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Trump : l’esprit d’entreprise

Comme il est difficile d’être socialiste et gauchiste, aujourd’hui ! Bien évidemment la victoire de Trump est désespérante, si on considère qu’elle consacre la victoire démocratique du racisme, de l’homophobie, de l’antiféminisme, malgré un « front républicain » rassemblant le ban et l’arrière-ban de la gauche, mais aussi des chefs d’entreprise, des milliardaires, des artistes, de la droite « éclairée » », et ceci aux Etats-Unis comme en Europe… Mais au moins pouvait-on espérer, comme l’annonçaient, d’une même sinistre voix, Wall Street, les libéraux américains et la gauche européenne, un effondrement immédiat de la bourse, de la rentabilité des entreprises, du commerce international, et son corollaire : une explosion des mécontentements sociaux, du chômage, et un retour à la bonne vieille lutte des classes, le peuple regagnant enfin, dépité et repentant, les rangs de la gauche.

Mais depuis une semaine, rien ne se passe comme prévu. Après un très court passage à vide (l’incertitude est l’ennemie du business), voici que tous les indicateurs économiques repassent au vert, un vert des plus flashy ! Voici que Warren Buffet, l’un des hommes les plus riches des Etats-Unis et du monde, celui que l’on surnomme « l’oracle d’Omaha » tant sa prescience est exceptionnelle dans le domaine économique, vient nous expliquer, à rebours de tout ce que ses confrères nous prédisaient depuis des semaines, que Donald Trump pourrait bien réussir là où les présidents successifs ont échoué depuis la fin de l’ère Reagan : redonner aux Américains confiance en eux, et faire ainsi repartir une croissance mondiale, en panne ou au ralenti depuis une dizaine d’années. Retrouver l’esprit de conquête, retrouver les valeurs de l’Occident chrétien, qui ont assuré quelques siècles de progrès et de croissance.

Les gourous de Wall Street sont estomaqués

Donald Trump « pourrait bien finalement être ce dont l’économie mondiale a besoin », écrivent, estomaqués, les gourous de Wall Street (par exemple Citibank), les mêmes qui avaient joué le tout-Clinton.

Si Trump est capable de faire voter simultanément, par un Congrès libéré des pressions du politiquement et économiquement correct, des baisses d’impôts, des dépenses d’infrastructures et des programmes ambitieux, capables de redonner une fierté d’appartenance et une cohérence, l’Amérique sera bel et bien de retour, après une éclipse de vingt ans.

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Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

[Novopress éco] Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

10/04/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress) —
D’après un récent sondage IFOP, deux tiers des Français estiment que l’or est une valeur sûre. Le placement de « bon père de famille » par excellence, avec l’immobilier. Dans ce cas pourquoi le spéculateur Georges Soros (dont on peut penser ce que l’on veut mais qui a du flair pour les bonnes opportunités) a-t-il récemment déclaré : « L’or est la bulle ultime » ? Associer une valeur sûre, l’or, à une bulle spéculative pourrait sembler contradictoire au premier abord.

Les financiers ressemblent à des nuées de sauterelles qui dévastent méthodiquement des cultures. Quand ils ont fini quelque part, après avoir provoqué une crise au passage, ils se déplacent vers des territoires encore inexploités. D’abord les matières premières agricoles (2007), les subprimes et les CDS (2008), les dettes souveraines (2011). Depuis 2011, la spéculation bat son plein sur les métaux précieux.

La banque JP Morgan (déjà à l’origine des très toxiques subprimes et CDS) s’est lancée en premier dans la bataille. Jouer sur le cours des métaux ne sert à rien, si on n’en possède pas. En février 2011, le marché interbancaire est sinistré, les banques ne se prêtent plus entre elles. JP Morgan décide donc d’accepter l’or dans les transactions swaps. Wall Street lui emboite le pas. Dans ce type de transaction, les clients vont être autorisés à donner de l’or en nantissements de prêts à court terme (alors que seules les obligations souveraines était précédemment acceptées).

Jusque là on peut se dire que Wall Street joue au « bon père de famille » en garantissant sur de l’or les produits financiers, une manière comme une autre d’assurer ses arrières.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : de l’or s’est mis à affluer massivement dans la bulle financière.

De quel or s’agit-il ?

Même des spéculateurs comme Georges Soros commencent à se poser des questions. Ils ont en effet constaté qu’il était extrêmement difficile, voire impossible de se faire livrer l’or physique. Quand ils y parviennent enfin on leur livre des faux lingots bourrés au tungstène ou de l’or pur à seulement 75 % alors que le contrat stipulait 99 %.

