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[Lu sur le Web] Démissionner dans l’honneur - par Mathieu Bock-Côté

[Lu sur le Web] Démissionner dans l’honneur – par Mathieu Bock-Côté

22/09/2014 – MONTREAL (via le blogue de Mathieu Bock-Côté)
Les politiciens ont tellement l’habitude de s’accrocher de toutes leurs forces au pouvoir qu’on demeure surpris lorsqu’un d’entre eux y renonce librement, lorsqu’il constate l’échec d’un projet qu’il plaçait au cœur de son engagement. Les cyniques tournent la chose en ridicule: quand on a le pouvoir, on le garde. André Maurois disait que les politiciens ne prennent pas le pouvoir pour réaliser un projet, mais choisissent un projet qui peut les conduire au pouvoir.

Et pourtant, avant-hier, le Premier minis­tre écossais Alex Salmond (photo, note de Novopress) a démissionné à la suite de l’échec du référendum sur l’indépendance qu’il avait lancé. L’homme a fait de l’indépendance le combat de sa vie. Il a transformé une idée relativement marginale en un projet politique majeur qui est venu bien près de réussir. Il a pourtant décidé de passer le flambeau à quelqu’un d’autre pour la suite des choses.

(…)

En somme, la politique n’est pas qu’un petit calcul cynique. Elle ne se limi­te pas à la conquête, puis à la préservation du pouvoir, pour des hommes cherchant à y assouvir leur instinct de domination ou à s’enrichir. Certains hommes servent un idéal qui les dépas­se. Lorsqu’ils sentent que leur contribution à cette cause est épuisée, ils se retirent. Souvent, d’ailleurs, pour renouer à l’abri du cancan médiatique avec une méditation sur leur époque.

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Indépendance de l'Ecosse : large victoire du Non au référendum

Indépendance de l’Ecosse : large victoire du Non au référendum

19/09/2014 – EDIMBOURG (NOVOpress)
Le résultat est tombé comme un couperet, net et sans bavure. Le Non a largement été victorieux hier jeudi 18 septembre lors du référendum visant à l’indépendance de l’Ecosse : 55,3 % des suffrages exprimés. Malgré des sondages qui avaient il y a quelques jours indiqué la victoire du Oui, l’Ecosse restera une province, certes avec beaucoup de pouvoirs locaux, du Royaume-Uni, et ce depuis trois siècles et la fin de son indépendance.

Les électeurs (le scrutin ne concernait que les résidents en Ecosse) ont donc fui l’aventure et la possibilité de vivre dans une nation libre et indépendante. Cependant si l’on prend certains éléments-clés, on se rend compte de certaines « fractures » identitaires et sociales au sein de la société écossaise. Fractures qui déterminent le vrai clivage autour du oui et du non à ce référendum.

Ainsi, ce qui ressort de beaucoup d’analyses est que ce sont les électeurs âgés qui ont voté Non, par volonté égoïste de conserver leurs privilèges de baby-boomers,et les jeunes Oui. Résultats édifiants : 71% des 16/17 ans ont voté Oui et 73% des plus de 65 ans ont voté Non. A noter que les classes populaires écossaises ont elles aussi largement voté pour le Oui.

De plus, comme le fait remarquer Philippe Vardon : « TOUS les résidents en Écosse pouvaient voter, alors même que les Écossais habitant en-dehors de l’île (la Grande-Bretagne, note de Novopress) ne le pouvaient pas. D’après cet article, sur les 500.000 Anglais vivant en Écosse les 2/3 voteraient non. Il est probable que le « Yes » à la souveraineté de l’Écosse soit en fait majoritaire dans la population « écossaise de souche » (à l’exception des retraités, sans doute davantage touchés par les arguments pseudo-économiques du « no »). Une élection volée ? Peut-être, et aussi une leçon pour le SNP qui se refuse à définir clairement ce qu’est un Écossais. Comme quoi, quand on ne pense plus qu’à la souveraineté et qu’on oublie l’identité… »

En effet, le SNP (Parti national écossais, celui du Premier ministre d’Ecosse Alex Salmond, qui vient d’annoncer qu’il démissionnait de cette fonction et de son mandat de chef du SNP. Démission effective en novembre prochain) a commis la même erreur que le Parti québécois en 1995 lors du dernier référendum pour la souveraineté du Québec : absence totale d’une définition de ce qu’est un Québécois de souche, immigrationnisme, réduction de l’indépendance à la question économique, etc.

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Ecosse : le SNP fait-il fausse route ?

Ecosse : le SNP fait-il fausse route ?

Alex Salmond, Premier ministre écossais (SNP) et Nicola Sturgeon, leader de la campagne YesScotland. Crédit photo : DR

15/03/2013 – 08h00
Édimbourg (NOVOpress Breizh) – C
ertains observateurs commencent à s’inquiéter du tour pris par la campagne du SNP en faveur du « oui » au référendum de 2014 sur l’indépendance écossaise. Deux faux-pas récents révèlent un parti paralysé par la crainte de déplaire et sans réaction devant les progrès fulgurants de l’UKIP.

