sept Africains ont été inculpés mais laissés en liberté. Il n’est pas précisé s’ils feront l’objet d’une procédure d’expulsion. Une enquête est en cours pour identifier les concepteurs de la fraude. Le travail des immigrés est une richesse, c’est le cas de le dire. Reste à savoir pour qui…

Crédit photo : d’après Luigi Rosa sur Flickr, licence CC.