Il faut en effet savoir que la majorité de l’or censé être en circulation ne s’échange pas sous forme physique. Par exemple pour un particulier, à moins d’avoir lui-même mis un lingot dans le coffre, l’or que la banque lui a vendu est une simple ligne de compte, il n’est pas réellement dans la banque. Les investisseurs et les États utilisent quant à eux des ETC (Exchange Trade Commodities), des certificats qui sont en principe garantis sur des réserves physiques, que les banques commerciales sont censées posséder.

Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

A Wall Street, ceci est de l'or. Crédit photo : FeatheredTar via Flickr (cc)

Les ETC ne sont pas de l’or mais de l’or-papier. Un premier scandale avait failli éclater dès 2008 sur le marché des contrats à court terme, le Comex. Des spéculateurs suspicieux avaient voulu réclamer qu’on leur livre leur or tous en même temps. On les a grassement rétribués pour mettre un terme à la fronde qui commençait à gronder. Un contrat à court-terme fixe une chose (dans ce cas, l’or), une quantité, un prix et une échéance. À l’échéance vous pouvez soit vous faire livrer votre or soit prendre le contrat suivant, ce que choisissent de faire les spéculateurs en général. Comme l’or physique est rarement réclamé, il y a beaucoup plus d’or-papier en circulation que d’or réel. Le prix de l’or est donc fixé sur du papier, la valeur étant totalement déconnectée des réserves réelles.

Dans les 1980-2000 les banques centrales ont pris l’habitude de louer leurs stocks d’or à des banques commerciales (il n’y a pas de petits profits). Certains commencent donc à se demander si cet or sur lequel sont censés être garantis les ETC ne proviendrait pas de ce stock d’or loué. Les banques centrales, elles aussi, sont d’une très grande opacité sur leurs réserves réelles, ce qui alimente la suspicion. Aux États-Unis par exemple, cela fait des années que Ron Paul réclame l’audit du stock d’or de la Fed, qui refuse catégoriquement de faire la transparence sur ses réserves.

Une chose est sure en revanche, d’après certains audit récents, il manquerait des dizaines de milliards d’or physique dans le système pour pouvoir garantir l’or-papier en circulation sur les marchés financiers. Et cela ne va pas s’arranger, vu que tout le monde se rue sur les ETC.

Les financiers viennent donc d’inventer la pierre philosophale du XXIème siècle : ils transforment sans scrupules dans le chaudron de Wall Street le papier en or.

Spoutnik, pour Novopress

Photo en une : crédit covilha (cc) via Flickr

Bilderberg, Trilatérale et Wall Street : Monti en accusation au Parlement européen [vidéo]

Bilderberg, Trilatérale et Wall Street : Monti en accusation au Parlement européen [vidéo]

17/02/12 – 17h00
PARIS (NOVOpress) –
Séance difficile au Parlement européen mercredi pour le Premier Ministre italien Mario Monti, qui était reçu en assemblée plénière. Le chef de file des députés de la Ligue du Nord, Francesco Speroni, ancien ministre des réformes institutionnelles du gouvernement Berlusconi – avant d’être envoyé au Parlement européen comme un peu trop radical –, a rappelé « les grandes compétences financières » de Monti, acquises notamment « dans des cercles restreints comme Bilderberg et la Trilatérale ». Speroni a ensuite évoqué le récent voyage de Monti « à Wall Street pour rencontrer les maîtres de cette finance internationale qui nous a réduits à l’état que les citoyens de l’Union européenne et en particulier ceux de l’Euroland connaissent bien, à partir de leurs propres portefeuilles. Je me demande encore si vous avez rencontré vos complices ou vos maîtres ».

« Complices – a poursuivi Speroni – puisque, en tant que commissaire européen pendant dix ans, vous partagez la responsabilité de la situation économique et financière de l’Union. Maîtres, parce que, depuis que vous avez revêtu la charge de chef de gouvernement, sans passer par des élections démocratiques, vous vous employez brillamment à piller les contribuables, en jouant le rôle de receveur officiel de la finance internationale ».

Le nouveau Président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz (généralement connu en Italie comme le kapo, depuis que Silvio Berlusconi lui avait donné ce surnom en 2003) a coupé la parole à Speroni, en lui éteignant son micro. Mais le mauvais quart d’heure de Monti n’était pas tout à fait terminé puisque l’intervenant suivant, le député européen français Bruno Gollnisch, l’a interrogé sur son manque de légitimité démocratique.

