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Dictature des banques : sous prétexte de terrorisme, l’étau se resserre

29/08/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Sous prétexte de rendre la vie plus difficile aux terroristes et délinquants, les paiements en liquide de plus de 1000 euros seront interdits à compter de demain mardi 1e septembre. Opportunisme du Système qui profite de la peur ambiante pour faire avancer le projet d’une société sans cash, donc de contrôle absolu de vos moindres faits et gestes par les banques et le pouvoir.

Interdit de payer plus de 1 000 euros en espèces à partir de demain, contre 3000 euros euros jusqu’à présent. C’est la principale mesure prise par Michel Sapin pour lutter contre le financement du terrorisme. Pour les touristes étrangers, ce sera 10 000 euros au lieu de 15 000. En janvier prochain, seconde vague : vérification d’identité pour toutes opérations de change en liquide au-dessus de 1 000 euros, signalement des retraits ou dépôts sur votre compte en liquide au-delà de 10 000 euros sur un mois, restriction de l’anonymat sur les cartes bancaires prépayées. Bref, la guerre au cash est déclarée !

L’intention affichée est louable, bien sûr : gêner les terroristes qui, pour acheter leurs armes, n’ont parfois besoin que de quelques centaines d’Euros. Les spécialistes estiment que contrairement à ce qui se passait lorsqu’Al Qaeda était tout puissant, les djihadistes français s’autofinancent aujourd’hui à travers des micros financement qu’il est donc nécessaire de pouvoir repérer.

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La menace terroriste, formidable opportunité pour augmenter le contrôle social, ici via le contrôle du cash.

Mohammed Merah ? C’était surtout des « go-fast » – le transport de drogue entre l’Espagne et la France. Les frères Kouachi ? Des petits trafics de contrefaçons. Leur complice Amedy Coulibaly ? Un crédit à la consommation de 6.000 euros chez Cofidis. Pour Éric Vernier, professeur de finance et spécialiste du blanchiment au micro de France Info,

on a le crédit à la consommation, on a le crédit revolving qui peut très bien servir à ce type d’opérations. Vous pouvez aller dans toutes les banques ouvrir assez facilement des lignes de 2.000-3.000 euros assez facilement. Vous multipliez par cinq ou six établissements et très vite vous avez 15.000 ou 20.000 euros. Et donc financer par exemple un départ vers la Syrie ou des achats d’armes en liquide dans certains quartiers de Marseille ou de Paris

Il y a aussi les fraudes à la carte bancaire ou aux assurances. Le crowdfunding même ! Ces plates-formes participatives sur Internet permettent de collecter des fonds pour un projet personnel. Bref, s’il s’agit de lutter contre le terrorisme, Sapin est à côté de la plaque. Toujours sur France Info, Jean-Charles Birsard, du Centre d’Analyse du terrorisme, confirme :

les mesures annoncées portent très peu sur les moyens utilisés par les terroristes. Par exemple, envoyer de l’argent à travers des téléphones portables, à travers des cartes bancaires prépayées anonymes. On n’a pas aujourd’hui la capacité de modéliser ce financement.

Bien sûr, ces mesures répondent à un objectif de communication : le pouvoir met en scène sa « réponse » au terrorisme, en fait son absence totale de gouvernement, comme avec Valls qui met en place le numéro d’urgence 3117… qui existe depuis 2014 et Sapin, donc, qui annonce cette mesure anti-cash comme une réponse à l’attentat du Thalys. De fait, la loi date de mars 2015 (elle était déjà présentée comme une réponse à l’attentat de Charlie Hebdo) et ses décrets d’application ont été publiés le 27 juin.

