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Yvan Blot : "La Russie a des performances économiques remarquables"

Yvan Blot : « La Russie a des performances économiques remarquables »

20/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Au début des années 2000, Guillaume Faye évoquait également la colonisation du Vieux continent mais en désignant spécifiquement l’immigration extra-européenne comme source de soumission et non la colonisation économique, politique et culturelle venue d’outre-Atlantique. C’est ainsi que reprenant le principe de désignation de l’ennemi de Carl Schmitt, Guillaume Faye qualifiait l’islam d’« ennemi » et l’Amérique de simple « adversaire » avec qui l’Europe pourrait se réconcilier. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je suis assez d’accord avec Guillaume Faye mais je préciserai « l’islam radical » pour désigner ce qu’on appelle un « ennemi ». Un islam modéré comme celui des Tatars en Russie n’est pas un ennemi et n’est pas désigné comme tel par Moscou. Quant aux Etats-Unis, je suis d’accord avec le terme d’adversaire. Cela peut changer si un jour l’Amérique redevient isolationniste au lieu d’être impérialiste. Beaucoup d’Américains dans le peuple le souhaitent.

Vous citez à plusieurs reprises la Russie comme contre modèle d’un Occident de plus en plus déclinant. Pouvez-vous nous en dire plus sur les transformations opérées dans ce pays ?

D’abord, la Russie a arrêté sa chute démographique. Depuis trois ans le taux de natalité s’est relevé et la population augmente à nouveau et approche 146 millions d’habitants. Beaucoup est fait pour les familles tant financièrement que symboliquement. A la naissance d’un enfant, une prime de 7000 euros (oui ! 7000 euros) est accordée. Par ailleurs, l’Etat organise chaque année une fête de l’amour, de la fidélité et du mariage avec remise de décorations aux couples méritants. C’est une fête laïque mais patronnée tout de même par les saints orthodoxe protecteurs du mariage, Piotr et Févronia.

La Russie a des performances économiques remarquables. Le chômage est deux fois plus faible que chez nous. Elle a de fortes réserves de devises. Elle a doublé son niveau de vie en quelques années. Ses impôts et charges font 35% du produit national contre 55% en France, ce qui favorise l’esprit d’entreprise. Son impôt sur le revenu est de 13% (flat tax) ce qui permet la promotion des cadres salariés sans fortune.

La Russie se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

L’armée se redresse et la Russie a retrouvé une troisième place pour l’importance des dépenses militaires dans le monde (après les USA et la Chine). Elle possède la plus grande force nucléaire par le nombre de missiles.

Culturellement et religieusement le pays se redresse. L’Eglise orthodoxe russe bâtit à tour de bras. A Paris va se construire une cathédrale orthodoxe avec un grand centre culturel et spirituel.

Quant au redressement politique, il est évident et la Russie compte autant que les USA, de plus en plus. Elle se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

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[Fiche de lecture] "L'Europe colonisée" d'Yvan Blot - par Romain Vincent

[Fiche de lecture] « L’Europe colonisée » d’Yvan Blot – par Romain Vincent

23/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
A travers L’Europe colonisée, Yvan Blot (photo) s’efforce de décrypter le défi auquel l’Europe est aujourd’hui confrontée : sa colonisation.

Une colonisation non seulement par le bas, bien visible et issue d’une immigration de masse venue du sud et soutenue par une démographie galopante mais aussi une colonisation par le haut, plus pernicieuse, à la fois culturelle, politique, économique et religieuse dont la puissance tutélaire et hégémonique n’est ni plus ni moins que l’Empire américain. A ce titre, des organisations telles que l’Otan ou l’Union européenne ne doivent plus être considérées comme des organismes au service de l’intérêt des peuples européens mais des outils d’asservissement au plus grand bénéfice de la nouvelle Rome d’outre-Atlantique. Bien évidemment cette colonisation n’est rendue possible que par la servilité des élites politiques, financières, médiatiques et culturelles européennes.

