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[À lire] Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

Source : blogs.mediapart.fr
Une passionnante interview-fleuve de l’ex-ministre des Finances Grec, qui donne un éclairage précieux car vraiment renseigné sur le fonctionnement dictatorial de l’eurogroupe et la volonté allemande de casser la Grèce. A lire, puis enchainer sur sa tribune expliquant pourquoi il a voté « non » à « l’accord » entre la Grèce et l’Eurogroupe et le même accord annoté par lui (liens dans les tweets ci-dessous).

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par MONICA M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.
Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ?

Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde – Je n’ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J’ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l’autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ?

YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l’information qui arrive, qui confirme vos pires craintes…voilà qu’il est en votre « pouvoir » que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez – la situation était pire que vous l’imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n’être plus aux premières loges.

HL : De quoi parlez-vous ?

YV : L’absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d’autre part que nous sommes sur la même course analytiquement – bien sûr cela n’arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent « Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon. »

HL : Vous avez dit que les créanciers vous contestaient parce que vous avez parlé économie dans l’Eurogroupe, ce que personne ne fait. Qu’est-il arrivé lorsque vous l’avez fait ?

YV : Ce n’est pas que ça n’allait pas – c’est qu’il y avait un refus total de s’engager dans des argumentations économiques. Refus total. … Vous avancez un argument sur lequel vous avez réellement travaillé – pour être sûr que c’est logiquement cohérent – et vous rencontrez des regards vides. C’est comme si vous n’aviez pas parlé. Ce que vous dites est indépendant de ce qu’ils disent. Vous auriez pu aussi bien chanter l’hymne national suédois – vous auriez eu la même réponse. Et c’est saisissant, pour quelqu’un qui est habitué aux débats académiques. … D’ordinaire l’autre partie participe toujours et là il n’ y avait aucune participation du tout… Ce n’était même pas de l’ennui, c’est comme si personne n’avait parlé.

HL : Quand vous êtes arrivé, début février, il n’a pas pu y avoir une position commune ?

YV : Il y avait des personnes qui étaient sympathiques à un niveau personnel – ainsi, vous savez, derrière les portes fermées, sur une base informelle, notamment avec le FMI [HL : « Aux plus hauts niveaux ? » YV :  » Aux plus hauts niveaux, aux plus hauts niveaux « ]. Mais ensuite dans l’Eurogroupe, quelques mots gentils et c’est tout, retour derrière le parapet de la version officielle.
[Mais] Schäuble était d’une grande cohérence. Son option était « Je ne suis pas en train de discuter le programme – il a été accepté par le précédent gouvernement et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons tout le temps des élections, nous sommes 19, si à chaque fois qu’il y a une élection quelque chose change, les contrats entre nous ne voudraient plus rien dire ».
Aussi à ce point il ne me restait plus qu’à me lever et à dire : « Bon peut-être que nous ne devrions plus jamais organiser des élections dans les pays endettés », et il n’y a pas eu de réponse. La seule interprétation que je puisse donner c’est « Oui, ce serait une bonne idée, mais elle serait difficile à mettre en application. Donc soit vous signez sur la ligne en pointillé, soit vous sortez. »

HL : Et Merkel ?

YV : Vous devez comprendre que je n’ai jamais rien eu à faire avec Merkel, les ministres des finances parlent aux ministres des finances, les premiers ministres parlent aux chanceliers. De ce que je comprends, elle était très différente. Elle tentait d’apaiser le Premier Ministre (Tsipras) – elle disait « Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose de d’horrible, faites juste votre travail et travaillez avec les institutions, travaillez avec la Troïka ; il ne peut pas y avoir d’impasse ici. »

Ce n’est pas ce que j’entendais de la part des mes interlocuteurs – à la fois de la tête de l’Eurogroupe et du Dr Schäuble, ils étaient très clairs. A un certain point il me fut signifié sans équivoque « C’est un cheval et soit vous l’enfourchez, soit il est mort ».

HL : Quand était-ce ?