Mais surtout, on ne peut s’empêcher de se dire que l’occasion était trop belle : les ennemis du cash ont essayé d’adopter une loi en 2012 visant à limiter l’utilisation des paiements en liquide, passant d’un montant maximum de 3 000 euros à 1 000 euros. La loi fut refusée. Les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché juif en janvier 2015 ont permis de faire passer cette mesure, au motif que les attaques avaient été partiellement financées en utilisant de l’argent liquide.
Pour autant, les crédits à la consommation, utilisés aussi pour financier le terroriste Amedy Coulibaly, n’ont pas été limités…
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Geórgios Andréas Papandréou, premier ministre grec

Les Grecs s’attendent à la faillite, mais restent attachés à l’euro

06/10/2011 – 15h30
ATHÈNES (NOVOpress) — La Grèce est en proie au désespoir. La grande majorité de ses habitants s’attendent à la faillite. Les mêmes, pourtant, ne veulent pas retourner à la drachme.

La plupart des Grecs estiment, selon une enquête récente, que la faillite de leur État est inévitable. C’est ainsi que 67,3 % des personnes interrogées s’attendent à un défaut de paiement de leur pays, comme l’a montré une enquête représentative de l’institut de sondage Kapa Research dans le journal athénien paraissant le dimanche, To Vima.

Et pourtant : 70 % d’entre eux ne veulent pas quitter la zone euro dans ces conditions. A peine un Grec sur cinq est en faveur d’un retour à la drachme. Les citoyens sont, selon l’enquête, majoritairement favorables à des licenciements dans le secteur public. 58,9 % s’y sont déclarés favorables. 40 % se sont prononcés contre. Neuf personnes interrogées sur dix sont favorables à une cure d’amaigrissement de l’État par fusion de différentes administrations.

60 % sont également prêts à payer le nouvel impôt immobilier exceptionnel de quatre euros par mètre carré en moyenne pour leurs appartements – en dépit du fait que 75 pour cent des personnes interrogées considèrent que ce prélèvement est injuste. Dans une autre enquête publiée par le tabloïde Ethnos dimanche dernier, 56,4 % des personnes interrogées craignent que le pays ne puisse éviter un écroulement complet de son économie.

Quelques 50 pour cent des personnes interrogées se sont par conséquent exprimées en faveur d’une coalition des deux grands partis, les socialistes derrière le Premier ministre Giorgos Papandreou et l’opposition de droite Nea Dimokratia dirigée par Antonis Samaras. Ce gouvernement d’état d‘urgence serait éventuellement mieux à même de tirer le pays hors de la crise.

Les Grecs considèrent qu’une des causes de leurs malheurs – en dépit de l’aide provenant des autres pays européens – réside dans le « manque de courage » du gouvernement Papandreou. En outre, 57 % des personnes interrogées appellent les syndicats à préserver la paix sociale afin que le pays puisse éviter la faillite.

Les actifs fournissent plus de 60 % de l’effort

Ce sont les actifs les plus âgés qui supporteront l’essentiel des sacrifices en termes de suppressions de postes dans le service public en Grèce. Un point sur lequel le gouvernement d’Athènes et les experts financiers de la troïka se sont mis d‘accord, a rapporté la chaîne de télévision privée Mega en se référant à des sources gouvernementales.

Les représentants de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) auraient donné leur accord sur le fait que l’essentiel des baisses devaient toucher les anciens serviteurs de l’État proches de la retraite.

Le cabinet doit encore y donner son accord, une session étant prévue à cet effet ce dimanche soir. La proposition a été élaborée par le ministre des Finances Evangelos Venizelos et le ministre des Réformes du secteur public, Dimitris Reppas.

30.000 postes doivent être supprimés dans le service public grec d’ici la fin de l‘année. Jusqu’à 23.000 fonctionnaires âgés et proches de la retraite seraient transférés dans une espèce de position de réserve avec une rémunération réduite, 7.000 autres réductions de postes résulteraient de leur suppression ou de la fusion d’environ 150 administrations.

Les fusions ont déjà été décidées l’an dernier, mais rarement mises en œuvre jusqu’à présent. Personne n’a été licencié dans les rares cas où des fusions se sont effectivement produites.

