Tag Archives: SFIO

[Mémoire ouvrière] La presse ouvrière : "La Revue socialiste" 1885 - 1914

[Mémoire ouvrière] La presse ouvrière : « La Revue socialiste » 1885 – 1914

21/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
La Revue socialiste (photo) est la plus ancienne parution du socialisme français. Née en 1885, elle va perdurer jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale.

Une première tentative de création échoua en 1880 malgré les efforts conjugués de Jules Guesde et Benoît Malon. C’est ce dernier, ancien ouvrier teinturier, militant de l’AIT(1) et de la Commune, qui sera le véritable fondateur de La Revue socialiste, l’œuvre de sa vie. Son rêve est de publier « une revue, un recueil mensuel où le socialisme français dépouillerait l’antagonisme des sectes ».(2) Il la veut ouverte à toutes les tendances du socialisme. Malon est alors tout à la fois directeur, gérant et secrétaire de rédaction de la revue. Le commanditaire est un curieux industriel du nom de Villaséca.

Présent sur tous les fronts, Malon se tue littéralement à la tâche le 23 septembre 1893 au moment même où les premiers députés socialistes font leur entrée au parlement. Portée au siège de La Revue socialiste, sa dépouille reçoit l’hommage des Parisiens. Des milliers de personnes suivent ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise. En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres sera érigé face au Mur des Fédérés.

Son premier successeur est Georges Renard, ancien normalien et critique littéraire, secondé par Adrien Veber. Gustave Rouanet, ami de Jaurès et député du 18ème arrondissement, le remplace en mars 1898. Puis c’est Eugène Fournière, ancien ouvrier bijoutier, qui prend les rênes de la revue en janvier 1905. Tous sont des disciples de Malon pour qui « ses prescriptions sont sacrées ». Benoît Malon fera l’objet d’un véritable culte de la part des différents directeurs en tant que « vénéré fondateur ».

La Revue socialiste paraît chaque mois avec plus de 100 pages pour dix-huit francs par an, au moins jusqu’en 1910. On y retrouve de grandes plumes de l’époque : Jean Jaurès, Jean Ajalbert, Louis Lumet, Léon Blum et surtout Péguy, qui signe alors sous le pseudonyme de Pierre Deloire. Georges Sorel publiera lui aussi entre 1901 et 1902.

En 1910, la revue fusionne avec La Revue syndicaliste d’Albert Thomas, le leader politique de l’aile « droite » de la SFIO. La nouvelle concurrence de La Vie ouvrière de Pierre Monatte, lancée en 1909, n’est pas pour rien dans ce rapprochement qui vise à contrer la jeune revue. Avec Thomas, entre en scène Marcel Rivière, mécène nouvellement déniché. On créé pour Albert Thomas le poste ad hoc de rédacteur en chef de La Revue socialiste. « Nous prenons aujourd’hui, mes camarades et moi, la charge de la rédaction de La Revue socialiste… », affirme-t-il haut et fort malgré Fournière toujours en place. A la définition de revue d’études, il souhaite adjoindre désormais à La Revue socialiste celle de revue d’action, dans le but de « grignoter » le lectorat de La Vie ouvrière.

Lire la suite