YV : Au début, au tout début (ils se sont rencontrés la première fois début février)
Crédit photo : EFFER LECEBE via Flickr (CC) = Yanis Varoufakis persona non grata

Source : Lire la suite sur Mediapart


 

 

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Tsipras en force

08/07/2015 – EUROPE (NOVOpress)

Tsipras avait donc raison : le non massif des électeurs l’a mis en position de force pour négocier à Bruxelles. La preuve en est que, quoiqu’ayant annoncé qu’une réponse négative vaudrait sortie immédiate de l’euro, la Grèce y est toujours et la BCE continue sa perfusion fiduciaire. Malgré les déclarations péremptoires, l’exigence de « propositions crédibles », les mouvements de menton sur le thème : « Si ça continue, ça ne peut plus durer », l’Union recule, accordant de nouveaux délais. Si vendredi au plus tard le Premier ministre grec ne fournit pas un programme de réformes détaillées et sérieuses, alors là, dimanche, le Conseil européen prendra sa décision… ou non. Car Hollande veut toujours « tout faire » pour que la Grèce reste dans la zone euro. Tout ? Angela Merkel, elle, considère que l’on a déjà tout fait pour les Grecs.
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Tsipras aura eu ce bénéfice collatéral de semer la discorde dans le vieux couple franco-allemand, sans lequel rien ne se fait ni ne se défait en Europe. Dès le début de la semaine, Hollande et Merkel ont pris la situation en mains. Cette hégémonie franco-allemande n’a aucune justification dans les traités fondateurs qui, au contraire, stipulent que tous les pays sont sur un pied d’égalité, la voix d’un État membre ayant le même poids que celui de n’importe quel autre. Si, de fait, Français et Allemands s’imposent aux autres, c’est au nom de la loi du plus fort, qui n’est pas celle de la démocratie. Aujourd’hui, Hollande tente d’imposer son attentisme à Merkel, qui veut en finir avec la crise grecque.

S’ils ont tant de peine à chasser le mouton noir hellène du troupeau, ce n’est pas par compassion, et ce n’est par philanthropie qu’ils ont déversé des milliards dans le tonneau des Danaïdes. Car ce ne sont pas des dons, mais des prêts et, malgré l’effacement partiel de 2012, la Grèce doit régler quelque 40 milliards d’intérêts à ses créanciers. Lesquels lui prêtent pour qu’elle rembourse ses anciens prêts…
Au-delà de ce motif financier, la raison principale est qu’un abandon de l’euro par un seul pays sonnerait le glas du grand dessein européiste qui figure dans les traités, à savoir promouvoir « une union toujours plus étroite » entre les États, le stade ultime étant l’Europe fédérale. Le départ de la Grèce serait un recul qui pourrait en entraîner d’autres surtout si, après avoir renoncé à l’euro, le pays s’en trouvait beaucoup mieux.

Hors Europe, il y eut, en 2001, le précédent de l’Argentine, en faillite, déclarée en défaut sur sa dette publique. Dès 2003, la situation de l’économie s’améliore. La forte dévaluation, en soutenant l’activité, fait reculer le chômage. La hausse de l’inflation permet d’accroître les recettes fiscales. En 2004, le PIB, l’investissement et le taux de chômage retrouvent leur niveau d’avant la crise. En 2004 et 2005, son PIB a crû de 8 % chaque année, et le FMI prévoit qu’en 2016 elle aura le taux de croissance le plus élevé de toute l’Amérique latine, sans son concours. Peut-être est-ce cela que redoute l’Union : qu’un pays aille mieux sans elle qu’avec elle…

Guy Rouvrais

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Grèce : journée de négociations marathon avec les créanciers

23/06/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Les négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers ont mis en émoi toute la journée d’hier les milieux boursiers, les milieux politiques et… les journalistes
Une énième réunion de la dernière chance. C’est ce que les médias ont répété toute la journée d’hier, comme pour la dernière réunion européenne sur la Grèce. Les ministres des Finances de la zone euro et les chefs d’État de l’Eurogroupe ont ouvert un sommet hier tourné autour du remboursement de la dette grecque. Au moment où nous publions, aucun accord n’a été trouvé.
Toutefois, tous les acteurs semblent noter une progression avec de nouvelles propositions de la part d’Athènes.

Le contexte devrait en effet pousser à la rapidité
La Grèce doit rembourser avant le 30 juin 1,5 milliard d’euros au FMI. Pour pouvoir les rembourser, ils doivent réussir à débloquer la dernière tranche d’aide de l’Union européenne d’un montant de 7,2 milliards d’euros. Si cette aide n’est pas débloquée, la Grèce serait en faillite. Ce qui pourrait entraîner une sortie de la Grèce de la zone euro et de l’Union européenne. Toutefois, la Grèce refuse d’accepter les conditions exigées par l’Union européenne, jugées trop austères.

