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Jacques Sapir : «On ne peut plus nier que le FN ait changé»

Source : Libération
L’économiste hétérodoxe réaffirme son souhait d’une alliance de tous les partis anti-euro, jusqu’au Front national. Et revendique de parler en homme de gauche, «sans ambiguïté».

Figure bien connue parmi les économistes «hétérodoxes», Jacques Sapir a jeté un pavé dans la mare en appelant vendredi à la constitution d’un «front de libération nationale» anti-euro. Pour cet ancien soutien du Front de gauche devenu une référence des milieux souverainistes, cette alliance devra dépasser le clivage gauche droite et ne pourra se dispenser d’un rapprochement avec le Front national.

Comprenez-vous les réactions troublées à votre proposition d’un «front de libération nationale» comprenant notamment le FN ?
Je trouve qu’il y a beaucoup de mauvaise foi dans les cris d’orfraie qui sont poussés. D’abord, je ne dis pas qu’il faut faire une alliance maintenant avec le Front national : j’évoque même un possible parti «issu du FN». Le Front national peut continuer à évoluer ou pas, c’est cela qui déterminera une éventuelle alliance. Quand bien même celle-ci existerait, chaque membre conserverait évidemment son autonomie et sa personnalité.

En quoi le FN vous semble-t-il désormais un partenaire acceptable, ou proche de l’être ?
Il faut distinguer le comportement des militants et le discours officiel du FN. Dans ce dernier, voilà plusieurs années que l’on ne relève aucun caractère raciste ou xénophobe. Ce parti juge, certes, qu’il faut faire une distinction entre les Français et les autres. Aux Etats-Unis, une personne naturalisée ne peut être élue présidente, et personne ne s’en offusque. C’est une question d’appréciation. Au-delà, on ne peut plus nier que le FN ait changé ces dernières années. Cela ne veut pas dire que cette mutation soit achevée. Aujourd’hui, l’alliance que je préconise n’est d’ailleurs pas possible, il y aurait trop de divergences. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera jamais. S’il y a une chose j’ai apprise, c’est à ne pas insulter l’avenir.

Quoi qu’il en soit, il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer un phénomène politique qui représente 25% des suffrages. Et je préfère que les militants du FN lisent Frédéric Lordon, Emmanuel Todd et Jacques Sapir plutôt que les vieux auteurs antisémites du XIXe siècle.
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Parlement européen : quand les eurosceptiques jouent les trouble-fête (Présent 8138)

Parlement européen : quand les eurosceptiques jouent les trouble-fête (Présent 8138)

03/07/2014 – BRUXELLES (NOVOpress)
Une chose est sûre : comme l’a déclaré Marine Le Pen, « la vie ne sera pas un long fleuve tranquille pour les eurobéats » du nouveau Parlement européen.

Alors que ce nouveau Parlement européen a réélu sans surprise (mais sans faire le plein des voix : 409 sur les 612 suffrages exprimés) mardi son président sortant pour deux ans et demi, le social-démocrate Martin Schulz, les forces anti-européennes, arrivées en force dans le nouveau Parlement avec 100 élus contre seulement une poignée dans le sortant, ont exprimé dès ce mardi leur rejet de « leur » Europe.

Une du n° 8138 de "Présent"

Une du n° 8138 de « Présent »

Dès l’ouverture de la première session, elles ont tourné le dos au moment où l’hymne européen (la 9ème symphonie de Beethoven) a résonné dans l’hémicycle. « Nous ne reconnaissons pas et ne respectons par le drapeau ou l’hymne européen, qui sont deux symboles de notre servitude dans une UE que le peuple britannique rejette », a alors déclaré le député Paul Nuttell.

De quoi ulcérer l’eurodéputée libérale française Sylvie Goulard qui, qualifiant les eurosceptiques d’« individus sans vergogne », a estimé sur Twitter que « rejeter la fraternité ne fera pas avancer les choses ».

Rebelote dans l’ulcération et les mots doux mercredi lors du premier débat entre pro-européens et eurosceptiques, qui entendent bien jouer les trouble-fête.

Une procédure qui passe mal

Mercredi, donc, les europhobes et les eurosceptiques, grain de sable et poil à gratter du nouveau Parlement, ont critiqué la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission (l’exécutif européen). Plus que l’homme, ils ont dénoncé la procédure.

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