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Air France : les voyous cégétistes impunis ?

16/10/2015 – FRANCE (Présent 8463)

Que s’est-il passé au siège d’Air France le 5 octobre ? Pas grand-chose, quasiment rien… Certes, sur tous les écrans de télévision du monde on a pu voir des dirigeants de la compagnie aérienne agressés, frappés à coups de poing, recevant des projectiles, la chemise et les vêtements déchirés.
Sans doute, cinq de ceux qui ont commis ces faits ont été mis en examen pour « violences aggravées », mais cela, c’est l’apparence. La réalité ? C’est le chef de l’État lui-même qui nous l’a révélée mardi.
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Après avoir souligné que, à Air France comme ailleurs, « la violence peut être destructrice », il a déploré « la brutalité » qui s’y est manifestée. Il aurait dû mettre le mot au pluriel, car il y en eut deux selon lui : « … pas simplement la brutalité dans des mouvements, mais aussi la brutalité d’un certain nombre de décisions qui peuvent être celles des patrons. »
La brutalité du PDG d’Air France, c’est l’annonce des 2 900 licenciements, celle des cégétistes, c’est leur riposte. C’est la vieille antienne marxiste sur la violence capitaliste qui justifie la violence révolutionnaire. Mélenchon et Besancenot ont dit la même chose que le chef de l’État avec plus de véhémence.

Ainsi, les agresseurs des cadres dirigeants ne sont pas des coupables, mais des victimes usant de légitime défense. Et dire que Manuel Valls avait traité de « voyous » ces héroïques résistants à l’horreur capitaliste ! On veut espérer pour lui que la CGT ne le poursuivra pas pour injure à l’égard de cette avant-garde cogneuse du prolétariat en marche.

Le président a parlé de « brutalité », peut-être est-il allé un peu loin trop vite… Car Le Monde nous révèle « de source policière » – autrement dit le ministère de l’Intérieur – que les enquêteurs concluent qu’il s’agit davantage d’une « bousculade » ayant dégénéré que d’un « lynchage ». Quant à la chemise déchirée, on apprend, toujours de la même source, que les « vêtements ont pu être arrachés aussi bien par les manifestants que par les vigiles qui tentaient d’exfiltrer les deux hommes ! » Donc, les cadres ont été seulement un peu bousculés et les vigiles, de grands maladroits, ont pu, par inadvertance, les déshabiller à moitié… Pas de quoi fouetter un syndicaliste ! Ces individus ont été mis à pied temporairement par Air France, qui a poussé la répression jusqu’à les priver de salaire pendant ce temps, les capitalistes sont décidément impitoyables !

Ils doivent être jugés en décembre, le chef de l’État a déjà écrit leur plaidoirie, il suffira à leurs avocats de le citer. Ils sont pratiquement assurés de l’impunité, comme dans la plupart des autres cas tout aussi violents et scandaleux : ou les casseurs ne sont pas poursuivis ou les plaintes sont retirées pour renouer « le dialogue social ».

Détail savoureux, le directeur long-courrier, Pierre Plisonnier, que l’on a vu la chemise déchirée, n’est autre que le fils de Gaston Plisonnier, dirigeant du parti communiste pendant des décennies, assurant l’intérim de Marchais malade. Décidément les cégétistes ne respectent plus rien, pas même le fils d’un vieil apparatchik du parti !

Guy Rouvrais