"L'Europe colonisée" d'Yvan Blot

« L’Europe colonisée » d’Yvan Blot

Afin de nous aider à mieux cerner les mécanismes favorisant la soumission de l’Europe, l’auteur applique à chaque étape de l’ouvrage un outil intellectuel établit en son temps par Aristote lui-même, le principe de causalité. A cette fin, la démonstration mise en avant est l’étude du temple grec dont les piliers de construction reposent sur :
– une cause matérielle : ce sont les matériaux comme le bois ou la pierre qui permettent la construction de l’édifice, c’est la cause technique ou économique ;
– une cause formelle : elle est à la fois juridique et politique : Ais-je le droit de le construire ?
– une cause motrice : ce sont les hommes qui construisent le temple ;
– une cause finale : la religiosité des grecs ou pourquoi construire ce temple ?

En se servant de ce concept aristotélicien, l’auteur est en mesure de dresser le tableau suivant :
– colonisation par la supériorité technique et économique c’est l’exploitation, la cause matérielle ;
– colonisation militaire et politique, c’est la satellisation ou la cause formelle ;
– colonisation par les hommes, c’est « l’invasion », même pacifique comme l’immigration ;
– colonisation mentale et culturelle c’est l’aliénation qui relève de la cause finale.

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Les quatre pôles de l'identité - Par Yvan Blot

Les quatre pôles de l’identité – Par Yvan Blot

[box class= »info »] Intervention d’Yvan Blot (Président d’Agir pour la Démocratie Directe, photo aux assises ci-dessus) lors des assises « Nationalité, Citoyenneté, Identité – La France en danger » qui se sont déroulées samedi dernier à Paris. [/box]

Aristote dans sa métaphysique évoque les quatre causes des choses qui nous entourent : par exemple, un temple a une cause matérielle, la pierre ou le bois sans lesquels il n’y aurait pas de temple. La cause formelle est le plan de l’architecte : c’est une idée qui va être imposée à la matière. La cause motrice, ce sont les hommes qui s’activent sur le chantier. La cause finale est toutefois la plus importante : c’est la religion qui donne son sens, sa signification, donc son « être » au temple et qui fait de lui ce qu’il est.

Heidegger a repris ces outils mais les appelle, la terre, le ciel, les hommes et la divinité. C’est ainsi qu’un touriste qui ignore la religion grecque ne connaîtra pas la « vérité » ou « l’essence » de ce temple et n’en aura donc qu’une expérience très superficielle (au mieux esthétique).

On peut appliquer cette grille à l’identité nationale.

Les quatre pôles de l'identité - Par Yvan Blot

Une partie de l'assistance des Assises.

La cause matérielle de l’identité nationale est la FRONTIERE : en effet, la frontière définit le territoire de la nation. A l’intérieur de la frontière vit le peuple. Des étrangers y vivent aussi : certains ont été appelés (par des mais ou pour travailler par exemple) par des nationaux mais d’autres sont venus sans être appelés. C’est pourquoi le danger identitaire, du point de vue de la cause matérielle, du point de vue de la terre de France pour parler comme Heidegger, est l’IMMIGRATION.

La cause formelle (juridique et politique) de l’identité nationale est la SOUVERAINETE POLITICO-MILITAIRE. En effet, c’est le peuple souverain qui va décider de la teneur des lois, du système juridique national, des règles de vie en société. La préservation de l’identité s’accomplit ainsi politiquement par la démocratie authentique où le peuple est réellement souverain grâce à la démocratie directe (référendums d’initiative populaire) comme en Suisse. Le danger suprême est ici celui de l’OLIGARCHIE. Il y a l’oligarchie intérieure qui fait les lois sans consulter le peuple en connivence avec les medias, les syndicats et l’appareil bureaucratique d’Etat. Mais il y a aussi l’oligarchie internationale composée des organisations internationales (union européenne, cour européenne des droits de l’homme, UNESCO, ONU etc.. que le général de Gaulle appelait des « machins ». Il n’y a rien de moins démocratique que ces organismes internationaux dans leur recrutement et leur idéologie. Enfin, la démocratie est d’origine militaire. Les Assemblées de guerriers des Grecs ou des Germains ou des Suisses en témoignent. L’oligarchie qui menace aujourd’hui et qui est spirituellement américanisée est marchande.