Photo : Geórgios Andréas Papandréou lors de la conférence de presse du 24 juin dernier à Bruxelles, qui a suivi la réunion du Conseil de l’Europe. Crédit : Service de communication du Premier Ministre de Grèce, via Flickr (cc)

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête

[Billet] Traders : Jérôme Kerviel fait la course en tête


Quand ils le veulent, les Bretons savent y faire. Récemment la presse nous a entretenu de l’affaire Kweku Adoboli, ce trader ghanéen qui vient de faire perdre 2,3 milliards de dollars (1,62 milliards d’euros) à la banque helvète USB en pratiquant des transactions non autorisées. C’était la vedette de la semaine… Un homme combinant assiduité à la tâche, flair, âpreté au gain et infernale baraka. Jusqu’au jour où le vent à tourné.

A la vérité, les traders qui ont dérapé pourraient constituer un  petit club. En 1995, Nick Leeson fait perdre 0,7 milliard de livres sterling à la Barings. En1995, Toshihide Iguchi fait perdre 1,1 milliard de dollars à Daiwa Banks. En 1996 Yasuo Hamanaka fait perdre 2,6 milliards de dollars à Sumimoto. En 2002, John Rusnak fait perdre 0,7 milliard de dollars à AIB. En 2005 Philippe Bennet fait perdre  0,4 milliard de dollars à Refco.

Mais le champion toutes catégories demeure notre Breton de Pont-l’Abbé, Jérôme Kerviel qui a réussi à provoquer l’évaporation de 4,9 milliards d’euros des comptes de la Société Générale. Il est vrai que, dans le même temps,la Société Générale perdait 2 milliards d’euros avec les subprimes…

Dans une Bretagne « autonome », Jérôme Kerviel deviendrait tout naturellement  ministre de l’Economie et des Finances. Il saurait comment s’y prendre pour équilibrer le budget… au besoin en faisant les poches du FMI, de la Banque mondiale, de la BCE, de Bank of America, de la Deutsche Bank…

Crédit photo : Andy Hill. Licence CC.

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang

La banque Dexia au bord du gouffre, par le Vlaams Belang [tribune libre]

Belgique. Le déclin du groupe belgo-français Dexia fait de nouvelles victimes. Après le Holding des municipalités, le pot d’épargne des municipalités, c’est au tour de ses actionnaires d’être fortement atteint. Le Conseil d’administration spécial d’hier soulève de nouvelles questions pendant que le dernier reste de confiance fond.

L’annonce de « solutionner les problèmes structurels » et « d’offrir de nouvelles prévisions de croissance » fait plus de bien que de mal : lors de l’ouverture de la bourse, l’action a chuté de 30 % et se situe à environ 1 euro.

Lors du sauvetage de Dexia en 2008, les différentes autorités belges ont acheté ensemble pour 4 milliards d’euros d’actions à 9,9 euros par action. La Flandre a investi 500 millions d’euros du Fonds d’avenir, les autorités fédérales ont contribué à hauteur d’1 milliard d’euros ***. Au cours actuel, il reste 10% du montant : l’État fédéral perd virtuellement 900 millions d’argent du contribuable et la Flandre 450 millions.[…]

*** Note de Novopress : Pour leur part la même année les contribuables français ont amené 3 milliards d’euros en soutien à Dexia.

[box class= »info »] Source et l’article complet en néerlandais : Le Vlaams Belang, le deuxième plus important parti flamand.
Source de la traduction en français : Le Blog de Lionel Baland. [/box]

Miossec chante contre "ce putain de système bancaire de merde"

Miossec chante contre « ce putain de système bancaire de merde »

Christophe Miossec : “Chansons ordinaires”21/09/2011 – 12h00
BREST (NOVOpress) – Après Finistériens, un album magnifique qui aimait bien vitrioler la société consumériste, Miossec revient avec un nouvel opus, baptisé Chansons ordinaires. Un disque court, d’une trentaine de minutes, dont tous les titres commencent par « chanson » : Chanson que personne n’écoute, Chanson qui laisse des traces, etc. L’ami de Nolwenn Leroy continue dans l’autodérision, l’ironie et l’humour noir, mais sur un ton plus léger et surtout plus rock.