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Le SNP a tenu sa Conférence de printemps à Glasgow

Le SNP a tenu sa Conférence de printemps à Glasgow

12/03/2012 – 08h00
GLASGOW (NOVOpress Breizh) – Dix mois après son succès électoral, le SNP a tenu ce week-end sa traditionnelle Conférence de printemps dans un climat d’optimisme soutenu par l’afflux des nouvelles adhésions.

Le Scottish National Party (SNP) a tenu ce week-end sa Conférence de printemps au Scottish Exhibition & Conference Center de Glasgow (photo). Le parti national écossais a le vent en poupe après avoir remporté en mai 2011, pour la première fois de l’histoire, la majorité des sièges au parlement écossais. À Glasgow même, traditionnellement une place forte travailliste, il détient désormais un siège de plus que le Labour.

L’état de grâce ne semble pas s’épuiser : la Conférence s’est ouverte sur la présentation des résultats d’un sondage selon lequel le SNP recueillerait 47 % des intentions de vote pour les prochaines élections nationales au parlement de Westminster, loin devant les Travaillistes (34 %). Les Conservateurs, avec 8 % des intentions de vote, sont marginalisés.

Autre signe de la dynamique actuelle du SNP, son nombre d’adhérents a progressé de 12 % depuis le début de cette année. L’un de ces récents adhérents est le célèbre journaliste Cameron McNeish, spécialiste de la montagne et de la nature. « Je suis immensément fier de mon pays, et je crois que mes émissions en témoignent », a-t-il déclaré devant les deux mille délégués à la Conférence. « J’ai pensé que le temps était venu d’en faire un peu plus pour assurer l’avenir de mes petites-filles, et des enfants de leurs enfants. Et cet avenir, pour autant qu’il me concerne, est celui d’une Écosse indépendante au sein de l’Europe. »

Crédit photo : Dalbera via Flickr, licence CC.

Ecosse

La question écossaise préoccupe vivement le gouvernement britanique

30/12/2011- 14h00 LONDRES (NOVOpress Breizh) –  Depuis que les nationalistes du Scottish Nationalist Party ont remporté une éclatante victoire aux élections écossaises en mai dernier, le Premier ministre David Cameron (conservateur) a promis de se battre « jusqu’à la limite de ses forces » pour conserver l’Ecosse dans l’Union. Son gouvernement travaille maintenant d’arrache-pied en vue de s’attaquer à une anomalie longtemps restée en suspens depuis la création du parlement écossais : ce qu’on appelle la « West Lothian Question » (question du Lothian occidental).

Cette question se rapporte au fait que les députés de circonscriptions écossaises peuvent voter à Westminster sur des sujets tels que la santé et l’éducation en Angleterre, tandis que les députés anglais n’ont pas voix au chapitre sur les sujets similaires en Ecosse… Après des ajournements répétés, le gouvernement a confirmé cette semaine qu’une commission destinée à examiner la West Lothian Question sera mise sur pied en février afin de remettre ses conclusions en 2013. Cela pourrait conduire au premier changement des droits de vote des députés depuis l’Acte d’union de 1707. Une commission de révision dirigée par Kenneth Clarke, secrétaire d’Etat à la Justice, a ainsi élaboré un plan visant à restreindre le droit des députés écossais à voter des lois qui concernent seulement l’Angleterre.

Les défenseurs de l’Union ont également longuement débattu à propos de la réponse à donner au Premier ministre écossais M. Salmond et à ses projets de référendum. Celui-ci a suggéré qu’il pourrait organiser un referendum proposant trois options aux Ecossais, à savoir celle du statu quo, celle de l’indépendance pure et simple ou celle de rester dans le Royaume-Uni, mais en accroissant les pouvoirs dévolus au parlement écossais.

De son côté, M. Cameron a créé récemment une sous-commission ministérielle, rattachée aux principaux ministres, afin de réfléchir à l’approche que le gouvernement doit adopter vis-à-vis d’un référendum en Ecosse. Certains membres du cabinet britannique se sont déclarés en faveur de la troisième option, celle qui consiste à donner davantage de pouvoir à Holyrood. Mais d’autres sont d’avis que l’attribution de davantage de pouvoirs à M. Salmond ne pourrait en définitive que conduire à l’indépendance pleine et entière de l’Ecosse ; ils veulent donc changer la loi afin de limiter le référendum à une question « oui ou non ».

Les partis unionistes sont également divisés quant à la question de savoir qui devrait décider du référendum et quand. De hauts responsables du Parti conservateur voudraient que M. Cameron prenne l’agenda en main et convoque lui-même un référendum écossais. Cela lui permettrait de dicter le calendrier et les termes du débat. Une hypothèse que réfute le ministre du travail, estimant qu’une telle initiative pourrait déclencher une réaction négative de la part des électeurs écossais.

Quel que soit le moment choisi pour le vote, les unionistes sont confrontés à un immense défi face à la campagne solidement argumentée et bien organisée de M. Salmond en faveur de l’indépendance. Ce dernier, qui vient de désigner Angus Robertson, le chef du groupe parlementaire du SNP à Westminster, comme directeur de sa campagne en faveur de l’indépendance, entend bien en effet réussir son pari. La marche de l’Ecosse vers l’indépendance semble très bien partie.

CeCrédit photo : Finlay McWalter Wikipedia licence CC