Monti n’a pas répondu à Speroni, qu’il a préféré couvrir de son ironie méprisante: « J’attends de pouvoir examiner le texte écrit de l’intervention, en raison de la complexité des points philosophico-systématiques qu’elle présente ». « Monti, a riposté Speroni, a essayé de me tourner en ridicule. Moi, au Parlement européen, je fais de la politique, pas de la philosophie. Je n’utilise pas les grands mots dont Monti a l’habitude dans les amphithéâtres universitaires. Je fréquente les gens normaux, je m’exprime simplement ».

Monti a répondu en revanche à Bruno Gollnisch, en français, et a reconnu avec une remarquable franchise, ou peut-être avec un remarquable cynisme, qu’il n’avait aucune légitimité démocratique. « Mais si on vous avait demandé à vous de prendre les rênes de votre pays dans un moment de difficulté, je ne sais pas si vous auriez refusé parce que vous n’aviez pas de légitimité démocratique ».

On reconnaît le modèle de la dictature romaine, très en vogue sous le fascisme. La démocratie italienne, depuis 1945, avait généralement évité de s’y référer, car, de la dictature à la romaine à la dictature tout court, la pente est aisée.

Image en Une : copie d’écran de la vidéo ci-dessus sur YouTube.

Le gouvernement américain réprime la fronde anti-Wall Street

Le gouvernement américain réprime la fronde anti-Wall Street

27/10/2011 – 19h00
OAKLAND (NOVOpress) –
Le gouvernement américain tente par tous les moyens de réprimer la fronde anti-Wall Street qui se développe dans le pays.

Ainsi, la police américaine a dispersé avec violence mardi soir une manifestation anti-Wall Street à Oakland. Les forces américaines n’ont pas hésité à utiliser des balles en caoutchouc (photo) et à jouer de leur matraque pour disperser le rassemblement.

D’ailleurs, un ancien combattant d’Irak, Scott Olsen, a été grièvement blessé et a été admis en urgence dans un état critique. Dans un communiqué, l’association des « Anciens combattants d’Irak contre la guerre » (Iraq Veterans Against the War) a affirmé qu’il souffrait d’une fracture du crâne, après avoir été touché par un projectile de la police. Selon un ami de l’ancien combattant, la victime avait participé aux manifestations d’Oakland parce « qu’il trouvait que les grandes entreprises et les banques avaient trop d’influence sur le gouvernement ».
Au total, plus de 85 personnes ont été arrêtées.

Rappelons que depuis le 17 septembre, des militants sont installés dans le quartier financier de Wall Street à New York pour dénoncer les excès du monde de la finance et les inégalités croissantes.

[box] Photo : Manifestation à Oakland 25 octobre 2011. Crédit : TheBlackHour.com. Licence CC. [/box]

Une large majorité d’américains soutient les « indignés » de Wall Street

Une large majorité d’américains soutient les « indignés » de Wall Street

22/10/11 – 15h00
NEW-YORK (NOVOpress)
– Même dans la patrie phare du capitalisme, le règne irresponsable de la finance spéculative et la toute puissance des banques ne sont plus au goût du jour.

En effet, plus de 60% des Américains soutiennent le mouvement « Occupy Wall Street », selon un sondage réalisé par le grand quotidien américain USA Today.

Face aux difficultés économiques croissante et à une sensible paupérisation, la population américaine estime même à près de 78% que les représentants des grandes institutions financières sont totalement ou largement responsables de la situation actuelle.

Le mouvement « Occupy Wall Street » occupe depuis le 17 septembre le quartier des affaires de New York ou il a déjà subit de nombreuses arrestations et diverses violences policières.

Crédit photo : Atomische • Tom Giebe. Licence CC.

Accusations d'antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais

Accusations d’antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais


18/10/11 – 08h00
NEW-YORk (NOVOpress)
– Peut-on contester le pouvoir excessif des banques sans être taxés d’antisémitisme ? C’est la question que vont bientôt pouvoir se poser les « indignés » qui occupent les abords de Wall Street au regard de la campagne qui commence à naître sur divers sites communautaires juifs pour dénoncer les « dérives » du mouvement de contestation anti-libéral.