Sur le morceau Chanson protestataire, Miossec ne fait pas dans le politiquement correct en chantant « Y a pas que des saints chez les tibétains ». Ou encore, « Ya pas que des fachos sous les drapeaux » et « Ya pas que des scélérats dans les commissariats ». Les rappeurs de l’Hexagone riront jaune… Mais à l’extrême fin de cette chanson, il faut tendre l’oreille car Miossec murmure une dernière confession protestataire : « C’est quoi ce putain de système bancaire de merde ? » Le Brestois a encore mis les voiles, bien loin des places boursières.

Crise des subprimes : des banques devant les tribunaux fédéraux américains

Crise des subprimes : les banques devant les tribunaux fédéraux américains

02/09/2011 – 19h30
NEW YORK (NOVOpress) –
C’est ce que révèle le New York Times sur son site en ligne. Une douzaine de banques seraient dans le viseur des autorités fédérales américaines parmi lesquelles Bank of America, JP Morgan Chase, Goldman Sachs ou Deutsche Bank. Leur rôle joué dans les crédits subprimes à l’origine de la crise de 2008 en serait la cause. Des poursuites qui devraient débuter avant mercredi prochain, date de prescription des faits incriminés…

Les instigateurs de ces poursuites reprochent aux banques la « titrisation de crédits hypothécaires pourris puis la mise sur le marché de ces titres ». Ces crédits subprimes ont engendré la crise financière de 2008-2009 et participé activement à l’effondrement du système financier, les banques ne remboursant pas les emprunts colossaux contractés, générant alors une chute importante des titres émis.

Cette crise a occasionné 30 milliards de dollars de perte pour Fannie Mae et Freddie Mac, deux organismes parapublics de refinancement hypothécaire qui ne doivent leur salut qu’aux contribuables américains selon le quotidien New-Yorkais.

L’Agence fédérale du financement de l’immobilier requiert des banques qu’elles remboursent les pertes subies par les deux organismes sur ces titres.

De leur coté, les banques estiment qu’il n’y a pas eu « tromperie sur la qualité des titres liés à ces crédits immobiliers » et que « Fannie Mae et Freddie Mac étaient des investisseurs avisés qui savaient que ces titres comportaient une part de risque ».

Les Français attendent surement avec impatience une enquête similaire sur le rôle des banques françaises lors de cette crise qui perdure actuellement…

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington

Le titre original de l’ouvrage d’Arianna Huffington, paru en 2010, était Third World America : L’Amérique du tiers-monde ou L’Amérique tiers-mondisée.

Le titre retenu pour sa traduction française se veut sans doute un clin d’œil au livre de Nicolas Baverez La France qui tombe mais c’est un peu dommage car la référence au tiers-monde était éclairante. L’approche de Baverez était, en outre, bien différente, car très libérale.

Pourquoi l’Amérique tiers-mondisée ? Parce que, pour l’auteur, la société américaine présente de plus en plus les caractéristiques des sociétés du tiers-monde : d’un côté, une petite minorité de privilégiés, de l’autre, une majorité de la population appelée à vivre dans la pauvreté, la précarité et la peur de perdre son emploi. Comme dans les pays du tiers-monde, les inégalités sociales sont croissantes, les infrastructures médiocres ou dégradées et les dépenses militaires élevées. Enfin, comme dans les républiques bananières, aux Etats-Unis la corruption politique et l’interpénétration entre pouvoir politique et intérêts économiques sont profondes et la démocratie, formelle : les lobbies –économiques – ont désormais bien plus de pouvoir que les électeurs.

