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Franxit ? OUI !

14/03/2016 – FRANCE (Présent 8566)

La possibilité accordée aux Britanniques de se prononcer pour ou contre l’appartenance de leur pays à l’Union européenne fait des envieux. Ceux qui voudraient en bénéficier en Europe, ce sont d’abord les Français. C’est ce qui résulte d’une enquête de l’université d’Édimbourg effectuée le mois dernier auprès de 8 000 électeurs dans six pays : Allemagne, France, Pologne, Irlande, Espagne et Suède.
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53 % de nos compatriotes souhaitent qu’on leur demande s’ils veulent continuer la folle course vers « une union toujours plus étroite », selon la formule des traités européens. Les Français sont les seuls à être majoritairement partisans d’une telle consultation pour leur pays (45 % en Allemagne, 47 % en Espagne, 49 % en Suède, 39 % en Pologne…) Cette étude, publiée le 10 mars, est la première à interroger les opinions publiques européennes à l’occasion de la consultation au Royaume-Uni.

Si les Français sont majoritairement en faveur d’un référendum au sujet du Franxit, ils sont aussi les plus favorables à la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. Comme si, faute de bénéficier du même droit, ils se réjouissaient de celui de leur voisin. Fort logiquement, c’est en France que l’on souhaite le plus mettre fin à la liberté de circulation en Europe.
C’est aussi chez nous que 53 % de nos concitoyens veulent réduire l’accès aux aides sociales des étrangers. Au moins que l’on obtienne le peu que les Britanniques ont arraché au Conseil européen, à savoir un délai de quatre ans avant que ces étrangers aient les mêmes prestations que les nationaux !

La classe politique française ne s’émeut guère du vœu des Français. Quoique les dirigeants des partis n’aient que les mots « démocratie », « concertation », « respect » à la bouche, aucun ne songe à interroger les électeurs pour savoir ce qu’ils veulent, sauf le Front national qui annonce un référendum sur l’euro, lié à l’UE. Ces mêmes partis s’étonnent ensuite de la montée en puissance des souverainistes, des nationalistes, qu’ils appellent « populistes » de façon péjorative. En l’absence de consultation directe, ceux qui veulent exprimer leur refus de cette Europe-là votent pour les formations qui la récusent.

Mais il est vrai que cette même enquête révèle aussi qu’en cas de référendum, 45 % des Français voteraient pour rester dans l’UE, 33 % pour quitter (22 % sans opinion). Que les eurocrates ne s’en réjouissent pas trop vite ! Ils ont la mémoire courte. Rappelons que, lors du référendum sur la Constitution européenne, selon les sondages le oui l’emportait massivement en octobre 2004, à 69 % contre 31 % pour le non.
Six mois plus tard, en avril 2005, c’est le non qui faisait la course en tête 54 % contre 46 % pour le oui, ce qui correspondra au verdict final le mois suivant. Pour ce qui est du traité de Maastricht, le oui ne l’emporta que sur le fil, alors qu’au début de la campagne il était massivement plébiscité.
Il est sûr que l’annonce officielle d’un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne, en faisant renaître l’espoir, susciterait un élan vers l’émancipation de la tutelle bruxelloise. À ceux qui en doutent, socialistes, centristes, républicains, nous disons « chiche ! ». Hélas, ils ne se risqueront pas à proposer un référendum…

Guy Rouvrais

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« Frexit », migrants : les sondages nous donnent raison

Source : Boulevard Voltaire

Deux enquêtes récemment publiées font état du profond décalage entre les discours des élites au pouvoir et les préoccupations du peuple.

Deux enquêtes récemment publiées font état du profond décalage entre les discours des élites au pouvoir et les préoccupations du peuple. La première, menée par l’université d’Édimbourg et le cercle de réflexion allemand D/part, traite du rapport qu’entretiennent les Européens avec l’Union européenne. La seconde, rendue par l’IFOP, étudie l’opinion des Français par rapport à l’immigration. Dans ces deux enquêtes, les Français interrogés donnent raison aux eurosceptiques et aux opposants à l’immigration de masse.
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Les immigrés ont une place d’importance dans la partie d’échecs entre la France et l’Angleterre

04/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Hier se tenait le sommet franco-britannique annuel réunissant François Hollande et David Cameron. Bien sûr, la question brûlante de cette rencontre portait sur le Brexit qui risque de bouleverser le visage de l’Union européenne. La veille, Emmanuel Macron avait fait planer une menace en affirmant que si la relation entre l’Angleterre et le reste de l’UE se rompait, « les migrants ne seraient plus retenus à Calais ».
De plus, le ministre de l’Économie a subodoré qu’en cas de Brexit, le Royaume-Uni n’aurait plus un accès complet au marché unique et que Paris pourrait inciter les services financiers à quitter le Royaume-Uni pour la France. Dans une telle situation, les immigrés sont une masse bien utile pour le gouvernement français et le Brexit un bon moyen pour s’en débarrasser.
François Hollande a cependant affirmé que ce n’était pas à la France de faire pression sur les Britanniques pour dicter leurs choix.

