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L’opération Barkhane : une illusoire ligne Maginot ?

22/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Suite aux récents attentats de Bamako et de Ouagadougou, Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les questions militaires, a remis en question l’utilité de l’opération Barkhane. L’opération Barkhane c’est une mutualisation des forces françaises au Sahel dans le but d’éviter la reconstitution de foyers de djihadisme. Avec l’opération « sentinelle » en métropole, c’est une réponse du gouvernement français au terrorisme.

Ce journaliste montre qu’au regard de son coût de 700 millions par an, et de sa mobilisation de moyens, de l’ordre de 4 000 hommes et d’une quarantaine d’aéronefs, cette opération ne parvient qu’à de faibles résultats
Les récents attentats indiquent que les terroristes ont contourné l’opération Barkhane. « Barkhane est victime du syndrome de la ligne Maginot. Ces opérations empêchent l’ennemi de passer là où l’on a décidé qu’il ne passerait pas, mais il n’en a cure et prend un autre chemin » selon le journaliste.

Le spécialiste Bernard Lugan tente pour sa part de montrer les résultats positifs de Barkhane
Selon lui, suite aux réductions d’effectifs du couple Sarkozy-Morin, l’armée française n’est plus en mesure de couvrir une zone plus grande que celle de l’opération Barkhane. Or, l’opération Barkhane rend hermétique la frontière entre la Libye et le Niger, et permet d’éviter un nouvel embrasement de l’Afrique par le djihadisme : la région-pivot du lac Tchad est ainsi protégée de la menace de Boko Haram, qui pourrait ensuite embraser le Cameroun.

Deuxièmement, Lugan montre que Barkhane a eu comme résultat concret de séparer les trafiquants d’avec les djihadistes. L’action terroriste reposait essentiellement sur des réseaux de trafiquants ; ces derniers sont gênés dans leur commerce et abandonnent leurs encombrants partenaires
Pour finir, Lugan montre que le vrai résultat, c’est que les djihadistes repoussés par l’opération Barkhane se retrouvent cantonnés à la Libye et au Burkina Faso.

Malheureusement, ces deux pays sont bénéficiaires des opérations humanitaires du Qatar. Ces opérations ne sont qu’un cheval de Troie, destinée à soutenir l’effort terroriste en Afrique
En définitive, Bernard Lugan retourne donc la question : « la France peut-elle lutter contre le djihadisme ouest-africain tout en continuant à privilégier des rapports politiques et commerciaux avec un Qatar clairement à l’origine de la radicalisation des populations de la zone que nous protégeons ? »

coalition_anti-terroriste_soudienne

Ils osent tout : l’Arabie Saoudite à la tête d’une coalition islamique anti-terroriste

15/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
L’un des principaux bailleurs de fonds du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques prend la tête d’une … coalition de pays musulmans pour lutter contre le terrorisme. Les indépendantistes corses n’ont qu’à bien se tenir.

L’Arabie saoudite fait partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, est supposée combattre l’État islamique en Syrie et en Irak. A croire que cela ne suffit pas à blanchir son image de grand financier du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques, puisque Ryad a formé une coalition, comprenant 34 pays, notamment l’Égypte, la Turquie et le Pakistan ou encore le Sénégal, destinée à combattre « toute organisation terroriste » par des opérations militaires.
A la question de savoir si la nouvelle coalition va se consacrer à la lutte contre l’EI, le prince Mohamed, fils du souverain saoudien, a souligné qu’elle allait combattre « toute organisation terroriste ». Elle sera dotée d’un centre de commandement basé à Ryad pour « soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme », selon les communiqués officiels de Ryad.

F16 saoudiens engagés au Yémen

F16 saoudiens engagés au Yémen

En attendant, cette coalition ne rassemble(1) que du beau linge, la Turquie étant connue pour son soutien financier (par le trafic de pétrole) et logistique (par l’acheminement de matériel et d’hommes via son territoire) à l’État Islamique. Le Pakistan, de son côté, a créé, formé et développé le mouvement taliban…avec les fonds saoudiens et le soutien américain. Si l’Égypte est le berceau des Frères Musulmans, l’une des matrices du fondamentalisme révolutionnaire sunnite, il fait bien avouer que le pouvoir égyptien est le seul parmi les grand pays arabes de cette coalition à souffrir du terrorisme et à le combattre.
Parmi les autres membres de cette intéressante coalition, le Soudan est depuis longtemps un foyer terroriste, de même que la Somalie ou la Palestine. Quant à la Libye, elle est partagée depuis la brillante intervention occidentale entre factions plus extrémistes les unes que les autres, laissant l’État Islamique prendre peu à peu le contrôle du pays.
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Réaction du Tchad et du Niger contre Boko Haram

Réaction du Tchad et du Niger contre Boko Haram

09/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
La réaction du Tchad et du Niger n’aura pas tardé à l’annonce d’allégeance de Boko Haram à l’État islamique.
Leurs troupes respectives étaient en poste depuis un bon mois dans la province de Diffa, sous le feu de Boko Haram.
La faction terroriste a multiplié les exactions ces derniers mois faisant encore 58 morts et 139 blessés dans trois explosions samedi 7 mars à Maiduguri, fief historique de Boko Haram et capitale de l’État de Borno (nord-est).
Mais, il semble que ce soit surtout l’annonce de l’union entre l’engeance islamique nigériane et l’EI qui ait fait quitter la position défensive des deux armées régulières pour mener une attaque de grande envergure. L’offensive débutée le dimanche 8 mars à  8 heures du matin est actuellement en cours.