« L’Amérique qui tombe » d’Arianna Huffington La première partie de l’ouvrage se consacre au diagnostic principal, c’est-à-dire, selon l’auteur, la remise en cause progressive du pacte social sur lequel se fondait la société américaine et qui conduit à la destruction programmée de la classe moyenne.

Pour A. Huffington ce pacte reposait sur l’idée qu’en travaillant dur chacun pouvait espérer améliorer sa situation, celle de ses enfants et progresser dans l’échelle sociale. Mais cet espoir est aujourd’hui brisé. Pour une partie croissante de la population, avoir un emploi stable, une certaine sécurité financière, une retraite décente et une maison à soi constituent désormais un rêve inaccessible.

A. Huffington illustre la précarité de cette classe moyenne, qui était la classe centrale aux Etats-Unis, chiffres et témoignages à l’appui. L’ouvrage fourmille sur ce plan de données et de références, qui dressent le portrait, souvent poignant, d’une autre Amérique : celle qu’on ne voit pas, jamais, à la télévision, c’est-à-dire une Amérique de pauvres, qui vivent d’expédients et qui voient l’avenir avec inquiétude. Une Amérique où 26 millions de personnes sont au chômage ou sous-employées, où une personne sur huit vit de bons alimentaires, où 30% des lycéens quittent l’école sans diplôme ; mais aussi une Amérique qui s’indigne de voir le contribuable appelé au secours des banques qui continuent de distribuer à leurs dirigeants de grasses rémunérations, tout en se montrant impitoyables vis-à-vis des surendettés.

L’auteur s’efforce aussi d’analyser les causes de cette évolution. Elle désigne principalement l’avènement de la financiarisation de l’économie et de la dérégulation « libérale » introduite à partir des années Reagan. Elle désigne aussi l’effet des politiques budgétaires, qui ont avant tout porté sur la réduction des dépenses d’éducation et à caractère social. Elle nous dépeint aussi une société politiquement bloquée, les lobbies industriels et financiers parvenant à empêcher toute réforme contraire à leurs intérêts.

Dans la dernière partie de l’ouvrage, l’auteur, de sensibilité démocrate, esquisse des propositions pour rendre l’espoir à cette Amérique qui tombe : au premier chef, une réforme politique pour libérer l’Etat de la tutelle des intérêts particuliers ; mais aussi tout un ensemble de mesures économiques, dont certaines sont, bien sûr, très liées au contexte américain et dont beaucoup relèvent aussi de l’attirail intellectuel de la gauche.

Mais A. Huffington ne se borne pas à envisager des réponses politiques globales, remake d’un « grand soir » qui risque de tarder à se produire.

L’intérêt de sa réflexion est aussi d’ouvrir des pistes pour une action immédiate des citoyens. C’est ce qu’elle nomme le « populisme productif ». Comme elle l’écrit, en effet, « nous devons impérativement passer à la version suivante : admettre que notre système est trop profondément détraqué pour pouvoir être réparé par les hommes politiques qui ne remettent pas en cause le statu quo, quelles que soient leurs intentions ». Il faut donc que l’initiative vienne d’ailleurs : de la société elle-même. Exemple : vous en avez assez de vous faire arnaquer par les grandes banques ? Déposez donc vos avoirs dans les banques coopératives : vous aurez les mêmes garanties de dépôt et, en outre, elles ne cherchent pas à faire des bénéfices sur votre dos. Vous en avez assez du discours convenu des médias ? Réinformez-vous sur Internet et utilisez les réseaux sociaux. Vous avez perdu votre emploi ? Aidez ceux qui sont encore plus en difficulté que vous. Car l’action est le meilleur remède contre la déprime.

Le livre d’A. Huffington nous parle d’une Amérique interdite d’antenne. Il est sans doute schématique par certains côtés et il traduit aussi parfois une certaine naïveté.

Mais au fil des pages on se rend compte que ce qu’elle décrit nous est, hélas, bien familier.