Ainsi, le comité « Urgence pour Israël » a récemment publié la vidéo ci-dessous, rassemblant des images sur lesquelles on peut voir des passants juifs pris à partie par des « indignés » qui leur reprochent notamment la crise financière et le montant de l’aide américaine à Israël.

Dans cette vidéo, on peut par exemple voir un jeune manifestant pointant du doigt un vieux juif New yorkais portant une Kippa et lui hurlant:  » Je travaille, je gagne sept dollars de l’heure. Vous avez l’argent ! Tu ne comprends pas l’anglais? Retourne en Israël« .
Intervient également un afro-américain mettant en cause le pouvoir excessif, selon lui, de la minorité juive aux Etats-Unis.

Le comité « Urgence pour Israël » souligne également la présence parmi les pancartes brandies par les manifestants, de certaines affirmant « Gaza soutient l’occupation de Wall street » ainsi que « Rue des juifs de Wall street » ou « Rue des juifs milliardaires »

Alors, véritable tendance au sein du mouvement des « indignés » ou incidents isolés montés en épingle pour tenter de décrédibiliser et de diviser la contestation ?

Difficile de le dire à l’heure actuelle, mais rappelons toutefois que le comité « Urgence pour Israël » est un groupe activiste conservateur, animé par l’éditeur du magazine « Weekly standard », dont le but avoué est de capter les voix de l’électorat juif en faveur des républicains aux prochaines présidentielles.

Crédit photo : Julien Lagarde via Flickr (image sous licence cc)

Le territoire de l’euro, môle de la résistance et de la reconquête européennes, par Gérard Dussouy [tribune libre]

« Le territoire de l’euro, môle de la résistance et de la reconquête européennes », par Gérard Dussouy [tribune libre]

28/09/2011 – 17h00
PARIS (NOVOpress) – Gérard Dussouy, universitaire, professeur de géopolitique à Bordeaux IV fait autorité dans son domaine. Il a été l’un des conférenciers de l’Université de rentrée du Bloc Identitaire qui s’est tenue les 9, 10 et 11 septembre devant 150 personnes. Il livre en exclusivité pour Novopress son analyse sur la crise de la dette et en particulier sur l’actualité grecque : une bouffée bien nécessaire d’optimisme, notamment appuyée par les travaux du très important « Laboratoire européen d’anticipation économique » ( LEAP ) qui publie l’excellent bulletin mensuel appelé GEAB.

La banque centrale européenne

La banque centrale européenne©DR

La mondialisation, contrairement à ce qu’en disent les adeptes d’Adam Smith (ceux qui voient en elle l’émergence d’une société globale, démocratique et pacifiée par la prospérité du marché), est un état de guerre. Les principaux enjeux n’en sont plus militaires, pour combien de temps nul ne le sait, mais commerciaux, financiers et monétaires. Les assauts sont aujourd’hui dirigés contre le territoire de l’euro, le seul territoire européen authentique réalisé à ce jour puisqu’il réunit 17 Etats qui disposent des mêmes signes monétaires et qui sont dirigés depuis un centre unique (le Banque centrale européenne sise à Francfort/Main). C’est donc une situation inédite dans l’histoire, inhérente aux transformations du monde, qui veut qu’une construction politique, celle de l’Europe, se cristallise maintenant autour de sa défense monétaire.

Les ennemis sont désignés (GEAB n°57, 15/09/11), à savoir les opérateurs financiers de Wall Street et de la City qui sont devenus les grands féodaux d’une mondialisation qu’ils ont mise en coupe réglée et qui n’entendent pas voir s’organiser face à eux une puissance de type étatique, susceptible de conduire une politique économique contraire à leurs intérêts, et qui leur échapperait. Ils tirent parti, bien entendu, de l’insuffisante intégration de l’Union européenne, des disparités économiques qui la caractérisent, et des gestions approximatives de trop nombreux gouvernements. Les alliés potentiels existent aussi en la personne des BRICS (économies émergentes), parce qu’ils ont besoin des débouchés européens, mais à condition de régler certains différends commerciaux. Ce qui pourrait se faire grâce à la substitution du néomercantilisme régionalisé au multilatéralisme ultralibéral en vigueur.

Wall Street

Wall Street©DR

La situation de la zone euro est certes difficile en raison du mauvais état des finances publiques de plusieurs Etats-partenaires. Mais cela justifie-t-il l’alarmisme qui règne à son encontre ?