L'armée tchadienne riposte aux islamistes de Boko Haram

L’armée tchadienne riposte aux islamistes de Boko Haram

Ci-dessus : attentat de Boko Haram.

07/02/2015 – N’DJAMENA (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
L’armée tchadienne, et ses 2 500 hommes déployés, sont aux premières loges du combat mené par les pays de la région pour réduire les terroristes fanatiques de Boko Haram. Par un communiqué du haut commandement tchadien, on a appris mercredi que les forces armées avaient anéanti plus de 200 combattants de Boko Haram et une douzaine de véhicules équipés d’armes lourdes, dans la zone des villes nigérianes de Gambaru et de Ngala, non loin de la frontière camerounaise.

C’est un nouveau coup d’arrêt, salutaire, apporté aux derniers raids de Boko Haram au Cameroun, qui ont ravagè, mardi dernier, la ville de Fotokol, tuant des dizaines d’habitants et y brûlant la grande mosquée.

Crédit photo : Diariocritico de Venezuela, via Flickr, (cc).

Hausse des départs pour le djihad : mauvaise ou… bonne nouvelle ? (Présent 8298)

Nigéria : les islamistes de Boko Haram font face à l’armée tchadienne

03/02/2015 – GAMBORU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Les forces tchadiennes ont bombardé la ville de Gamboru, au Nigéria, qui est tenue par les islamistes de Boko Haram. Dans cette localité, les terroristes ont investi les maisons et placé des tireurs de précision à différents endroits. Le général tchadien Ahmat Darry Bazine explique que ces bombardements devraient précéder une opération terrestre. Le Nigéria avait en effet demandé l’aide de la communauté internationale pour lutter contre Boko Haram, et le Tchad y a répondu. Le Tchad avait eu l’occasion de collaborer avec la Force française Serval au Mali, aidant précieusement les Français. En revanche, ils ont quitté la force Sangaris en Centrafrique, les liens du Tchad avec les forces rebelles dans ce pays étant ambigus.

Idriss Déby

Libye : le but de la guerre était-il d’assassiner le colonel Kadhafi ? Par Bernard Lugan

Mardi 16 décembre 2014, à Dakar, lors de la clôture du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique, acclamé par les participants, le président tchadien Idriss Déby a lâché une véritable bombe quand, en présence (photo) du ministre français de la Défense, il déclara qu’en entrant en guerre en Libye : « l’objectif de l’OTAN était d’assassiner Kadhafi. Cet objectif a été atteint« .

Cette accusation est gravissime car, si ce qu’a dit cet intime connaisseur du dossier est fondé, c’est en effet toute l’histoire d’une guerre insensée et aux conséquences dévastatrices qui doit être ré-écrite. Sans parler d’une possible saisine de la Cour pénale internationale. D’autant plus que ce conflit rationnellement inexplicable fut déclenché au moment où, paradoxalement, le régime libyen était devenu notre allié à la fois contre le jihadisme et contre les filières d’immigration.

Revenons donc en arrière: l’intervention décidée par Nicolas Sarkozy influencé par BHL ne prévoyait originellement qu’une zone d’exclusion aérienne destinée à protéger les populations de Benghazi d’une prétendue « extermination ». Il n’était alors pas question d’une implication directe dans la guerre civile libyenne. Mais, de fil en aiguille, violant avec arrogance la résolution 1973 du 17 mars 2011 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la France et l’Otan menèrent une vraie guerre tout en ciblant directement et à plusieurs reprises le colonel Kadhafi.

L’attaque la plus sanglante eut lieu le 1er mai 2011 quand des avions de l’Otan bombardèrent la villa de son fils Saif al-Arab alors que s’y tenait une réunion de famille à laquelle le colonel assistait ainsi que son épouse. Des décombres de la maison furent retirés les cadavres de Saif al-Arab et de trois de ses jeunes enfants.

Réagissant à ce qu’il qualifia d’assassinat, Mgr Martinelli, l’évêque de Tripoli, déclara : « Je demande, s’il vous plaît, un geste d’humanité envers le colonel Kadhafi qui a protégé les chrétiens de Libye. C’est un grand ami. » Telle n’était semble t-il pas l’opinion de ceux qui avaient ordonné ce bombardement clairement destiné à en finir avec le chef de l’État libyen sans tenir compte des « dégâts collatéraux »… La guerre « juste » permet bien des « libertés ».

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Le Sahel dans son ensemble a été déstabilisé par l’intervention contre Kadhafi - L'Afrique Réelle N°40, avril 2013

Le Sahel dans son ensemble a été déstabilisé par l’intervention contre Kadhafi – L’Afrique Réelle N°40, avril 2013

Editorial de Bernard Lugan

Au moment où le Président de la République française s’apprête à rendre des « arbitrages » concernant le budget de la Défense, il faut bien avoir à l’esprit que ce n’est pas le seul Mali, mais le Sahel dans son ensemble, que l’armée française devra tôt ou tard « sécuriser ».
L’intervention contre la Libye du colonel Kadhafi ayant eu pour résultat de déstabiliser toute la région sahélo-saharienne, il va en effet lui falloir protéger les régions stratégiques du Niger tout en garantissant l’environnement tchadien. Tant au Nord, vers la Libye, qu’au Sud vers la RCA, qu’à l’est vers le Darfour et que vers le Sud-est afin d’éviter la contagion du Nigeria.

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