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De la crise migratoire au Brexit : l’Union européenne en voie d’atomisation

Source : Boulevard Voltaire
Schengen n’est déjà qu’un vague souvenir. L’Euro s’effondre progressivement. Les nations libres s’imposent comme la solution d’avenir, la solution logique.

Le premier coup dur porté à la construction européenne fut le référendum volé de 2005. Une large majorité de Français avaient refusé le traité établissant une Constitution pour l’Europe, avant d’être trahie, peu de temps après, par Nicolas Sarkozy. Échaudés, les télégraphistes de Bruxelles (pardon, les gouvernants français) n’ont, depuis lors, plus présenté de référendum au peuple. Quand le peuple vote mal, on ne le fait plus voter.

L’Allemagne porte la responsabilité du démantèlement prévisible de l’Union européenne. En cause, sa politique égoïste et irresponsable dans tous les domaines : immigration, économie, défense et énergie. Quant à la France, elle est coupable de faiblesse. Soumis, les dirigeants français n’ont eu de cesse de faire des cadeaux à Berlin. Tout s’est accéléré sous la présidence de François Mitterrand, lequel, européiste acharné, craignait que l’Allemagne réunifiée ne se tourne irrémédiablement vers l’Est.
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Brexit pour les dupes

22/02/2016 – EUROPE (Présent 8551)

David Cameron était allé à Bruxelles pour participer au Conseil européen, avec mission de défendre les intérêts des Britanniques en secouant la tutelle bruxelloise, il en est revenu en petit télégraphiste de ses pairs pour convaincre ses compatriotes de rester au sein de l’Union européenne en votant oui au référendum. Pour cela, il faut qu’il ait lui-même l’air convaincu. Il a donc essayé, dès son retour, de démontrer qu’il avait gagné sur toute la ligne… ou presque, et la face de l’Union allait en être changée, comme celle des îles britanniques.
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Le Premier ministre a assuré aux sujets de Sa Majesté que l’accord « nous donne le meilleur des deux mondes », le beurre et l’argent du beurre, les avantages de l’UE sans les inconvénients : « Le Royaume-Uni ne fera jamais partie d’un super État de l’Union européenne, le pays n’adoptera jamais l’euro, nous ne participerons pas aux parties de l’Union qui ne fonctionnent pas. » Il peut donc faire campagne pour le oui, ses revendications ont été satisfaites. Mais cela, c’est un discours à usage interne…

Tout est changé, dit-il. Rien n’est changé, répondent ses homologues. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a certes déclaré que l’accord « renforce le statut spécial de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Pas glamour, mais sans concession sur les valeurs fondamentales de l’Europe ».
Et sans « dérogation aux règles » européennes, s’est empressé d’ajouter François Hollande, qui a précisé : « Il n’y a pas de révision prévue des traités et de droit de veto du Royaume-Uni sur la zone euro, ce qui pour la France était très important. » Est-ce donc l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein ? Non, il s’agit d’un marché de dupes : en échange d’un engagement ferme du Premier ministre britannique de soutenir le oui, il n’a reçu que des promesses conditionnelles, à l’accomplissement lointain ou hypothétique.

Parmi ses revendications, il y avait l’abrogation, ou au moins la réduction, du versement des allocations familiales pour les travailleurs européens dont les enfants sont restés au pays. Accordé ! Mais l’adoption définitive dépend du vote du Parlement européen qui n’interviendra qu’après le référendum du 23 juin ! Quant au veto des parlements nationaux sur les projets européens, il se traduit par ceci : quand 16 de ces 28 parlements nationaux s’accorderont pour contester un texte de la Commission contraire au principe de subsidiarité, à ce moment-là, figurez-vous que l’accord prévoit de déclencher… « une discussion approfondie » (sic) au Conseil.
C’est tout !

David Cameron demandait d’échapper à l’engagement vers une « Union toujours plus étroite », l’un des piliers de la construction européenne. Il a obtenu cette exemption. Laquelle sera effective quand elle sera intégrée au traité européen lors d’une prochaine révision à une date inconnue… si révision il y a. Ce qui signifie que la Grande-Bretagne est toujours soumise à cette clause. David Cameron voulait un délai de quatre ans pour les ressortissants de l’UE au Royaume-Uni avant de bénéficier des aides sociales, il n’a obtenu qu’une limitation de ces aides.

Il est douteux qu’avec un tel bilan, Cameron convainque ses concitoyens de dire oui à cette Europe-là, alors que le non a le vent en poupe. Le Brexit est pour bientôt.

Guy Rouvrais