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Polémique sur la revalorisation du salaire des fonctionnaires

18/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, a annoncé une hausse de 1,2 % du point d’indice servant à calculer les rémunérations des fonctionnaires. Cette déclaration survient après une réunion de négociation des syndicats, réunion prévue de longue date, mais repoussée à cause des remaniements.

Que revendiquaient les syndicats ?
Ils réclament, après ces six années de gel, une augmentation importante du salaire des fonctionnaires. Leur point d’indice est gelé depuis trop longtemps, dans un contexte, disent-ils, où le gouvernement n’a cessé de faire l’éloge des policiers et du personnel hospitalier, largement mis à contribution au moment des attentats. « Il y a donc urgence à traduire dans la rémunération la reconnaissance de l’action quotidienne des fonctionnaires ».

Quelle était la situation salariale des fonctionnaires depuis 2010 ?
En réalité, le salaire moyen brut des agents de l’État a augmenté en moyenne de 0,2 % par an en termes réels. Cette faible évolution doit être relativisée, car elle est liée aux nombreux départs à la retraite. Mais ce chiffre cache d’importantes disparités. Les agents en poste depuis deux années de suite, par exemple, ont connu une légère augmentation, mais le pouvoir d’achat des retraités n’a cessé de baisser.

La nouvelle est accueillie bien fraîchement
Inutile de dire que les syndicats auraient espéré mieux. Les fonctionnaires, eux, n’apprécient pas d’être les boucs émissaires de leurs compatriotes vindicatifs pour quelques dizaines d’euros supplémentaires par mois. De son côté la droite ne perd pas l’occasion de s’engouffrer dans la brèche pour dénoncer la majorité, pointant une mesure infinançable. Cette revalorisation représentera un surcroît de dépenses de quelque 2,4 milliards d’euros par an pour l’État, les collectivités locales et les hôpitaux publics. Pour rappel, en 2014, la masse salariale publique s’était élevée à 278 milliards d’euros pour 5,64 millions de personnes, soit près du quart de la dépense publique, selon la Cour des comptes.

La gauche voudrait-elle racheter son électorat de fonctionnaires ?
Une remarque que l’on ne peut s’empêcher de faire.

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Mobilisation de la jeunesse contre la loi travail

18/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Jour de colère, acte II. Après les manifestations du 9 mars dernier, des lycées et des universités ont été bloqués jeudi à Paris et en province, à l’appel des organisations lycéennes et étudiantes opposées au projet de loi Travail, et des milliers de jeunes sont dans la rue.

Le gouvernement pourtant avait pourtant remanié son projet face à la levée de boucliers générale, se disait désormais confiant d’avoir une majorité.
En réalité, les opposants à cette réforme du Code du travail entendent bien maintenir la pression après une première mobilisation réussie la semaine dernière, à peine plus d’un an avant la présidentielle. Hier, on comptabilisait 200 lycées mobilisés, dont 40 à Paris, soit deux fois plus que la semaine dernière. Dans la capitale, plusieurs sites universitaires, notamment la Sorbonne, ont été fermés sur décision de l’administration.

Qu’attendent tous ces jeunes ?
Certains réclament le retrait du projet, d’autres seulement des modifications, notamment sur les motifs de licenciements économiques ou sur le plafonnement des indemnités aux Prud’hommes. Mais dans les discussions place de la Nation, il est finalement peu question de barèmes d’indemnités ou de forfait-jours. Les élèves ont simplement « pris goût » à la rue, dit un lycéen.

Cependant, un point en particulier a convaincu une partie des syndicats étudiants : la garantie jeunes pour tous.
Il s’agit d’un dispositif d’accompagnement renforcé vers l’emploi. Il existait depuis 2013 déjà, mais était limité à un nombre restreint de jeunes de 18 à 25 ans. Ce dispositif dure un an et consiste en un accompagnement social, une aide financière et des formations et stages pour des jeunes sans diplômes, recrutés par les missions sur un critère de motivation et d’engagements. Cette garantie va devenir un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation.

Pour les contestataires comme l’Unef, « les soi-disant mesures jeunes, c’est de l’enfumage, ça ne mérite pas d’arrêter la mobilisation », car il n’y a pas « l’investissement budgétaire » adéquat pour les 900 000 jeunes concernés.


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Face aux grèves, le gouvernement fait le gros dos

27/01/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)

Encore une série de grèves et de manifestations, mardi, à l’appel des professionnels du syndicalisme : les habituels fonctionnaires-prébendiers étant venus se greffer aux « musclés » chauffeurs de taxi. Tous s’étaient promis — selon la formule consacrée — de lutter contre l’austérité et pour le service public, l’emploi et les salaires.
Avec environ 10 % dans la fonction publique d’État dehors, ce fut un démarrage « prometteur », ne manquant pas la traditionnelle prise en otage des Français. Mais on est resté loin encore des degrés de nuisance observés par le passé. Pour le « mardi noir », on repassera…

Les manifestants étaient ils « unis dans la diversité » ou ont ils manifesté séparément ?
Il n’y a à ce jour pas eu de conjonction des différents mouvements. Mais — signe des temps — on a pu voir le meilleur défiler au milieu du pire. Certains fonctionnaires de l’Éducation nationale ont été soucieux de faire porter leurs voix contre les réformes en cours, fossoyeuses de nos jeunes générations et de la culture.
Mais ce sont bien évidemment les actions, résolument violentes, des chauffeurs de taxi qui ont attiré toute la lumière, ces derniers n’en finissant plus de dénoncer la concurrence des VTC, sans qu’aucune solution viable n’ait, à ce jour, pris corps.

