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Rebelles et futuristes : rencontre avec Zetazeroalfa

Rebelles et futuristes : rencontre avec ZetaZeroAlfa

30/09/2011 – 08h30
ROME (NOVOpress) – Entretien avec l’un des groupes phares de la culture alternative italienne (Philippe Vardon lui consacre même une entrée dans son abécédaire « Éléments pour une contre-culture identitaire ») et son leader Gianluca Iannone (à droite sur la photo ci-dessus), qui dirige également CasaPound Italia (CPI), le mouvement en pointe de l’opposition extraparlementaire transalpine.

Sweat-shirt aux couleurs de ZetaZeroAlfa et le titre du dernier album du groupe. Source : site cantiribelli.com

Sweat-shirt aux couleurs de ZetaZeroAlfa et le titre du dernier album du groupe. Source : site cantiribelli.com

Pour commencer, pourriez-vous nous dire ce qu’est exactement ZetaZeroAlfa : un groupe musical, un groupe politique, une « marque », un emblème ?

ZetaZeroAlfa, c’est tout cela et bien plus. C’est un groupe qui ne fait jamais de reprises d’autres groupes et qui a construit sa voie. C’est un groupe politique car, pour nous, la musique est politique et militante, car elle réunit les individus, unit les camarades. C’est un concept. C’est une marque car nous vendons beaucoup de t-shirts, sweat-shirts et disques. Cet argent est réinvesti dans une salle de répétition et la librairie. C’est un emblème, car on le retrouve dans toutes les rues d’Italie et dans beaucoup de stades en Europe. C’est aussi, depuis le début, le changement, le défi, l’appartenance à un clan de plus en plus important.

Récemment vous avez joué à Bangkok. Pourquoi ce choix qui semble surprenant ?

Nous aimons les défis, les choix difficiles, les paris improbables. Nous aimons surprendre les autres, mais surtout cela nous plaît de nous surprendre nous-mêmes, comme lorsque nous étions enfants.

Restons en Asie. Vous soutenez le peuple karen persécuté par la junte birmane. Quels sont l’origine et le sens de cet engagement ?

Le peuple karen est le seul peuple d’Asie du Sud-Est qui ne fait pas le commerce de la drogue ni le trafic d’enfants. La drogue qui abrutit la jeunesse européenne est produite dans cette région, le fameux Triangle d’or. L’armée karen incendie les champs de pavot et combat l’usage de stupéfiants. L’éthique de ce peuple lointain nous est très proche. Ce n’est pas par hasard si, depuis des années, des camarades italiens et français ont combattu jusqu’à la mort à leur côté.

Solidarité-IdentitésVous semblez particulièrement attentifs aux problèmes internationaux et vous avez récemment crée l’association « Solidarité-Identités (SOLID) » pour gérer vos missions humanitaires à l’étranger. Pourriez-vous nous présenter cette association et évoquer vos futures actions ?

SOLID est née de la volonté de créer un réseau de soutien européen pour des peuples qui nous sont proches éthiquement ou stratégiquement.

Nous avons mené des missions auprès du peuple karen, dans une enclave serbe au Kosovo et dans des orphelinats au Kenya. Dans le futur, nous irons en Afrique du Sud pour apporter notre soutien au peuple boer et en Crimée, où vit une communauté de 300 Italiens oubliés et abandonnés à leur destin. Notre patrie se trouve là où l’on se bat pour nos idées.

N’avez-vous pas peur que l’on vous accuse d’avoir un goût trop prononcé pour « l’exotisme » et de vous désintéresser de problèmes plus proches ?

Avec le temps, j’ai appris à faire la différence entre les critiques constructives et la mauvaise foi. Ceux qui pensent que CasaPound Italia (CPI) verse dans l’exotisme et ne s’intéresse pas aux problèmes proches sont des menteurs. Tout ce que CPI fait a un sens, un parcours, un objectif. CPI, c’est le pragmatisme, l’attitude, la volonté, le combat. C’est pour cela que depuis des années nous faisons des récoltes de fonds pour des orphelins et des hôpitaux. C’est pour cela que 24 heures sur 24, il y a une ligne téléphonique ouverte aux citoyens victimes de l’usure bancaire, ayant des problèmes de logement, de chômage ou autre. C’est pour cela que depuis des années nous avons occupé autant de bâtiments pour donner un toit à des centaines de familles italiennes, malgré les procès et les amendes. C’est une liste peu exhaustive de ce que les militants de CPI font chaque jour. On pourrait y rajouter les manifestations, les collages, les permanences, les tours de garde, les conférences, l’ouverture de nouveaux espaces, les concerts, les moments communautaires, la défense « physique » des espaces. Quelle organisation peut se vanter d’un tel élan ? Ici, à part nous, qui a une telle volonté de travailler ?

L’actualité politique récente, en particulier la crise de l’euro et l’explosion migratoire, a favorisé le retour à un discours souverainiste et à l’idée de pré carré national au détriment de l’Europe. D’après vous, votre action politique et culturelle doit-elle se limiter au « nationalisme italien » ou est-il nécessaire que les peuples européens soient unis ?

Nous savions depuis longtemps que l’immigration est un venin pour notre peuple parce qu’elle crée des ghettos, parce qu’elle crée une concurrence inégale sur le marché du travail, parce que cela annihile les gains sociaux obtenus depuis des années, parce que cela défigure le pays. Nous voulons que l’immigration cesse immédiatement dans toute l’Europe. Ici, c’est notre terre.

Y a-t-il des groupes politiques ou culturels dont vous vous sentez proche en Europe ?

On peut dire qu’avant, il y en avait davantage. De nombreux groupes ont changé radicalement, en faisant des demi-tours honteux pour tenter une légitimation ridicule. Pourtant, nous ne sommes pas rancuniers car être magnanime est une caractéristique des esprits libres qui vivent chaque jour en chemise noire. Nous traçons notre route, comme nous l’avons toujours fait, insensible à leurs lamentations et à leurs bavardages.

Riprendersi TuttoLes mouvements identitaires et patriotiques européens s’intéressent beaucoup à l’Italie en ce moment, en particulier aux actions de CasaPound. Pensez-vous que l’originalité et le fonctionnement de votre mouvement sont « transférables » à l’étranger ?

Certainement, mais avec un système et des étapes différents. Par exemple, il n’est pas nécessaire d’occuper un local. Beaucoup de groupes croient que CPI est exclusivement une occupation. Ce n’est pas le cas. CPI s’organise selon 4 principes : la culture, la solidarité, le sport et la politique.

D’où les conférences, les présentations de livres, les revues, la web radio et la web TV, les livres, l’ouverture de librairies.

D’où le volontariat, la protection civile, le don du sang, les groupes d’intervention médicale, l’assistance légale et fiscale, la ligne téléphonique, les récoltes de fonds.

D’où les écoles de football, les groupes de sports de combat, l’équipe de parachutisme, les cours de plongée, l’équipe de rugby, de water-polo, le club de moto et encore plus encore.

D’où les propositions de loi comme le Mutuo sociale, « Tempo di essere madri », sur la nationalisation de l’eau ou sur les énergies solaires.

Pour faire tout cela, nul besoin d’un immeuble de sept étages au centre de Rome. De même, nul besoin d’un parti politique ou d’un mécène qui finance.

Il faut seulement croire et chercher les personnes qui, comme vous, sont prêtes à tout donner. Puis il faut faire un plan de marche et avoir la volonté de faire le premier pas. Le reste vient tout seul.

Quels sont vos objectifs à court, moyen et long terme ?

Notre objectif est unique, c’est de tout reprendre.

[box class= »info »]Crédits photos : DR[/box]