Des économistes de divers horizons ont annoncé sa dislocation à brève échéance, suite à la défaillance de la Grèce (annoncée pour octobre ou novembre 2011) et à l’emballement consécutif des crises italienne, portugaise, espagnole et irlandaise… Certains chiffres, s’ils devaient se vérifier, sont impressionnants, puisque pour sauver la Grèce, il faudrait lui procurer de 340 à 380 milliards d’euros entre 2012 et 2019, tandis qu’ à plus court terme, de 390 à 440 milliards d’euros seraient nécessaires pour soutenir les autres pays en difficulté. A cela, on peut tout de même opposer les énormes capacités de l’Europe de l’euro (Ee) qui dispose du second PNB du monde avec un total de 8400 milliards d’euros en 2010 ; ce qui présuppose un pouvoir de négociation d’importance pour peu que l’on arrête une stratégie unitaire. Le PNB de la Grèce, quant à lui, en représente moins de 3%, ce qui relativise le pays à risque qu’elle peut être aux yeux de certains, et a fortiori l’impact de sa sortie éventuelle. L’Ee détient un fonds de solidarité, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) d’environs 500 milliards d’euros.

Et surtout, comme le souligne le LEAP/2020, grâce à la prise de conscience née de la crise, l’Ee est devenue un espace permanent de discussion en quête de solutions. Parmi celles-ci, la monétisation des dettes des pays les plus en difficulté (ce qui permet de réduire la pression des marchés sur ces Etats), sachant que dans ce domaine la BCE dispose d’une énorme capacité de rachat. D’autres procédés financiers et monétaires sont à l’étude, comme le renforcement du FESF, et comme la restructuration de la dette de la Grèce qui ne veut pas quitter le territoire monétaire européen, parce qu’elle n’y a aucun intérêt. A quoi bon se retrouver sur la scène internationale avec une monnaie dévaluée, qui ne vaut pas un kopek (surtout quand il faut emprunter à un taux alors usuraire), quand il faut importer toute son énergie, ses biens d’équipement, et que l’on a rien à exporter? Et cela vaut pour beaucoup d’autres en Europe, même pour ceux qui ont la prétention d’être encore une grande nation.

La situation actuelle est donc moins désespérée qu’elle n’y paraît ou que les grands médias anglo-saxons se plaisent à le dire et à l’écrire. Mieux encore, elle devrait permettre un pas en avant dans l’intégration européenne et un autre vers l’homogénéisation des systèmes sociaux et économiques des pays européens, dont plusieurs ne peuvent plus faire l’impasse sur leur rationalisation (voir leur modernisation). Techniquement parlant, le territoire de l’euro a les moyens de traverser la crise qu’il connaît. Beaucoup dépend de la clairvoyance, de la sérénité et de la volonté des dirigeants des Etats européens. Des échéances électorales s’annoncent dans plusieurs pays. En France, quel que soit l’élu (ou l’élue) parmi les candidats qui ont les meilleures chances, on peut craindre malheureusement, encore une fois, l’exercice d’un « quinquennat inutile ». Pourtant, l’Ee, malgré les défaillances des uns et des autres, devrait assumer son rôle de bouclier quand la crise américaine, annoncée comme inéluctable par beaucoup, va se transmettre au reste du monde.

Car la situation des Etats-Unis, comme celle de la Grande Bretagne, pays qui est le plus endetté du monde si l’on cumule la dette privée et la dette publique, est bien plus comprise et même inextricable que la nôtre (GEAB n°57). Le déficit public américain va encore s’accroître, tandis que les coupes budgétaires vont rendre le climat social insupportable. Il est donc peu probable que l’Administration Obama soit reconduite en 2012. Et en 2013, il est bien possible qu’une nouvelle présidence républicaine dure donne le signal du retour au protectionnisme (seul cadre dans lequel les Etats-Unis peuvent se ressourcer, et ils en ont les moyens), pour peu qu’elle trouve un compromis avec la Chine, son principal bailleur de fonds. Les gouvernants américains n’ont pas d’état d’âme quand il s’agit de l’intérêt économique des Etats-Unis : business is business. En 1934, Franklin Roosevelt n’a pas hésité à dévaluer le dollar de 40% pour essayer de surmonter, en vain, la Grande crise qu’ils n’ont vaincue que grâce à la Seconde guerre mondiale. Mais en déclenchant une cascade de dévaluations et en déstabilisant le commerce international. En 1971 puis en 1973, Richard Nixon a d’abord suspendu la convertibilité en or du dollar, puis l’a dévalué de près de 30%, ne tenant pas compte du fait que la monnaie américaine était le pilier principal des accords de Bretton Woods (1944) voulus par les Etats-Unis.

