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Seine-Saint-Denis : la manifestation lycéenne en hommage à Rémi Fraisse vire à l'émeute

Criminalité : la France sauvage

Source : Boulevard Voltaire
Nous reprenons ci-dessous la carte publiée par Boulevard Voltaire des 56 « Quartiers sensibles de non-droit » de France métropolitaine et l’analyse du criminologue Xavier Raufer

En exclusivité pour Boulevard Voltaire, voici en France métropolitaine, dans les 23 départements concernés, les 56 « Quartiers sensibles de non-droit ».

« Politique de la ville » : le retour. Après les attentats du début janvier, le gouvernement a promis des mesures fortes pour la « politique de la ville ». Il soulignait alors « l’urgence d’agir en faveur des banlieues… de dénoncer la relégation périurbaine des ghettos ». Dès lors, maints ronflants bidules, genre « Conseil national des politiques de lutte contre l’exclusion », ont gambergé. Le 6 mars 2015, se tenait enfin, en grande pompe, un « Comité interministériel des villes » : 16 ministres et secrétaires d’État y planchèrent sur le thème « égalité et citoyenneté, la République en actes ».
Ce comité aurait d’abord pu expliquer aux Français par quel miracle, plus encore de politique de la ville aurait un effet positif, au vu de l’absolu échec de ladite politique, ces trois décennies écoulées. Et pourquoi des enragés à la Merah, Kouachi, etc., cesseraient-ils de massacrer des innocents si l’on accroissait la mixité sociale, eux qui vomissent toute proximité avec des infidèles ? Ayant éludé cela, le conseil s’est borné à poser des cautères sur quelques jambes de bois – même Le Monde a déploré un exercice « sans mesures-chocs ni gros moyens ».
Le désastre est à venir… Ainsi, parions que la situation se dégradera encore dans les « quartiers sensibles de non-droit ». Et là, prévenons nos gouvernants : plus de chaos encore dans ces cités et alentours compromettra forcément, à terme, la stabilité sociale du pays entier.
Car il se sait de longue date – sauf peut-être au « Conseil national des politiques de lutte contre l’exclusion » et autres gadgets médiatiques – que la survie autonome de tout organisme vivant, individu ou corps social, tient à un ordre interne stable et constant. Dès le XIXe siècle, le professeur Claude Bernard résumait d’une fulgurante formule cette obligation : « La fixité du milieu intérieur est la condition de la vie libre ». Les militants et travailleurs sociaux curieux d’en savoir plus chercheront avec profit au dictionnaire le terme savant (homéostase) de ce maintien stable et constant de l’environnement interne.
Or les « quartiers sensibles de non-droit » sont tout, sauf homéostatiques. Le désordre y règne. Le chaos y pointe. Si l’ordre n’y est pas rétabli sans tarder, s’ils s’enkystent et métastasent encore, de graves périls nous attendent, en matière de crime organisé ou d’islamisme armé.
En exclusivité pour Boulevard Voltaire, voici en France métropolitaine, dans les 23 départements concernés, les 56 « Quartiers sensibles de non-droit » (QSN, dénomination officielle).

Xavier Raufer

Métro, vers la porte de Saint-ouen

Saint-Ouen : le supermarché de la drogue en proie aux guerres de gangs

Source : Boulevard Voltaire
Saint-Ouen est pris en otage par les trafiquants de drogue. Les citoyens honnêtes n’ont d’autre choix que de se plier à leurs règles ou de s’exiler vers des horizons plus calmes.

Saint-Ouen, surnommée « le supermarché de la drogue », est devenue une plaque tournante de la région parisienne. Cette ville de Seine-Saint-Denis de 48.000 habitants vit au rythme des guerres de territoires. Ces dernières semaines, le climat est décrit comme « insurrectionnel ». Fin mars, un « jeune » se prenait une balle dans le dos. Quinze jours plus tard, un autre « jeune » dégustait une bastos en pleine mâchoire. Le 25 avril, le quartier de Soubise fut aspergé à la Kalachnikov sans faire de victime. Le 30, une autre fusillade à l’arme automatique a blessé trois fils de dignitaires algériens, dont deux grièvement, venus s’approvisionner… la litanie pourrait continuer longtemps.
Saint-Ouen est ainsi pris en otage par les trafiquants. Les citoyens honnêtes n’ont d’autre choix que de se plier à leurs règles ou de s’exiler vers des horizons plus calmes. En septembre 2012, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, créait la première Zone de Sécurité Prioritaire de la ville, qui en compte aujourd’hui huit. Pour quel résultat ?
Quelques coups de filets spectaculaires attirent l’œil des médias mais se soldent souvent par de maigres perquisitions. « Faut-il qu’une balle perdue vienne tuer des innocents pour que l’État nous accorde enfin les moyens humains et matériels ? », s’agace le maire UDI William Delannoy. Le combat semble bien mal engagé, dans une banlieue où le taux de chômage avoisine 23 %, où les adolescents savent qu’ils peuvent se faire du fric facile en dealant, et où un périmètre lucratif peut rapporter 6.000 à 10.000 euros par jour. Y a-t-il une réelle volonté de neutraliser une économie parallèle qui irrigue toute une frange de la population ? Une victime témoigne :

Je vois des mamans récupérer l’argent que leurs enfants de 13 ou 14 ans gagnent grâce au cannabis et quand je leur demande si elles trouvent ça normal, elles me répondent que ça sert à payer les courses. À partir de là, comment voulez-vous que ça change ?

Cette semaine, quatre suspects ont été interpellés dans le cadre de la fusillade du 30 avril. L’un a été mis en examen pour détention de quinze kilos de cannabis. Les autres ont été relâchés, faute de preuves. La vie continue. Tant bien que mal. Le trafic, lui, se porte bien.

Crédit photo : Victor Brito via Flickr (CC) = Faïence indiquant les directions Clichy et Saint-Ouen à Place de Clichy