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Samedi 11 février: dédicace de Lajos Marton à la librairie Facta

Samedi 11 février : dédicace de Lajos Marton à la librairie Facta

08/02/12 – 16h00
PARIS (NOVOPress)
-Lajos Marton est né en 1931 dans une famille paysanne à Pósfa, un village de l’ouest de la Hongrie. Excellent élève, il veut devenir officier, et intègre très vite l’état-major de l’armée de l’air.

En octobre 1956, il participe à l’insurrection anticommuniste , et lorsque les Soviétiques écrasent dans le sang la Hongrie en novembre 1956, il parvient à s’échapper vers la France (la justice hongroise le condamnera à mort par contumace en 1959).

Anticommuniste, il se lie à des milieux militants et militaires français, et participe à l’Opération Résurrection en mai 1958 qui contribue à la prise de pouvoir en France de Charles De Gaulle. Plus tard, il est recruté dans le commando du colonel Bastien-Thiry. Après l’Attentat du Petit-Clamart contre De Gaulle, il parviendra à vivre dans la clandestinité pendant plus d’un an et sera condamné à mort par contumace.

Arrêté en septembre 1963, Lajos Marton a droit à un nouveau procès, où il écope d’une peine de 20 ans de prison. Comme la plupart des combattants de l’OAS, il sera gracié et libéré en 1968. Il obtient la nationalité française dans les années 80.

En juillet-août 1983, Lajos Marton fait partie du Commando Omega en tant que « conseiller technique » dans le cadre de l’intervention de la DGSE au Tchad, pour préparer l’Opération Manta, qui repoussa une offensive sur le Tchad composée de rebelles tchadiens menés par Goukouni Oueddei, et dirigée en sous-main par Mouammar Kadhafi.

Il conte ses souvenirs dans le livre Il faut tuer De Gaulle, publié en 2002, avec notamment des détails inédits sur l’attentat du Petit-Clamart. Ces mémoires sont éditées en 2003 en Hongrie sous le titre Meg kell ölni De Gaulle-t.

À partir de 2004, Lajos Marton effectue des démarches en Hongrie pour avoir accès aux archives secrètes communistes le concernant. Il obtient plus de 1100 pages le concernant. Parmi toutes les informations révélées par ces archives secrètes, on y apprend notamment que les services secrets communistes hongrois ont essayé d’utiliser l’attentat du Petit-Clamart pour brouiller les relations franco-allemandes, en tentant de faire accréditer la thèse que les trois Hongrois de l’attentat avaient été recrutés par les services secrets ouest-allemands.

La découverte de ces documents secrets ainsi que le souhait de compléter son récit (en partie remanié par les Editions du Rocher) a poussé Lajos Marton a rééditer ses mémoires en 2011, en France comme en Hongrie.

« Ma vie pour la Patrie ! » de Lajos Marton

Lajos Marton signera cet ouvrage à la Librairie Facta, 4 rue de Clichy, 75009 Paris (Tel. 01 48 74 59 14. Mo Trinité) le samedi 11 février de 14h30 à 18 heures.

Lajos Marton, « Ma vie pour la Patrie ! » 376 pages, Editions Les Amis du Livre Européen, 1 place Paul Verlaine 92100 Boulogne-Billancourt
e-mail : contact@lesamisdulivreeuropeen.eu, www.lesamisdulivreeuropenne.eu

Une pseudo histoire des services secrets espagnols

Une pseudo histoire des services secrets espagnols

Une pseudo histoire des services secrets espagnolsPeut-on écrire une histoire des services secrets alors que les archives sont fermées et que les protagonistes sont encore tenus au secret ? Tel est le dilemme auquel doivent s’affronter des auteurs assez téméraires pour vouloir écrire une histoire d’hommes sans histoire. Aux États-Unis, de nombreux auteurs ont néanmoins réussi cet exercice grâce à un très sérieux travail d’enquête, rendu plus facile par une ouverture plus grande des institutions du renseignements par une plus grande liberté de parole des acteurs des guerres de l’ombre.

En Europe, rien de tel. Écrire l’histoire d’un service d’espionnage revient donc à reconstruire une affaire criminelle trente ans après les faits grâce à des coupures de presse. Les exemples de livres publiés en France sur les affaires criminelles les plus emblématiques, songeons au calamiteux Pull-over rouge de Gilles Perrault, rappellent les limites de l’exercice.

Le journaliste espagnol Vicente Almenara démontre à nouveau la futilité de l’effort dans son livre Los Servicios de inteligencia en España, publié en 2010, dans lequel il retrace l’histoire des officines de Franco à nos jours.

Contrairement à ce qu’affirme l’éditeur, l’auteur n’a guère mouillé la chemise pour rechercher les témoignages d’anciens des services ou des politiques qui les ont contrôlés : synthèse de coupures de presse et d’ouvrages d’investigation publiés au cours des années antérieures, le livre de Vicente Almenara évoque un chien déguisé en loup. À base de coupures de presse contradictoires et d’ouvrages partiels et partiaux, comment écrire autre chose qu’une chronologie améliorée (les 1295 notes en bas de page révèlent davantage l’absence totale de sources originales à la disposition de l’auteur. Il semble que les deux seuls entretiens qu’il a réalisés sont ceux cités in extenso en fin d’opus) ?

D’autre part, son exploitation des sources est bien souvent étonnante. Prenons l’exemple du GRAPO, ce mouvement terroriste d’extrême gauche qui a sévi en Espagne, l’auteur s’appuie principalement sur des sources publiées à l’époque des événements dans un but clairement politique. Inexplicablement, il ne cite les souvenirs de Pio Moa, qui fut membre de cette organisation et qui l’a longuement décryptée, qu’en citant l’ouvrage d’un autre auteur. De toute évidence, il n’a pas cherché à s’entretenir avec lui ou avec d’autres rescapés de cette minable épopée.

Pour les visiteurs français, un décorticage plus détaillé de ce livre est peu utile. Qu’il suffise de dire qu’il présente de manière synthétique l’information publiée et disponible sur les différentes organisations qui composent au fil du temps le renseignement espagnol. Il rappelle les grandes affaires qui ont secoué ce petit monde, de la transition à la lutte contre l’ETA. En revanche, inutile de chercher une analyse et une mise en parallèle avec les organisations des autres pays. Qui plus est, la grave question du manque d’indépendance des espions espagnols vis à vis du pouvoir politique n’est même pas évoquée.