La cause motrice de l’identité nationale, ce sont les hommes donc la langue qu’ils parlent, la culture qui les animent. C’est la cause CULTURELLE OU ETHNIQUE. Cette dimension de l’identité nationale fait la personnalité, l’âme comme disait De Gaulle, de chaque nation. Elle est menacée par l’anglais et la culture AMERICAINE MARCHANDE. L’Amérique nous menace culturellement parce qu’elle a gagné des guerres mondiales et que le vainqueur fait de ses alliés moins puissants des satellites. Notre identité a été forgée par la religion catholique et par l’aristocratie militaire. Il en est de même des Russes car l’orthodoxie est proche du catholicisme. L’identité américaine est différente : c’est celle du protestantisme dissident et il n’y a jamais eu d’aristocratie : ce sont des marchands qui dominent comme autrefois à Carthage ou au Liban. L’Amérique a démilitarisé l’Europe spirituellement et matériellement avec sa propre complicité d’Etats vaincus.

La cause finale de l’identité nationale est à chercher dans l’HISTOIRE, le ROMAN NATIONAL. Dans cette histoire identitaire, le fait RELIGIEUX est central, même si la société se sécularise plus tard (cette sécularisation n’est pas sans danger éthique et démographique). Les jeunes apprennent le patriotisme dans l’histoire de France. Les jeunes Grecs de l’antiquité apprenaient leur identité grecque et religieuse dans Homère. La menace qui plane sur l’identité nationale du point de vue de la cause finale est celle du DERACINEMENT SPIRITUEL. Lorsque les jeunes générations sont privées de leur héritage historique, le patriotisme qui suppose d’être capable de mourir pour la patrie, se défait. Le lien social s’effrite par excès d’égocentrisme. L’idéologie des droits de l’homme efface les repères éthiques indispensables à l’identité nationale, comme l’a notamment écrit le patriarche de Moscou.

Ainsi, les menaces sur l’identité nationale peuvent être représentées sur un graphique en croix avec les quatre causes matérielles (en bas) formelles (en haut) motrice (à droite) et finales (à gauche) :

Les quatre pôles de l'identité - Par Yvan Blot

A l’inverse, on peut tracer le graphique de l’identité nationale :

Les quatre pôles de l'identité - Par Yvan Blot

Une politique de protection et de développement de l’identité nationale doit donc assurer la protection des frontières, notamment contre l’immigration de masse, assurer la souveraineté politique et militaire du pays, protéger la culture nationale contre le multiculturalisme et transmettre la mémoire historique et religieuse de la patrie.

Crédit photos : Novopress, licence CC.

« La Démocratie directe, une chance pour la France » de Yvan Blot

« La Démocratie directe, une chance pour la France » de Yvan Blot

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple.» Abraham Lincoln

En réalité, cet ouvrage traite de la démocratie semi-directe, où le pouvoir est partagé entre le peuple et ses représentants. En France, le régime est dit représentatif : le peuple délègue sa souveraineté au Parlement, au gouvernement et à l’autorité judiciaire. Cette théorie fut fondée au XVIIIe siècle par Montesquieu, dans L’Esprit des lois. Yvan Blot met en lumière les différences qui s’observent entre démocratie semi-directe et démocratie représentative et révèle moult informations inédites sur la démocratie semi-directe, un sujet quasi ignoré en France.

L’oligarchie

« La Démocratie directe, une chance pour la France » de Yvan Blot L’auteur s’emploie d’abord à démonter la démocratie représentative. A l’aune de l’Histoire, Yvan Blot constate que les représentants du peuple ont tendance à s’émanciper de l’intérêt général pour ne servir que le leur. C’est l’oligarchie ou la gouvernance par un petit groupe d’hommes.