La France essaye d’adopter une position médiane dans les négociations. Une position qui reflète en partie l’impuissance de l’Élysée dans ce dossier
François Hollande a affirmé « La position de la France est que tout soit fait pour que, du côté grec et du côté européen, il puisse y avoir une plus forte cohésion encore de la zone euro ». De nombreuses voix à gauche critiquent de plus en plus durement les exigences demandées par les créanciers de la Grèce. Une défense du gouvernement grec à laquelle se joint parfois Marine Le Pen, au grand dam d’un grand nombre de ses soutiens.

De grandes manifestations ont eu lieu hier en Grèce. Les Grecs s’opposent de plus en plus durement aux mesures d’austérité demandées par les créanciers de la Grèce
Pendant ce temps, la Bourse d’Athènes connaissait une envolée, avec une augmentation de plus de 9 %…
Les négociations doivent se poursuivre toute la semaine. Un nouveau sommet aura lieu Jeudi.

Crédit photo : Open_Europe (CC)

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Europe : les fédéralistes poussent leurs pions

25/05/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Berlin et Paris ont envoyé à Bruxelles un document de travail préconisant une gouvernance économique au niveau de la zone euro. Devant l’échec de la zone euro, la fuite en avant.

David Cameron joue-t-il le rôle d’épouvantail pour les europhiles ? C’est peu après sa victoire et son engagement d’organiser un référendum sur la sortie de l’Europe en Grande-Bretagne (et celle de l’eurosceptique polonais Andrzej Duda) que la France et l’Allemagne sortent de leur chapeau une contribution préconisant la mise en place d’un gouvernement économique de la zone euro. Une vieille réclamation française, mais une première pour l’Allemagne, qui, jusqu’à présent, croyait à une Europe encadrée par des règles plus qu’à une union définissant une politique commune.

L’objectif affiché ? Plus de croissance et de convergence au niveau européen, la tenue des déficits semblant être mise au second plan. Finies l’austérité et la réduction des déficits comme alpha et oméga de l’union, ce pourrait être le côté positif de cette démarche. La France et l’Allemagne ont en effet tiré les leçons de l’échec des années de crise financière, où l’UE s’épuisait à colmater les brèches, trouvant des solutions d’urgence pour « sauver » l’Irlande, le Portugal, la Grèce, précipiter l’Union bancaire… Ils acceptent enfin d’aller au bout de la démarche fédéraliste, une monnaie commune sans politique commune étant par nature vouée à l’échec.

Il ne faut donc pas s’y tromper : le carcan européen qui pèse sur les pays ne ferait que se renforcer.
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La zone euro s’enfonce dans la récession

La zone euro s’enfonce dans la récession

17/02/13 – 15h00
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) –
Le produit intérieur brut de la zone euro (en bleu foncé sur la carte ci-dessus) a reculé de 0,6% au quatrième trimestre 2012, indiquait jeudi Eurostat, l’office européen des statistique.

La vertueuse Allemagne décroche de 0,6%, réussissant à faire moins bien que la France, ‑0,3%. Les analystes expliquent que si l’économie allemande s’est plus contractée qu’attendu au dernier trimestre de 2012, c’est principalement en raison du recul des exportations. L’Allemagne serait-elle à son tour victime de l’euro fort, un euro pourtant conforme à ses intérêts économiques et financiers ?

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Un double budget pour l’Union européenne

Un double budget pour l’Union européenne

Siège de la Commission européenne à Bruxelles. Crédit photo : Xavier Häpe, via Flickr (cc)

16/10/2012 — 14h00
BRUXELLES (NOVOpress via le bulletin de Réinformation) — Un double budget pour l’Union européenne et la zone euro est à l’étude. Les chefs d’État qui se réunissent à Bruxelles doivent étudier cette possibilité. L’adoption d’un budget propre à la zone euro permettrait notamment une plus grande cohérence de l’action européenne. Cela est aussi l’occasion pour certains pays hors de la zone euro, mais au sein de l’Union européenne, de limiter leur engagement dans cette aventure monétaire.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si son principal défenseur, le Premier ministre britannique David Cameron, est le premier à en vanter les mérites. Reste à savoir si cette nouvelle complexification de l’appareil administratif européen sera effectivement lancée, et fonctionnera convenablement.