Face à un contexte économique mondial qui risque fort de changer, d’être bousculé sinon bouleversé, les Etats de l’Ee ont tout intérêt à demeurer soudés autour de leur monnaie unique. Car le retour à des monnaies nationales sans aucun pouvoir d’achat n’ajouterait qu’au désarroi, et ferait le jeu d’un dollar en déshérence. En revanche, le territoire de l’euro, au delà de la résistance qu’il est en mesure d’offrir aux tourmentes de l’économie mondiale en récession, peut permettre à l’Europe de reconquérir toute sa souveraineté. Il faudra pour cela que les Européens se décident enfin, et le moment sera venu, à utiliser l’euro comme leur véritable monnaie internationale, monnaie de réserve mais aussi monnaie paiement, et à en faire l’instrument d’une véritable politique conjoncturelle européenne. Ce qui est une façon de poser la question de l’Etat européen…

“Occupy Wall Street”

« Occupy Wall Street »

17/09/2011 – 08h30
PARIS (NOVOpress) –
Inspirés des révolutionnaires égyptiens et des indignés espagnols, des Américains s’apprêtent à lancer le samedi 17 septembre 2011 leur propre mouvement de contestation sociale.

Ce mouvement initié par la revue Adbusters et la fondation éponyme s’appelle « Occupy Wall Street ». Cette initiative réside dans la volonté de révéler au grand public le caractère antidémocratique du système américain et de signifier le ras-le-bol légitime de la population américaine face à la corruption du monde politique et à la mainmise des grandes entreprises financières sur l’establishment américain. Le journal qui regroupe un réseau d’artistes, d’écrivains et d’activistes appelle Barack Obama à créer une commission présidentielle chargée de freiner l’influence de l’argent sur les élus à Washington. Et le moyen pour parvenir à faire bouger les choses est simple: à l’instar des indignés espagnols, le mouvement espère rassembler plus de 20.000 personnes sur la célèbre place de Wall Street pour y dresser un camp pendant plusieurs mois.

“Occupy Wall Street” Cet élan contestataire veut surtout rassembler le plus grand nombre d’Américains qu’ils soient de droite ou de gauche. L’objectif étant de se faire entendre auprès d’Obama à travers de multiples revendications : le démantèlement de la moitié des milliers de bases militaires que possèdent les États-Unis à travers le monde ; une meilleure gestion de l’argent public et surtout pointer du doigt le rôle néfaste des banques et du monde de la finance. « Occupy Wall Street » prend de l’ampleur grâce aux réseaux sociaux qui participent au développement du mouvement. Plusieurs affiches appelant à l’occupation de l’emblématique quartier financier de Manhattan circulent désormais sur Twitter et Facebook. Un site récoltant des donations pour l’approvisionnement en nourriture et en eau a également été mis en ligne. Mais surtout la détermination des participants sera capitale. Pour le moment elle demeure intacte et plus que jamais renforcée par l’accroissement des disparités entre américains ; des disparités que le président Obama pourtant présenté unanimement par les médias comme le sauveur de l’Amérique, n’a jamais été en mesure de réduire.

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !


12/08/11 – 19h00
PARIS (NOVOpress)
– La crise économique qui secoue les Etats et appauvrit les populations est paradoxalement l’occasion pour certains d’une spéculation de grande envergure permettant un enrichissement considérable.

Ainsi, en pariant sur un effondrement de la conjoncture mondiale, le fonds américain Bridgewater Associates aurait gagné plus de 3 milliards de dollars sur la seule semaine dernière.

Sans attachement national ni morale autre que celle du profit, certains « hedge fund » profitent de la crise, n’hésitant pas parfois à l’accentuer par stratégie financière.

C’est le Wall Street Journal qui a révélé l’étendue des bénéfices du fond Bridgewater mais celui-ci ne serait pas le seul à faire de considérables profits sur le dos de la crise.

Och-Ziff Capital Management, de son côté, a acheté pour 12 milliards de dollars d’options au cours du premier trimestre 2011, ces options voyant leur prix augmenter lorsque la volatilité s’accroît sur les marchés financiers. Et l’indice Vix, qui mesure cette volatilité, s’étant envolé depuis fin juin, passant de 16 à plus de 40, Och-Ziff capital a ainsi pu engranger plusieurs milliards de plus-value.