Dans les faits, l’exécutif détient l’essentiel du pouvoir en liaison avec de puissants lobbies et cela au détriment du législatif et même de l’autorité judiciaire. Le gouvernement est donc l’auteur principal des lois et la séparation des pouvoirs n’existe plus guère.

De plus, le système des partis, si prégnant dans notre système et tant décrié par le général De Gaulle, est un déni de démocratie. En effet, au sein des partis, les commissions d’investiture ne choisissent pas leur candidat en fonction de leur utilité mais bien en fonction de leur obéissance au groupe parlementaire. Pour être réinvesti, il faut être soumis.

Un citoyen interchangeable

La démocratie semi-directe est alors toujours exclue, sauf en Suisse et, avec de grandes restrictions, aux Etats-Unis, en Italie et en Allemagne. En France, le citoyen est cantonné au rang de spectateur de la vie politique. Il est en fait « une matière première de premier choix », prête à servir. Pour maintenir cet état de fait, les oligarques cherchent à rendre le citoyen interchangeable en le privant de son cadre national. C’est ce qu’explique Heidegger, philosophe bien connu de l’auteur, avec « la destruction de la terre » : l’immigration a été encouragée pour détruire ce qui restait de racines.

Si le citoyen a encore du pouvoir quelque part, c’est bien en Suisse. Yvan Blot illustre son propos en comparant les institutions démocratiques helvétiques avec les nôtres.

Notons d’abord que les élections en Suisse se font selon le scrutin proportionnel, et non, comme en France, selon le scrutin majoritaire où des pans entiers de l’électorat ne sont pas représentés.

Les Suisses disposent de quatre fois plus de droits politiques que les Français.

L’exemple suisse

Le citoyen suisse peut d’abord élire les 200 membres du Conseil national (Chambre des députés), mais aussi et surtout, les 46 membres du Conseil des Etats (Sénat). En France, seuls les grands électeurs peuvent élire les membres du Sénat.

Ensuite, le droit de voter des « objets fédéraux » (en moyenne 4 fois par an), permet au citoyen de poser des questions de politique fédérale nationale. Ce vote intervient après le dépôt d’une initiative populaire ou d’une demande de référendum. En 40 ans, les Suisses ont été consultés 215 fois contre 6 fois en 44 ans en France.

Par ailleurs, les réformes constitutionnelles doivent faire obligatoirement l’objet d’un référendum, ce qui n’est pas le cas en France.

Les Suisses disposent, en outre, du droit d’initiative populaire. Pour aboutir, cette initiative doit recueillir 100 000 signatures en 18 mois. En France le droit d’initiative populaire n’existe que depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 votée par le Parlement. Mais la procédure est bien trop exigeante. Le texte exige la signature de 3,5 millions de citoyens.

Enfin le peuple suisse dispose d’un droit de veto sur les lois, les arrêtés fédéraux et certains traités votés par le Parlement. Il suffit d’une pétition de 50 000 signatures en 100 jours.

Dans les pays qui appliquent la démocratie semi-directe, et Yvan Blot le démontre, les impôts sont plus bas, l’endettement est moindre, la confiance règne entre le peuple et ses institutions, les valeurs d’identité nationale sont mieux défendues.

Un tournant démocratique

En France, nos politiques considèrent que le citoyen n’est pas apte à comprendre l’enjeu des lois. Or l’intérêt des initiatives populaires et des référendums est d’introduire la connaissance « existentielle » des citoyens comme une information décentralisée, loin des oligarques.

Pour changer le cours des choses et renverser nos oligarchies, il est nécessaire d’observer un certain nombre de conditions objectives. Comme lors de la chute du régime soviétique, ces conditions sont l’effondrement de la démographie, de l’économie et des finances. La prise de conscience et la mobilisation des citoyens doit pouvoir anticiper le tournant démocratique.

Lors de son exil, Alexandre Soljenitsyne avait été déçu par la démocratie représentative occidentale. Mais le système suisse était l’exception. « Il rêvait que tout l’Occident se mette à l’école de la Suisse ».

Pierre Bergerault

[box class= »info »] Source : Correspondance Polémia. [/box]