Certaines mesures avaient pourtant d’ores et déjà été mises en place récemment
Mais elles n’ont pas satisfait les intéressés. Les éleveurs bénéficient par exemple de plans d’aide. Mais c’est l’organisation du marché, avec ses prix bas et ses grosses marges qui leur font grief. Quant aux chauffeurs de taxi, les solutions de compromis ne leur suffisent pas : ils demandent la suppression pure et simple des VTC — ce qui n’est pas une revendication audible — ou alors un gros chèque…

A chaque problème sa commission, à chaque grève sa concertation ?
Manuel Valls s’est empressé d’annoncer la tenue d’une concertation, se tenant courant février et devant aboutir dans les trois mois suivants.
Le Front National a quant à lui publié un communiqué dénonçant « le choix du pourrissement » joué par le gouvernement : « C’est ainsi que des conflits traînant depuis des mois voire des années ressurgissent aujourd’hui et ressurgiront encore demain… ».


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Air France : les voyous cégétistes impunis ?

16/10/2015 – FRANCE (Présent 8463)

Que s’est-il passé au siège d’Air France le 5 octobre ? Pas grand-chose, quasiment rien… Certes, sur tous les écrans de télévision du monde on a pu voir des dirigeants de la compagnie aérienne agressés, frappés à coups de poing, recevant des projectiles, la chemise et les vêtements déchirés.
Sans doute, cinq de ceux qui ont commis ces faits ont été mis en examen pour « violences aggravées », mais cela, c’est l’apparence. La réalité ? C’est le chef de l’État lui-même qui nous l’a révélée mardi.
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Après avoir souligné que, à Air France comme ailleurs, « la violence peut être destructrice », il a déploré « la brutalité » qui s’y est manifestée. Il aurait dû mettre le mot au pluriel, car il y en eut deux selon lui : « … pas simplement la brutalité dans des mouvements, mais aussi la brutalité d’un certain nombre de décisions qui peuvent être celles des patrons. »
La brutalité du PDG d’Air France, c’est l’annonce des 2 900 licenciements, celle des cégétistes, c’est leur riposte. C’est la vieille antienne marxiste sur la violence capitaliste qui justifie la violence révolutionnaire. Mélenchon et Besancenot ont dit la même chose que le chef de l’État avec plus de véhémence.

Ainsi, les agresseurs des cadres dirigeants ne sont pas des coupables, mais des victimes usant de légitime défense. Et dire que Manuel Valls avait traité de « voyous » ces héroïques résistants à l’horreur capitaliste ! On veut espérer pour lui que la CGT ne le poursuivra pas pour injure à l’égard de cette avant-garde cogneuse du prolétariat en marche.

Le président a parlé de « brutalité », peut-être est-il allé un peu loin trop vite… Car Le Monde nous révèle « de source policière » – autrement dit le ministère de l’Intérieur – que les enquêteurs concluent qu’il s’agit davantage d’une « bousculade » ayant dégénéré que d’un « lynchage ». Quant à la chemise déchirée, on apprend, toujours de la même source, que les « vêtements ont pu être arrachés aussi bien par les manifestants que par les vigiles qui tentaient d’exfiltrer les deux hommes ! » Donc, les cadres ont été seulement un peu bousculés et les vigiles, de grands maladroits, ont pu, par inadvertance, les déshabiller à moitié… Pas de quoi fouetter un syndicaliste ! Ces individus ont été mis à pied temporairement par Air France, qui a poussé la répression jusqu’à les priver de salaire pendant ce temps, les capitalistes sont décidément impitoyables !

Ils doivent être jugés en décembre, le chef de l’État a déjà écrit leur plaidoirie, il suffira à leurs avocats de le citer. Ils sont pratiquement assurés de l’impunité, comme dans la plupart des autres cas tout aussi violents et scandaleux : ou les casseurs ne sont pas poursuivis ou les plaintes sont retirées pour renouer « le dialogue social ».

Détail savoureux, le directeur long-courrier, Pierre Plisonnier, que l’on a vu la chemise déchirée, n’est autre que le fils de Gaston Plisonnier, dirigeant du parti communiste pendant des décennies, assurant l’intérim de Marchais malade. Décidément les cégétistes ne respectent plus rien, pas même le fils d’un vieil apparatchik du parti !

Guy Rouvrais