Car la précarisation de la classe moyenne est un phénomène occidental et non pas seulement américain. Même si les amortisseurs sociaux sont différents selon les pays et sans doute plus forts en Europe occidentale qu’aux Etats-Unis, la situation qu’elle décrit se retrouve aussi chez nous, car les mêmes causes produisent les mêmes effets : désindustrialisation, développement des activités de services – notamment financiers – parasites, chômage, précarité, surendettement général, crise des systèmes sociaux, crise de l’enseignement, inégalités sociales flagrantes, pouvoir et arrogance des lobbies économiques. L’Europe est, en outre, confrontée aux effets de l’immigration de peuplement, problématique qui n’est pas abordée dans l’ouvrage d’A. Huffington.

Third World America nous permet ainsi de comprendre que l’Europe est en train de devenir encore plus « third world ».

Michel Geoffroy

Arianna Huffington, L’Amérique qui tombe: Comment les politiques ont trahi le rêve américain et abandonné la classe moyenne, Editeur : Fayard, avril 2011, 384 pages

Voir aussi : Encore un effort, Nicolas Baverrez (édito 23/10/03) – Note de lecture de La France qui tombe.

[box class= »info »] Source : Correspondance Polémia – 1/09/2011 [/box]

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Le rêve américain : l’histoire d’une arnaque [vidéo]

« Le rêve américain » est un dessin animé de 30 minutes qui montre comment les américains ont été escroqués depuis des années par le gouvernement américain . Comment l’argent est il crée ? Comment fonctionnent les banques ? Pourquoi les prix des logements flambent puis plongent ? Qu’est ce que la FED et quelle influence a-t’elle sur la vie quotidiennes des citoyens américains ?

Un regard divertissant mais percutant sur les agissements du gouvernement américain et des puissances financières.

Famine dans la Corne de l’Afrique : guerres civiles et spéculation responsables

Famine dans la Corne de l’Afrique : guerres civiles et spéculation responsables

19/08/11 – 11h15
PARIS (NOVOpress)
– Selon l’analyse de plusieurs spécialistes, notamment des économistes de la Banque mondiale, la famine qui affecte des millions de personnes dans la région de la Corne de l’Afrique n’est pas une fatalité liée au climat ou à la géographie mais bien « l’œuvre des hommes ».

Selon eux, les principales responsabilités incomberaient aux conflits civils et à la spéculation qui engendre des prix artificiellement élevés pour la nourriture.

« Cette crise est l’œuvre des hommes, a ainsi indiqué Wolfang Gengler, économiste à la Banque mondiale. Les sécheresses ont certes eu lieu encore et encore, mais il faut de très mauvaises politiques pour que cela conduise à une famine ».

Près de 12,4 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique – dont la Somalie, le Kenya, l’Ethiopie et Djibouti – sont affectées par une famine de grande ampleur qui a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Dette grecque : la crise n'est pas la même pour tout le monde

Dette grecque : la crise n’est pas la même pour tout le monde

18/08/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress)
— Les pays de la zone euro ont donc sauvé une seconde fois le 21 juillet dernier la Grèce. Au moyen d’un nouveau plan de sauvetage qui porte, en particulier, sur 109 milliards d’euros apportés, pour les deux tiers par le Fonds européen de stabilité  financière, et pour un tiers par le FMI.

L’insistance du gouvernement allemand a fait que, cette fois,  le secteur privé (banques, assurances, fonds de toutes sortes) a été invité à mettre la main à la poche. Pour éviter que les agences de notation ne crient au « défaut » – c’est-à-dire à la faillite -, cette participation des créanciers sera « volontaire » (sic). Selon l’Institut de la finance internationale – lobby qui rassemble les banquiers – 90% des établissements financiers accepteront ce plan qui ce traduira par une perte moyenne de 21% sur la valeur des obligations d’Etat grecques détenues par eux.

Il faut savoir perdre un peu

Crise de l'euroDans l’accord du 21 juillet il est proposé aux banques, compagnies d’assurances et gestionnaires d’actifs parties prenantes de l’opération plusieurs options (roulement, échande de titres, rachat de dettes par la Grèce). Mais Quelle que soit la formule retenue, les créanciers devront accepter une décote de quelque 20% sur leurs créances. Ce qui se traduira par des pertes financières. Notons que seule la dette arrivant à échéance en 2020 ou avant entre en ligne de compte dans cet accord.

Sur les 135 milliards d’euros de dette souveraine grecque sur lesquels les créanciers privés internationaux se sont engagés à faire un effort, les Français participent pour un encours de quinze milliards. Comme la décote représente « environ 20% du montant de la dette que nous avons prêté jusqu’en 2020, cela fait à peu près 3 milliards pour les banques et les assurances françaises », précise François Pérol, président de la Fédération bancaire française.

L’encours de la dette des banques françaises portant sur environ 7 milliards d’euros, elles auront à subir une décote (avant impôt) d’1,5 milliards d’euros. L’encours des assurances est légèrement plus élevé à 8 milliards, ce qui correspond à une décote d’environ 1,7 milliards d’euros…mais l’essentiel de la charge sera supportée par les assurés, puisqu’on répercutera 85% de la décote sur les épargnants.

Société GénéraleGrâce aux tests de résistance effectués par l’Européan Banking Authority (EBA) et dont les résultats ont été rendus publics le 15 juillet, on peut se faire une idée sur l’exposition des banques françaises à la dette souveraine grecque au 31 décembre 2010. 4,99 milliards d’euros pour BNP Paribas ; 2,65 pour la Société Générale ; 0,65 pour le Crédit Agricole ; 1,26 pour BPCE. D’autres sources donnent 3,46 milliards d’euros pour Dexia et 448 millions pour CM 10 – CIC (après dépréciation).

L’application de la décote aura évidemment un coût. 534 millions d’euros pour BNP Paribas ; sur une exposition de 4 milliards à fin juin, seuls 2,3 milliards sont de maturité inférieure à 2020 et entrent dans le cadre du plan (décote de 21%). A ces 534 millions d’euros s’ajoutent 26 millions d’ »effet négatif » (sic) de participation dans des sociétés d’assurances qui détiennent aussi de la dette. Soit un total de 560 millions.

Prêteurs en dernier ressort : BCE et Etats

Cet encours de 2,3 milliards d’euros (hors assurance) est plus rassurant pour les dirigeants de la banque que l’exposition totale de 4 milliards à fin juin et de 5 milliards à fin 2010. Comme d’autres banques, la BNP a cherché à se désengager du piège grec, se gardant bien de racheter du papier lorsque les obligations arrivaient à échéance – la relève étant prise par la BCE et les Etats de la zone euro (prêts bilatéraux à la Grèce).

Avec un bénéfice net de 4,7 milliards d’euros au premier semestre 2011, BNP Paribas n’aura guère de difficulté à faire face à cette dépréciation de 500 millions d’euros. De toute manière, appartenant à la catégorie des banques dites « too big to fail » (trop grosses pour tomber), cette banque sait qu’en cas de pépin sérieux, elle pourra compter sur le concours « désintéressé » du contribuable.

La facture se monte à 395 millions d’euros (avant impôt) pour la Société Générale ; à fin juin, la Socgé était exposée à la dette souveraine grecque à hauteur de 1,85 milliards d’euros. Il faudra ajouter la recapitalisation de sa filiale grecque Geniki à la fin de l’année. Impact global de la Grèce pour le Crédit Agricole : 850 millions d’euros, dont 150 pour le plan de sauvetage – le reste correspondant aux pertes de sa filiale Emporiki qui porte 21 milliards d’euros de prêts à ses clients. 55 millions pour BPCE – seulement un tiers de sa créance est concernée par le plan de sauvetage de la Grèce. Pour le CM10-CIC l’impact se limite à 76 millions (après impôts) de pertes sur son portefeuille de titres. Quant à Dexia, sa participation au second plan de sauvetage de la Grèce lui coûtera 377 millions d’euros (avant impôt), dont 93 millions au titre de l’assurance.

DexiaDonc, en apparence, les banques ont consenti un effort conséquent avec cet abandon de créances de l’ordre de 20%. Petit effort en réalité, font remarquer les analystes financiers qui savent lire. En effet dans les semaines précédant l’accord du 21 juillet, les obligations d’Etat grecques à 10 ans, s’échangeaient sur le marché secondaire, celui de la revente, à environ 50ù de leur valeur initiale. Dans ces conditions accepter un « rabais » de 20ù relève du moindre mal.

Conclusion : sur les 135 milliards de prêts concernés, c’est-à-dire ceux venant à maturité en 2020 ou avant, ces 20% représentent une facture de 28 milliards d’euros (avant impôt) ; c’est tout de même mieux que les 67 milliards d’euros qu’auraient coûté aux investisseurs l’application stricte par les gouvernements de la zone euro du prix du marché qui fixait la décote à 50% – selon Nicolas Baverez, on s’orientait même vers 70%. Les banquiers savent parler aux politiques…lesquels n’ont rien à leur refuser.

Les mauvaises langues en profiteront pour rappeler cette règle du libéralisme : nationaliser les pertes et privatiser les profits…

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Dès qu’il est question de la crise grecque, les médias évoquent volontiers tout ce qui ne va pas dans le pays de Périclès et de Thucydide. La liste est longue : gabegie, indolence, maquillage des comptes publics, effectifs pléthoriques sans l’administration… Pourtant, il existe une question que peu de journalistes abordent : la fuite des capitaux vers la Suisse.

L’homme qui connait le mieux le dossier, Georges Papaconstantinou, ministre des finances, chiffre entre 10 et 15 milliards d’euros par an le montant de la fraude fiscale à destination de la Suisse.

Depuis que le gouvernement grec semble vouloir lutter contre ladite fraude, le mouvement s’accélère. La perte de confiance dans les banques grecques favorise également cette fuite des capitaux. Dimitri Kouselas, secrétaire d’Etat au ministère grec des Finances, évalue à « 280 milliards d’euros, soit 120% du PIB grec » les fonds helléniques en Suisse. D’après lui, « depuis dix-huit mois, les comptes courants en Grèce ont perdu 38 milliards d’euros, transférés en majorité vers la Suisse ».

Du côté de la Banque nationale suisse, on minimise grandement ce mouvement. En 2009, les banques suisses recevaient 2,2 milliards de francs suisses de capitaux grecs (1,8 milliard d’euros). Sans prendre en compte les actions et les obligations.

La Suisse possède tous les atouts pour bénéficier de cet exode fiscal. Non seulement le secret bancaire pèse lourd dans la balance, mais encore la Confédération présente l’avantage de ne pas appartenir à l »’Union européenne, tout en étant proche d’Athènes.

Traditionnellement la Grèce faisait preuve de laxisme envers l’évasion fiscale. Payer des amendes ne faisait pas partie de la culture nationale : « dans le passé, le ratio des amendes fiscales qui ont été effectivement payées était inférieur à 10% », affirme Georges Papaconstantinou qui vient de renforcer les moyens et les effectifs chargés des contrôles fiscaux.

Il y a belle lurette que les grandes fortunes grecques ont choisi d’abriter leurs fonds à proximité du lac Léman. Les plus connues appartiennent au monde des armateurs (familles Onassis, Niarchos, Livaros).

Nécessité faisant loi, le gouvernement grec espère récupérer quelques sous. Aussi a-t-il entamé des négociations avec la Suisse pour taxer les fonds déposés par les Grecs dans la Confédération.